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Florent Kaplon nouveau président de l'interprofession laitière Alpes Massif central

Jean-Michel Javelle vient de céder la présidence du Criel Alpes Massif central à Florent Kaplon, qui y siégeait déjà en qualité de chef de file du collège entreprise de transformation privée. Interview croisée.

Jean-Michel Javelle a cédé sa place de président du Criel AMC à Florent Kaplon.
Jean-Michel Javelle a cédé sa place de président du Criel AMC à Florent Kaplon.
© Apasec

Quel est bilan de la filière laitière régionale en 2023 ?

Jean-Michel Javelle, éleveur et président sortant du Criel AMC : L’année 2023 a été marquée par le déploiement de la Charte d’avenir bovin lait qui a été insufflée par le Criel et largement soutenue par la Chambre régionale d’agriculture et Jeunes agriculteurs Auvergne Rhône-Alpes. Aujourd’hui, nous recensons 51 inscrits, nouveaux porteurs de projets. Je pense que ce n’est qu’un début. Nous avons franchi une nouvelle étape en octobre dernier avec la reconnaissance du fonds collectif « Avenir lait » en fonds de dotation dédié au mécénat. qui permet la participation de nos partenaires en mécénat. Relevons également en 2023, le soutien de taille de la Région Auvergne Rhône-Alpes avec notamment la signature du plan filière bovin lait 2023-2027.

Florent Kaplon, directeur amont des établissements Paul Dischamp et nouveau président du Criel AMC : La soirée raclette organisée à l’occasion du Sommet de l’élevage à Cournon a permis de bien mettre en avant la filière laitière à ce rendez-vous de l’élevage. Elle a été une véritable mise en avant de nos produits et des hommes et des femmes qui en sont à l’origine. La mise en place de la Charte est par ailleurs importante. Pour l’avenir de notre filière, il faudra des hommes et des femmes qui s’installent, qui reprennent les fermes laitières. Nous devons au niveau de l’interprofession donner envie aux personnes qui veulent embrasser les métiers de notre filière d’y aller, leur montrer qu’il y a de l’avenir.

Le prix du lait a augmenté l'an dernier. Tous les segments ont-ils profité de cette embellie ?

J.-M. J. : L’amélioration du prix du lait a en effet été bénéfique pour les éleveurs, toutefois, je me dois de soulever quelques points de vigilance notamment pour les segments importants pour notre territoire que sont les produits en appellation d’origine protégée (AOP) ou le bio. Pour ces deux segments, l’inflation des prix a été beaucoup moins profitable car les marchés ne sont pas au rendez-vous. Nous devons continuer à expliquer aux consommateurs les spécificités de nos appellations, les cahiers des charges qui sont inhérents et qui sont gages de leur qualité. Nous devons sans cesse rappeler que tous les échelons de la filière laitière font partie de notre territoire. Ils doivent être reconnus par le consommateur pour qu’il soit prêt à payer le juste prix pour ces produits.

Quels défis doivent relever les acteurs de la filière laitière régionale ?

J.-M. J : Nous devons obtenir une juste rémunération pour assurer le renouvellement des générations et ainsi assurer la transition écologique de notre filière. En effet, le juste prix pour l’ensemble de nos produits laitiers permettra d’assurer le revenu de l’éleveur et le renouvellement des générations. Il permettra également de financer les adaptations pour décarboner notre filière et faire face aux changements climatiques. 

F. K. : Je suis d’accord avec Jean-Michel, pour assurer un avenir à notre filière, nous devons assurer un maintien de la valorisation du lait. C’est aussi par-là que passera le recrutement de forces vives pour notre filière laitière.

En tant que transformateur, avez-vous des difficultés à recruter ?

F. K. : Les transformateurs, font en effet face à ce même défi. Nous peinons à recruter pour prendre des postes à horaires décalés, avec du travail de nuit ou le week-end. Nous sommes tous en recherche de bras. Au sein de mon entreprise, nous pourrions recruter une vingtaine de personnes en CDI que nous ne trouvons pas.

Florent Kaplon est directeur de l'amont de l'entreprise Dischamp

À 42 ans et originaire de la Nièvre, ce père de famille a conduit toute sa carrière dans les entreprises de transformation laitière. Il l’a débuté chez Danone et dans une coopérative fromagère en région parisienne avant de rallier l’Auvergne et d’intégrer en 2013 les établissements Paul Dischamp. « C’était un vrai défi, car sur le site où je travaille à Saint Nectaire, il n’y avait pas d’organisation de collecte. » Il est aujourd’hui directeur de l’amont. Le représentant des transformateurs ne se verrait pas évoluer ailleurs que dans le monde de l’élevage. « Nous avons vraiment un lien avec les producteurs. C’est un métier très prenant. Nous nous devons d’être un appui au quotidien, être réactifs. »

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