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Fromagerie Duroux, l’exemple à suivre

Le 6 juin, l’association de producteurs livrant à Duroux a signé avec l’entreprise un contrat cadre, élaboré dans la concertation.

Véronique Pouget invite les producteurs à signer la convention d’exploitation et à rejoindre le groupement de producteurs.
Véronique Pouget invite les producteurs à signer la convention d’exploitation et à rejoindre le groupement de producteurs.
© P.Olivieri
Contractualisation : un terme que l’histoire laitière (sans préjuger des suites de l’état des lieux commandé par Stéphane Le Foll) retiendra sans doute comme synonyme de nouvelles tensions entre producteurs et entreprises avec une longue page consacrée au rapport de force qui a prévalu durant de nombreux mois entre le groupe industriel Lactalis et ses groupements de producteurs. Loin de ce conflit médiatique, des transformateurs locaux ont eux joué la carte d’un partenariat ­équilibré au travers de cette contractualisation voulue par les pouvoirs publics.

Relations équilibrées

 

L’entreprise Duroux est l’un de ces industriels. Son dirigeant, Jean Duroux, vient de signer la semaine dernière un contrat cadre avec une association de producteurs constituée à l’initiative de la FDSEA du Cantal et de sa déléguée sur le canton de Pleaux, Véronique Pouget. Un accord cadre, fortement inspiré des recommandations de la FNPL et de son relais auvergnat. “Il n’existait pas jus­qu’alors de groupement fédérant les producteurs livrant à Duroux, ­rappelle Véronique Pouget, secrétaire générale adjointe de la FDSEA 15, productrice de lait en EARL avec son époux sur la commune de Saint-Christophe-les-Gorges. Nous en avons constitué un en octobre dernier afin de négocier un contrat avec l’entreprise. Cela nous a pris pratiquement six mois mais les discussions se sont faites dans une ambiance sereine et dans un esprit de concertation pour aboutir à un contrat équitable.” Une négociation équilibrée que souligne également Jean Duroux dont la fromagerie, basée à Rilhac-Xaintrie (Corrèze), ­collecte 14 millions de litres de lait auprès de 70 producteurs : “Nous avions fait une première proposition de contrat en temps et en heure (NDLR : avant ­l’échéance du 1er avril 2011 imposée par le ministère de l’Agriculture). Puis nous avons eu plusieurs rencontres avec le bureau du groupement de producteurs qui s’est constitué pour rédiger un contrat cadre qui a été présenté le 6 juin. Ce contrat reprend globalement les pratiques courantes que nous avons avec nos producteurs”.

Un bonus “lait cru”

 

Des pratiques courantes synonymes de traitement identique de tous les producteurs : même base de paiement du lait, mêmes critères de collecte... et désormais, donc, même contrat : “On a toujours fonctionné sur cette logique et été proches de nos producteurs, poursuit celui qui incarne la troisième génération Duroux dans l’entreprise. Et on souhaite le rester en continuant à travailler en partenariat”. Seul changement apporté à ces relations : l’instauration d’une nouvelle prime destinée à encourager et récompenser les producteurs respectant un cahier des charges spécifique pour la production de cantal au lait cru. Remis à chaque producteur, ce contrat est accompagné d’une convention d’exploitation que les producteurs ont jusqu’au 15 juillet pour signer, ou pas, selon leur choix. “Sachant qu’il n’y a aucune raison particulière de ne pas signer et qu’il n’y aura pas d’autre contrat proposé”, précise Véronique Pouget. “Jusqu’au 30 juillet, on relancera les producteurs par téléphone, ajoute Jean Duroux. Il y aura bien toujours une tolérance pour les retardataires à condition qu’ils ne se réveillent pas six mois plus tard. Mais on ne fera pas de forcing auprès des gens qui ont un autre avis.” L’adhésion au groupement de producteurs se fait elle en ­parallèle de la démarche de contractualisation.

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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