FNSEA et JA Nouvelle-Aquitaine rencontrent la Préfète de Région
Le climat, l’accès à l’eau et le contexte sanitaire ont été au cœur des discussions entre Sophie Brocas, préfète de Nouvelle-Aquitaine, et les responsables syndicaux de la FNSEA et de JA Nouvelle-Aquitaine le 6 juillet dernier.
Le climat, l’accès à l’eau et le contexte sanitaire ont été au cœur des discussions entre Sophie Brocas, préfète de Nouvelle-Aquitaine, et les responsables syndicaux de la FNSEA et de JA Nouvelle-Aquitaine le 6 juillet dernier.
Changement climatique, il y a urgence
Nommée en avril dernier, Sophie Brocas, préfète de Nouvelle-Aquitaine, a répondu présente à l’invitation de la FNSEA et de JA Nouvelle-Aquitaine (FNSEA NA - JA NA). Le 6 juillet, Yohann Guédon, François Trignol, Clément Courteix et Pierre Cazes, respectivement présidents et secrétaires généraux de la FNSEA NA et JA NA, ont abordé avec elle les préoccupations agricoles du moment. Les épisodes de canicule successifs ont poussé l’adaptation au changement climatique sur le devant de la scène. En Nouvelle-Aquitaine les observations font état d’une augmentation moyenne des températures d’1,4 °C depuis 2015. Si elle se poursuit, il faut s’attendre à un réchauffement de plus de 2 °C d’ici 2050. Ces épisodes de fortes chaleurs affectent directement le bien-être et la production des élevages (mortalité, baisse de production laitière, stress thermique). Aussi, la FNSEA NA et JA NA demandent la mise en place rapide de dispositifs d’aide au rafraîchissement des élevages (ventilation, brumisation, ombrage) pour faire face aux prochains coups de chaleur. Au-delà des infrastructures, l’adaptation passe aussi par l’organisation du travail. C’est pourquoi les responsables syndicaux ont également demandé à ce que le travail en horaires décalé, tôt le matin ou la nuit soit permis tant pour les exploitants que pour les salariés avec une réglementation adaptée.
La ressource en eau au cœur des préoccupations
Derrière l’adaptation au changement climatique apparaît également la question de l’eau. Les réseaux JA et FNSEA Nouvelle-Aquitaine restent vigilants sur les nouvelles versions des SDAGE Adour-Garonne et Loire-Bretagne qui seront proposées pour 2028-2033. Les syndicats réclament des orientations plutôt que des obligations et le respect du principe d’intérêt général majeur de l’agriculture reconnu par la loi. Plus encore, ils demandent l’intégration de l’enjeu de maintien d’une agriculture productive, rémunératrice et créatrice de valeur ajoutée ainsi que le chiffrage systématique des impacts socio-économiques agricoles des dispositions du futur SDAGE. Par ailleurs, les autorisations de prélèvement doivent donner aux agriculteurs plus de visibilité. Le stockage hivernal (retenues collinaires, réserves de substitution, ouvrages multi-usages) doit permettre de sécuriser l’irrigation en période estivale et de diminuer la pression sur le milieu. Un cadre stabilisé et sécurisé juridiquement doit être mis en place pour ces projets. En outre, l’irrigation passe également par la modernisation des réseaux, l’investissement, …
La pression sanitaire inquiète
Avec 65 foyers, la Nouvelle-Aquitaine concentre l’essentiel des foyers français de tuberculose bovine (70 %). Malgré la prophylaxie en place, la situation reste préoccupante. FNSEA NA et JA NA demandent l’application sans délai de la feuille de route nationale de l’arrêté du 27 avril 2026 revalorisant l’indemnisation tuberculose bovine avec rétroactivité (notamment la prise en charge à 100 %, contre 75 %, des frais de nettoyage/désinfection et d’euthanasie). Aujourd’hui, de nombreux services sanitaires départementaux refusent d’appliquer ce volet en invoquant l’attente d’un texte complémentaire créant une inégalité de traitement injustifiée entre éleveurs selon la date d’apparition du foyer. Depuis août, plus d’une centaine de foyer d’influenza aviaire ont été répertoriés principalement dans les Landes et le Lot-et-Garonne. Cette nouvelle épizootie laisse craindre la coexistence durable avec la maladie. Pour y répondre efficacement, des aides pour une biosécurité renforcée, la prise en charge de la vaccination par l’État et des indemnisations adaptées à la diversité des modèles d’exploitations sont attendues. La gestion de la faune sauvage est aussi évoquée.
P. Dumont