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Sanitaire
FCO-8 : situation préoccupante au sud du Massif Central

Depuis début août, le Sud du Massif Central est concerné par des cas cliniques de Fièvre Catarrhale Ovine-sérotype 8 sur bovins et ovins. L’Aveyron, le Cantal, la Lozère et le Tarn sont directement concernés.

La FCO-8 s'avère inhabituellement virulente. Les éleveurs sont appelés à la vigilance.
La FCO-8 s'avère inhabituellement virulente. Les éleveurs sont appelés à la vigilance.
© M. Comte

La Fièvre Catarrhale Ovine (FCO), également appelée maladie de la langue bleue ou en anglais « Blue tongue », est une maladie virale touchant les ruminants domestiques (ovins, bovins, caprins) et sauvages. Le virus responsable de la FCO est un Orbivirus dont il existe 27 sérotypes. Il est transmis d'un animal infecté à un autre par une piqûre d'un moucheron du genre Culicoïdes.
Cette maladie n’est pas une zoonose, elle n’affecte pas l’Homme. Elle n’a pas non plus d’incidence sur la qualité sanitaire des produits (viande, lait, etc). L’impact économique de la FCO peut être important, en raison des pertes directes liées à la mortalité et à la morbidité des animaux, ainsi que des coûts indirects liés aux mesures de prévention et de contrôle.


Quels sont les symptômes de la FCO ?


La maladie se manifeste par les symptômes suivants, qui sont très variables d’un animal à l’autre. Les animaux présentent généralement une hyperthermie (de la fièvre), des difficultés de locomotion, des croûtes sur le mufle, des ulcérations dans la bouche, du jetage ou encore la langue bleue (pour les ovins). - Voir les symptômes pour chaque espèce dans l’encadré.


Comment circule la FCO ?


Initialement présente en Afrique, la FCO s’est étendue progressivement vers le Nord depuis plusieurs décennies, probablement en raison du réchauffement climatique et des échanges commerciaux internationaux. La maladie est aujourd’hui présente sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.
Elle est apparue dans le Nord de l’Europe en 2006. D’Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas, elle s’est vite propagée en France. De 2006 à 2010, le Nord-Ouest de l’Europe a connu plusieurs épizooties, provoquées par les sérotypes 1 et 8. La France avait retrouvé son statut indemne en 2012. En 2015, le Laboratoire National de Référence (LNR) de l’Anses a détecté à nouveau un virus de sérotype 8 dans le centre de la France qui s’est répandu ensuite sur tout le territoire. En 2017, le LNR a détecté un virus de sérotype 4 qui a fini lui aussi par infecter la France continentale. Depuis 2020, la France est officiellement infectée par les deux sérotypes 4 et 8.


Quelle situation épidémiologique actuelle ?


Plusieurs cas cliniques de Fièvre catarrhale ovine-sérotype 8 (FCO – 8) sont apparus chez des bovins et des ovins depuis début août 2023 dans le sud du Massif central. La zone atteinte comprend des secteurs de l’Aveyron, du Cantal, de la Lozère et du Tarn. Initialement localisée à quelques communes, la maladie s’est propagée en quelques semaines. Le nombre de foyers augmente rapidement.
En l’absence de programme de lutte en France continentale, elle circule librement depuis sa réémergence en France en 2015 induisant de rares cas cliniques chez les ovins ou bovins. Cependant, l’intensité des signes cliniques et la mortalité associée, y compris chez les adultes, interrogent. Cette situation est inhabituelle pour la FCO-8, c’est pourquoi des investigations sont en cours afin d’évaluer si d’autres causes sont éventuellement présentes.


Quelles sont les recommandations ?


Il existe plusieurs mesures de lutte contre la FCO, qui sont mises en place pour prévenir la propagation de la maladie et réduire son impact sur les élevages de ruminants. En voici quelques-unes :
- Le traitement des insectes vecteurs : les moucherons piqueurs sont responsables de la transmission de la FCO. Il est donc important de réduire leur population, en utilisant des insecticides(1) ou en éliminant les zones de reproduction des insectes. Pour le traitement des animaux, vous pouvez utiliser, par exemple le Butox ou le Versatrine (liste non exhaustive). Pour le traitement des moyens de transport, vous pouvez utiliser le Saniterpen insecticide DK Choc® ou le Kelion ®EC (liste non exhaustive).
- La biosécurité : des mesures doivent être mises en place dans les élevages pour éviter la transmission de la maladie. Cela inclut notamment la mise en quarantaine et l’isolement des animaux introduits et la désinfection et désinsectisation des véhicules ayant servi à leur transport, mais encore la restriction des mouvements et la limitation de la participation à des rassemblements (concours, comices).
- La vaccination : elle permet de protéger son cheptel, le voisinage, les autres animaux lors de rassemblement collectif (comice, foire, concours, centre de rassemblement, marché…) et les cheptels introduisant des animaux. Il est ainsi recommandé de vacciner en priorité les animaux situés dans les départements limitrophes ainsi que ceux situés dans la zone atteinte. Il convient de contacter son vétérinaire afin qu’il prenne en compte la situation sanitaire de l’élevage. Différents vaccins inactivés sont disponibles nécessitant une ou deux injections de primo-vaccination et le délai de mise en place de l’immunité varie. Généralement, il faut compter 6 semaines (42 jours) entre la première injection de primo-vaccination et la mise en place de l’immunité complète. S’agissant d’une vaccination volontaire, l’éleveur peut vacciner directement ses animaux. Cependant si la vaccination doit être justifiée et certifiée, elle doit être réalisée par un vétérinaire. Cas particulier pour les jeunes animaux (jusqu’à 90 jours inclus) : les animaux de moins de 91 jours sont trop jeunes pour être vaccinés.
D’une manière plus générale, c’est l’immunité des animaux qu’il convient de booster en maintenant des apports élevés en oligo-éléments notamment (rôle d’anti-oxydant, précurseur de système immunitaire) et l’équilibre alimentaire qu’il faut maîtriser afin de ne pas créer un terrain favorable au développement des virus. Ce virus attaque en priorité les animaux à immunité faible, oxydés et acides dans leur milieu cellulaire, donc plus volontiers les animaux conformés ou fortes laitières (régime riche en protéine).
Il est recommandé de baisser l’azote ou augmenter l’énergie et d’alcaliniser les animaux avec du bicarbonate, de la magnésie et du lithothamne.

1. Les insecticides sont des produits à usage vétérinaire. Il vous appartient de vérifier les délais d’attente éventuels. Les traitements doivent être enregistrés sur le carnet sanitaire et les ordonnances conservées.

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