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Fusion des GDS et des chambres d'agriculture : « Commencez par faire des économies au Sénat ! »

La proposition de fusion des GDS et des chambres d'agriculture par le sénateur altiligérien Laurent Duplomb a provoqué une vive réaction au sein des groupements de défense sanitaire.

La proposition de fusion des GDS avec les Chambres d'agriculture a provoqué de nombreuses réactions.
© © L.Pouchard

La fusion des GDS avec les chambres d'agriculture va-t-elle se faire ?

La question a été abordée, le 17 janvier, lors de l’examen au Sénat du projet de loi de finances (PLF) pour 2025. Le sénateur Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire) a proposé de fusionner les Groupements de défense sanitaire (GDS) avec les chambres d’agriculture pour réaliser « des économies d’échelle ».

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, ne s'est pas exprimée à ce sujet. Du côté des GDS, les réactions sont vives à l'encontre du sénateur.

À lire aussi : GDS, « Ce qui nous manque, c'est une police sanitaire »

 

Fusion des GDS avec les chambres d'agriculture : de vives réactions au sein des GDS

La proposition de Laurent Duplomb de fusionner GDS et chambres d'agriculture ne faisait pas l’objet d’un amendement. S’exprimant plus largement sur les Assises du sanitaire, le sénateur a estimé que « réfléchir à un regroupement des GDS avec les chambres d’agriculture est un élément qui peut permettre de faire non seulement des économies d’échelle, mais aussi de trouver les moyens nécessaires pour faire une vraie politique territorialisée sanitaire ». Le sénateur arguait que « lorsque nous avons de moins en moins d’agriculteurs, nous ne pouvons pas continuer à avoir toujours autant d’organismes ».

Depuis cette prise de position de l'élu républicain, les boucliers se lèvent dans les GDS. Le réseau GDS France a rencontré la ministre de l’Agriculture, qui aurait indiqué que la proposition n’était pas à l’ordre du jour, rapporte le président de GDS France, Christophe Moulin, à Agra Presse. « Notre singularité, c’est l’importance que nous accordons à préserver un système sanitaire indépendant et impartial », abonde la directrice de GDS France, Kristel Gache.

Pour Jean-Luc Ferret, président du GDS 63 : « Ce sont des débats que nous avons eus il y a 70 ans, et qui reviennent régulièrement par méconnaissance de notre travail. Notre approche ne doit pas être sous l’influence ni du politique, ni de l’économique. Des hommes se sont battus pour l'indépendance des GDS. Nos élus sont apolitiques, pour prêcher non pas la belle parole, mais la bonne parole. Le sanitaire est l'affaire de tous ! »

 

Le prétexte économique passe mal

Les GDS sont au nombre de 86 en France, pilotés par 1 028 administrateurs éleveurs et animés par 1 141 salariés. « Ils sont financés à 98% par les cotisations des éleveurs » souligne Jean-Luc Ferret, rappelant : « Nous ne coûtons rien à l'État ».

Le président du GDS puydomois évoque également « une bonne cohésion entre tous les groupements pour travailler dans les meilleures dispositions avec l'État et ses services concernés ».

Devant la proposition du sénateur républicain, lui-même éleveur, Jean-Luc Ferret ne décolère pas.  « Le cas des GDS est un serpent de mer qui ressort trop souvent (...), il y a des économies à faire ailleurs, comme au Sénat par exemple, plutôt que sur le dos des éleveurs ».

Les missions des GDS vont de la prévention et de la lutte contre les maladies animales à la formation et aux conseils techniques, en passant par l’accompagnement financier des élevages touchés. Les fédérations régionales des GDS sont reconnues comme « organismes à vocation sanitaire » (OVS), l’État leur délègue des missions de service public sur les dangers sanitaires réglementés. Ces agréments ont été renouvelés il y a quelques semaines pour une durée de cinq ans.

Avec Agrapresse

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