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FDSEA - Loi Egalim 2 : ni contournée ni détricotée

Si l'adaptation aux évolutions climatiques s'impose comme le défi majeur et immédiat de l'agriculture, point de salut sans des élevages résilients grâce à des prix rémunérateurs.

En présence du préfet, Joël Piganiol a rappelé que "pour nourrir, il faut produire".
En présence du préfet, Joël Piganiol a rappelé que "pour nourrir, il faut produire".
© P. O.

Mieux vaut penser les changements que changer les pansements : face au changement climatique, cette maxime du comédien-humoriste Francis Blanche est plus que jamais d'actualité même si le pronostic vital du patient planète semble sévèrement entamé. À la FDSEA du Cantal, on tente de mener de front les deux stratégies : engranger les moyens nécessaires pour passer les coups durs, asseoir la rentabilité des fermes cantaliennes et leur permettre d'enclencher les adaptations imposées par le réchauffement climatique. Et changement de climat ou pas, la vocation première de l'agriculture reste nourricière ; or, "pour nourrir, il faut produire, c'est quand même le coeur du sujet" a resitué le président Joël Piganiol, reprenant les propos de l'académicien Éric Orsenna et balayant les positions et actes radicaux de mouvements ouvertement "écoterroristes".

3 EUR/ kg le broutard : "On nous prenait pour des fous"
Or, pas d'avenir pour la production sans revenu, et pas de revenu sans prix. Une équation somme toute simple qui n'a cependant pas encore ruisselé dans toutes les filières, ont pu témoigner les responsables des sections syndicales. Un an après son adoption, la loi Egalim 2 et la marche avant de la construction des prix des produits agricoles à partir des coûts de production étaient ainsi une nouvelle fois aux avant-postes des revendications syndicales. Si les cours du lait, des broutards et de la viande se sont redressés, certes portés par un déséquilibre de l'offre et la demande mais pas que, ces hausses sont insuffisantes au regard de l'inflation des charges depuis l'invasion de l'Ukraine.
Le verre reste donc à moitié vide mais la carafe pour le remplir est accessible, estime Bruno Dufayet. "Il y a un an, on nous expliquait qu'il fallait être fous pour imaginer le broutard à 3 EUR, la viande bovine à 5 EUR", a rappelé le président de la FNB. Comme lui, Patrick Bénézit estime qu'à défaut de conviction, l'aval de la filière va être contraint à poursuivre ces revalorisations pour garantir son approvisionnement. D'autant que la loi Egalim 2 procure aux entreprises un atout de taille, la non négociabilité de la matière première agricole.

Un 49.3 à dégainer
Une sorte de 49.3 imparable... à condition de s'en servir. C'est ce qu'ont fait les industriels détenteurs de marques avec lesquels la FNSEA a échangé courant octobre. "Ils ont passé de nouvelles hausses de 7,5 % sur les produits alimentaires grâce à cette clause de non négociabilité alors que sur le non alimentaire, ils ont dû encaisser des déflations", a relaté Patrick Bénézit, s'étonnant que toutes les entreprises de l'agroalimentaire, a fortiori à statut coopératif, ne se soient pas engouffrées dans cette aubaine.
Cette clause permet ainsi la couverture des coûts de production officiels, ceux validés en interprofession, a-t-il souligné, certains opérateurs ayant eu la fâcheuse idée d'établir leurs propres indicateurs. "Les indicateurs interprofessionnels, c'est 4 EUR/kg vif pour le broutard, 6 EUR le kg carcasse pour les vaches et 500 EUR/t de lait conventionnel en zone de plaine !", a-t-il rappelé. Avant un autre avertissement, cette fois en direction du locataire de Bercy, tenté de détricoter la loi Egalim 2 au profit de mesures anti-inflationnistes. "Nous avons besoin que cette loi soit appliquée dans toutes ses composantes et non détricotée", a tancé le secrétaire général adjoint de la FNSEA. Mobilisés lors d'actions en grandes surfaces mais aussi devant les usines du groupe Sodiaal, les producteurs de lait de la FDSEA - comme leurs homologues des autres productions - entendent bien continuer à mettre la pression sur l'aval pour obtenir des prix rémunérateurs. Il en va de la souveraineté alimentaire de la France, a martelé Bruno Dufayet, rappelant que la moitié du cheptel allaitant allait changer de main dans les dix prochaines années. Un défi pour la profession mais aussi un enjeu sociétal pour  le dynamisme de tout un tissu rural.

(1) Dans la préface du rapport de la FNSEA de 2020.

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