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Filière porcine : lois Egalim bafouées, éleveurs asphyxiés

Nouveau président de la section porcine FDSEA du Cantal, Dimitri Bousquet dénonce une chute des prix injustifiée.
 

Dimitri Bousquet est éleveur de porcs dans le Veinazès.
© Patricia Olivieri

Dans le cochon, c’est connu, tout est bon... sauf désormais le prix payé aux éleveurs. En huit mois, ce dernier a chuté de 25 % (- 0,5 €/kg au cadran breton) et sur un porc, les producteurs en conventionnel perdent 24 €, soit en moyenne 5 000 € chaque semaine. “La loi interdit de vendre à perte, mais en élevage porcin, c’est toujours le cas !”, condamne Dimitri Bousquet, le nouveau président de la section porcine de la FDSEA du Cantal. La filière porcine est l’une de celles qui ne respectent pas les lois Egalim, qui plus est en l’assumant ouvertement, peste l’éleveur du Veinazès. Argument avancé par l’aval pour justifier cette érosion des prix : les droits de douane appliqués par Pékin sur les importations de porc européen (finalement abaissés à 9,8 % en moyenne depuis le 17 décembre dernier, contre les 20 % initialement annoncés par la Chine). 

 

Les taxes chinoises ont bon dos

“Sauf que la Chine n’achète que les bas morceaux, les oreilles et les queues de nos cochons, ce n’est donc pas ça qui fait bouger les prix”, rétablit Dimitri Bousquet. La menace sanitaire de la peste porcine africaine (PPA) est aussi utilisée pour faire pression sur les cours, là encore un faux argument, estime la section porcine. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il s’est abattu moins de porcs en France en 2025 tandis que la consommation a elle augmenté (le porc bénéficiant de son image de viande blanche pas chère)... un effet ciseaux qui aurait dû profiter au prix. Il n’en est rien. 

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Jambon français, porc espagnol

“On peut donc mettre ça sur le dos des importations, relève le responsable de la section FDSEA. En France, comme dans le Cantal, on sait très bien que le nombre de porcs abattus est insuffisant par rapport aux charcuteries qui sont produites, même nos industriels locaux se fournissent avec du porc espagnol.” Et paradoxe, en Espagne comme partout sur les places porcines européennes, les prix ont augmenté ces dernières semaines : + 0,05 €/kg en Allemagne, + 0,035 €/kg en Espagne (avec un porc à 1,05 €/kg), légère hausse aux Pays-Bas, stabilité au Danemark... Seul le cadran breton reste orienté à la baisse : 1,41 €/kg le 26 février alors que le prix de revient est évalué à 1,80 €/kg en conventionnel. La section porcine n’épargne pas les coopératives, qui si elles valorisent un peu mieux les porcs, ont tout de même “profité du prix du cadran sans baisser leurs marges, au contraire”, pointe Dimitri Bousquet.
Ce dernier est bien décidé à dynamiser la section porcine dans un département où on compte moins de 50 producteurs. Des producteurs, qui se sentent un peu oubliés, et dont il entend porter la voix, convaincu que “l’élevage porcin peut être un atelier secondaire intéressant pour un jeune qui voudrait par exemple se lancer en lait. C’est quelque chose qui se faisait, notamment en Châtaigneraie, et qui a toujours du sens”. Aussi, la section compte porter ce message et davantage communiquer auprès des lycéens notamment. 

Vigilance sur la PPA

Une production qui a elle aussi son lot de préoccupations sanitaires, dont la première est la PPA, aujourd’hui à moins de 150 km de la frontière française, en Andorre. Aussi, Dimitri Bousquet incite plus que jamais ses collègues à la vigilance, à mettre en place et respecter les mesures de biosécurité préconisées (charte des bonnes pratiques, pédiluves, non distribution de déchets alimentaires (surtout pas de viandes) aux porcs...) en indiquant que les producteurs peuvent bénéficier d’un audit de biosécurité financé par l’État. Et en précisant que la maladie n’est pas à prendre à la légère : abattage du cheptel et vide sanitaire pendant douze mois dans les élevages contaminés.

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