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Guéret
Fermeture du service de radiothérapie : émotion et colère dans tout le département

Une séance du conseil général avec le préfet a été interrompue avant son terme.

Vendredi 2 juillet dernier, a tourné court la traditionnelle présentation par le préfet aux élus départementaux des activités de l'Etat en Creuse. La faute à la fermeture du service de radiothérapie de l’hôpital de Guéret, depuis le 1er juillet dernier. Ce service presque neuf (ouvert en 2006), recevant 260 patients (un nombre en augmentation) est jugé non sûr par l'autorité sanitaire. Cela provoque une vive colère parmi les usagers, les associations de défense des services publics, les syndicats, et les partis, droite et gauche confondues.

 

Quelques 70 personnes, en plus des élus, ont d'ailleurs tenu à assister à cette réunion très institutionnelle, qui d'habitude était plus calme. Dans leur esprit, une idée : il s'agit d'un abandon de la Creuse, d'une décision technocratique et comptable (même si elle va coûter plus cher, in fine à l'assurance maladie). Encore une fois, l'égalité d'accès au service public à travers tout le territoire national est mise à mal, se disent-ils. Les élus de tout bord se font écho plus ou moins vivement du malaise. Le préfet Hugues Moutouh a bien du mal à expliquer, sous les râles de mécontentement, que cette décision est la meilleure pour la santé des usagers. Les normes exigées par les experts sont si élevées que le préfet ne craint pas de dire qu'après Guéret, d'autres services de ce type devraient fermer, en France. Une information qui fait dire à un élu que ces territoires devront se fédérer pour défendre leurs hôpitaux. L'idée d'une manifestation nationale à Paris est lancée. « Ne comptez pas sur la période estivale pour que la colère retombe », lance un élu au préfet.

 

A l'unanimité, les conseillers généraux ont préféré clore la réunion avec le préfet. La tête n'y était visiblement pas.

Le préfet Hugues Moutouh, à gauche, n’a pas convaincu élus et Creusois présents.

La Région solidaire

 

Communiqué de presse du conseil régional. Le tribunal administratif de Limoges a rejeté le recours du député-maire de Guéret, Michel Vergnier, contre la fermeture du service de radiothérapie de la ville. Le président de la Région Limousin, Jean-Paul Denanot, regrette une telle décision et se solidarise avec les patients et leurs familles. Comment accepter une fermeture qui contraint les malades atteints d'un cancer à retarder leur entrée en soin et à parcourir des centaines de kilomètres pour bénéficier d'une radiothérapie au prix d'une fatigue et d'une souffrance supplémentaire ? Il s'agit d'une rupture manifeste et inacceptable dans l'égalité d'accès aux soins. En outre, les transports vers Limoges, Montluçon ou Clermont-Ferrand coûteront extrêmement cher à la Sécurité sociale, sans parler de leur impact environnemental.

 

L'action juridique se poursuivant au fond, Jean-Paul Denanot souhaite que l'intérêt des habitants de la Creuse soit pris en compte. Il ne comprendrait pas que l'on puisse rester sourd et aveugle à la détresse de personnes déjà fragilisées par la maladie. Pour sa part, il entend peser de tout son poids dans la nouvelle bataille qui s'engage. Garant de l'aménagement du territoire, au cœur des compétences des Régions, Jean-Paul Denanot veut rappeler une fois de plus au Gouvernement que la santé tout comme l'école constituent des droits. Chaque Français, quels que soient son lieu de résidence et ses ressources, doit pouvoir y accéder en toute égalité et en toute justice. C'est le positionnement constant du conseil régional par rapport aux services publics, garant du maintien de l'activité humaine en milieu rural ou semi-rural. Ce que les collectivités territoriales - la Région, les départements, les communes - essaient patiemment de construire ne doit pas être anéanti par une attitude de l'Etat préoccupé essentiellement par des questions comptables.

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