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Fouilles de Saint-Géraud : le site continue de livrer ses précieux secrets

L’équipe de Mosaïques Archéologie a repris ses travaux mi-juin, pour finaliser la première tranche de fouilles préventives au projet de parking souterrain.

L’archéologue anthropologue de Mosaïques Archéologie va dégager ce sarcophage fermé avant de s’atteler à son contenu.
L’archéologue anthropologue de Mosaïques Archéologie va dégager ce sarcophage fermé avant de s’atteler à son contenu.
© P.O

Décidément, la météo n’est guère clémente avec l’équipe de Mosaïques Archéologie, en charge de la première tranche de fouilles préventives au projet de parking souterrain  de Logisens. En février, leur travail, débuté fin octobre 2013, avait dû être interrompu précocement en raison de la pluie. Mais déjà, les éléments mis à jour avaient donné une idée de l’importance des vestiges, enfouis pour certains depuis plus de dix siècles. “Il nous manquait alors deux semaines pour finaliser cette première tranche”, explique Nicolas Clément, chargé des opérations, qui a donc repris pelle et truelle mi-juin avec son équipe de neuf scientifiques, des techniciens, responsables de secteur, une anthropologue, etc.


Sarcophages  monoxyles


Mais une nouvelle fois, le ciel capricieux du mois de juillet a retardé quelque peu les opérations sur le site de 2 000 m2. “Sachant  que  notre  société Mosaïques Archéologie a décidé d’ajouter, sur ses fonds propres, deux semaines pour finir les fouilles de façon satisfaisante d’un point de vue scientifique”, se félicite l’expert encore sur place quelques jours. Car les découvertes vont bien au-delà du cahier des charges du promoteur. Avec  des  éléments  - structures, bâtiments - antérieurs à la fondation de l’abbaye Saint-Géraud (fin IXe siècle) et des sarcophages monoxyles qui pourraient remonter au Haut Moyen Âge, dans une période comprise entre le VIe et le Xe  siècle. Des sarcophages en bois creusés dans des demi-troncs d’arbre ont ainsi été mis à jour dans la partie tourbeuse la plus éloignée de l’actuelle église Saint-Géraud, dans un état de conservation remarquable. “C’est une des découvertes majeures de cette opération, s’enthousiasme Nicolas Clément. Certes, on en a trouvé ailleurs sur d’autres sites en France, mais pas dans un état de conservation aussi parfait, lié à leur immersion en milieu humide.” Deux de ces sarcophages extraits cet hiver ont été envoyés à un laboratoire du CEA(1) à Grenoble pour analyse et datation. “On sait qu’il y en a deux autres dans la tranche 1 et quatre autres dans la seconde tranche non encore prospectée”, indique l’archéologue. Attenants à l’église actuelle, les scientifiques ont dégagé toute une série de structures, dont des murs de 1,40 m de large, “puissants, massifs, qui pourraient avoir soutenu des voûtes”. “On est peut-être sur des éléments de la première église abbatiale, avance le chef des opérations. Sachant que deux édifices ont précédé l’actuelle église.” Là aussi, des sarcophages ont été trouvés, en pierre cette fois, dont la forme indique qu’ils pourraient avoir servi de sépultures entre le Xe et le XIIIe. Une datation au carbone 14 des ossements humains qui en seront extraits permettra d’être plus précis.


Acte 2


À l’ouest, ce sont des bâtiments conventuels qui ont revu le jour avec des colonnes, un couloir, sachant que le cloître se situerait au niveau du parking paroissial. “On sait selon des écrits qu’au début du XIIe siècle, le cloître alors en bois a été remplacé par un cloître en pierre, mais les éléments dont nous disposons ne sont pas forcément synchrones”, reconnaît Nicolas Clément, dont l’équipe a aussi mis à jour deux sarcophages en pierre sous ces structures, dont un encore intact avec son couvercle. L’analyse ultérieure des ossements du défunt devrait, là encore, apporter de précieuses indications aux scientifiques qui s’interrogent sur une autre énigme. Tandis que des documents indiquent que les moines se plaignent au XIIe siècle du piteux état du couvent, quasiment impropre au service, les fouilles ont dégagé un ensemble de maisons avec cheminées, sols caladés, caniveaux. “On est par ailleurs en présence d’une très grande    phase d’occupation-transformations avec des habitats et de nombreuses pièces construites au XVe siècle, ce qui est totalement inédit, relève Nicolas Clément. On ne pensait pas avoir des informations sur ce XV-XVIe siècle en fouillant ici.”La suite ? Un appel d’offre a été lancé par Logisens pour la tranche 2 de ces fouilles préventives (côté partie tourbeuse). Par ailleurs, la municipalité d’Aurillac a demandé en début d’année le classement aux Monuments historiques de l’ensemble conventuel pour assurer sa préservation via deux options : l’ensablement, ou des mesures de protection et mise en valeur.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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