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Race limousine
Gaec Lamoure, un élevage limousin en quête d’équilibre

L’élevage Lamoure qui développe potentiel viande et aptitudes d’élevage ouvrira ses portes aux adhérents du syndicat limousin. 

Deux éleveurs devant leur troupeau de race limousine, au pré.
Jean-Marc et Christophe Lamoure, à la tête d’un troupeau mixte, dont la partie allaitante est 100 % limousine.
© Gaec Lamoure

À Champagnac, le Gaec Lamoure accueillera la visite d’élevage organisée dans le cadre de l’assemblée générale du syndicat des éleveurs limousins du Cantal. Un choix qui illustre un système cohérent et maîtrisé, centré sur un atelier allaitant de 120 vêlages, conduit avec des objectifs génétiques affirmés. L’exploitation, d’une surface de 190 hectares, repose sur trois associés : Jean-Marc, Christophe et Catherine Lamoure. Tandis que ces derniers assurent la conduite du troupeau laitier, Jean-Marc Lamoure pilote la partie allaitante.

Production entre élevage et broutards

Le troupeau limousin produit à la fois des animaux d’élevage et des broutards. Les premiers représentent environ un quart des sorties, commercialisés notamment via les circuits Altitude et la station de station de Lanaud. Le reste est valorisé en broutards, vendus autour de 370 kg pour les mâles et 350 kg pour les femelles. Chaque année, sept à huit mâles sont également orientés vers la station de Lanaud, dans une logique de sélection. Les animaux destinés à la station sont sélectionnés sur leurs index, leur finesse d’os et leur potentiel viande, en particulier sur le dos et les filets.

“Sur l’exploitation, 80 à 90 % des vêlages se déroulent au pré” — Jean-Marc Lamoure

Le Gaec Lamoure s’appuie sur cinq taureaux présents sur l’exploitation, complétés par un recours à l’insémination artificielle, notamment en période hivernale, en lien avec le GIE Cantalim génétique, dont le Gaec Lamoure est co-fondateur. Ses critères de sélection reposent sur un triptyque : conformation, largeur de bassin et docilité. Ce dernier point s’est imposé progressivement, après des dérives observées sur certains reproducteurs ayant altéré le comportement des animaux. L’objectif prioritaire reste de tendre vers un type “mixte élevage”, combinant potentiel de production - avec des vaches capables d’atteindre 480 à 500 kg de viande - et qualités fonctionnelles, notamment en matière de facilité de vêlage.

Conduite du troupeau et reproduction

Un critère important, puisque “sur l’exploitation, 80 à 90 % des vêlages se déroulent au pré”, confie Jean-Marc Lamoure. Les vêlages sont étalés d’août à avril, un choix qui permet à la fois de sécuriser la conduite du troupeau et de lisser les entrées en station. Le troupeau affiche un taux de renouvellement d’environ 20 %. L’intervalle vêlage-vêlage s’est toutefois dégradé, une situation que l’éleveur cherche à corriger, notamment grâce à l’utilisation récente de l’échographie pour mieux détecter les vaches vides.

Alimentation hivernale structurée

En période hivernale, environ 75 % des vaches allaitantes reçoivent une ration à base de foin, d’ensilage d’herbe et d’ensilage de maïs, complétée par des minéraux, du sel et un correcteur azoté, distribuée à la mélangeuse. Pour les vêlages de printemps ou de fin d’hiver, soit environ un quart du troupeau, l’alimentation repose sur du tout foin à volonté. Les veaux disposent également de foin et d’aliment à volonté, tandis que les génisses suivent une ration comparable à celle des vaches.

Sélection limousine : ajustements et perspectives

Dans la continuité du travail engagé, l’élevage entend rééquilibrer certains critères de sélection, en réintroduisant davantage de largeur de bassin, partiellement délaissée ces dernières années au profit de la longueur. L’objectif reste de sécuriser les vêlages tout en maintenant le niveau de production. Inscrit au Herd Book Limousin depuis 1996, l’élevage a accompagné l’évolution de la race. Si le développement des animaux s’est amélioré, certaines aptitudes fonctionnelles apparaissent en retrait, un point de vigilance relevé par l’éleveur.

“L’objectif reste de sécuriser les vêlages tout en maintenant le niveau de production”

Enfin, le Gaec Lamoure s’inscrit dans une logique de stabilité, avec un effectif maintenu autour de 120 vêlages annuels. Une vitesse de croisière assumée, qui privilégie la maîtrise technique. Et si la présence des limousines du Gaec Lamoure se fait plus rare sur les concours, c’est avant tout faute de temps. La visite programmée le 2 avril offrira ainsi une occasion privilégiée d’en apprécier le travail de sélection.

AG DU SYNDICAT 
Le Syndicat des éleveurs limousins du Cantal sera réuni en assemblée, sous la présidence de Damien Panafieu, jeudi 2 avril à 10 heures à la salle communale de Veyrières. Au programme : rapports d’activités et financier, renouvellement du tiers sortant, rapport moral et actions 2026, présentation herd-book par Quentin Baligand, intervention de Sébastien Stamane (Créalim) sur le protocole de testage en ferme ; l’après-midi, visite de l’exploitation du Gaec Lamoure à Moussoudès, sur la commune de Champagnac.

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