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Expérimentation DESCInn : L'autonomie fourragère en question

Les Chambres d'agriculture de l'Allier, de Haute-Loire et du Puy-de-Dôme ont convié les agriculteurs à venir découvrir, sur le terrain, les résultats obtenus chez des cultivateurs partenaires.

Une vingtaine de participants a suivi cette demi-journée, entre explications théoriques et visite de terrain.
Une vingtaine de participants a suivi cette demi-journée, entre explications théoriques et visite de terrain.
© AA03

Dans l'Allier, c'est à Neure, sur l'exploitation de Jean-Marc Chamignon, qu'une trentaine de professionnels de l'agriculture s'est donné rendez-vous, le temps d'un après-midi. Au programme, différents points autour des expérimentations menées par DESCInn, le réseau de système de culture innovant. Ce réseau DESCInn, initiée sur une exploitation céréalière située au Theil il y a plus de six ans, s'est étoffé en 2020, avec l'intégration de l'exploitation de Jean-Marc Chamignon, en polyculture élevage. Un travail qui devrait s'inscrire sur la durée, pour au moins trois ans mais six années seraient un minimum pour acquérir des références fiables.

Un réseau accompagnateur
Le réseau DESCInn s'est implanté dans l'Allier sous l'impulsion de deux exploitants afin de mettre au point de nouveaux systèmes de productions capables de faire face aux évolutions climatiques sans pour autant éclipser les rendements. Pour y parvenir, la Chambre d'agriculture de l'Allier met à contribution plusieurs de ses agents qui suivent avec minutie les parcelles testées en suivant un plan prévisionnel.
Une journée technique proposée dans le département pendant laquelle les organisateurs se sont plus précisément intéressés à l'autonomie protéique et à l'évolution climatique.

Des résultats concrets, sur le terrain
Une présentation des résultats obtenus a été proposée aux participants, suivie d'une matérialisation, sur place, au sein des parcelles qui a permis de visualiser, au plus près, la véracité des propos des différents techniciens.
Jean-Marc Chamignon exploite 260 hectares au domaine de Verpys, sur les communes de Neure et de Lurcy-Lévis. Eleveur d'un cheptel de 150 vaches charolaises, il cultive 110 hectares de colza, de blé, d'orge d'hiver et de maïs, dont une partie pour les besoins du troupeau.

Des rotations plus longues
S'adapter aux nouvelles contraintes liées au climat, Jean-Marc Chamignon y travaille déjà depuis plusieurs années : « L'irrigation a été installée sur mon exploitation au cours de l'année 2019. Cela a été un véritable tournant pour moi car j'ai décidé de revoir mon système d'exploitation ». En effet, Jean-Marc Chamignon était sur un système que l'on peut qualifier de classique avec une rotation entre cultures de blé, de colza et d'orge.
Accompagné par le réseau DESCInn, Jean-Marc a introduit la culture du maïs, ce qui a permis un rallongement de la rotation. Mais pour quels effets ? « Cette rotation, plus longue, a permis de limiter le développement des graminées mais aussi des maladies, en particulier lors des cultures de printemps. Grâce à ce nouveau concept, nous avons pu véritablement rompre le cycle établi depuis plus de trente ans de la culture du colza »
détaille Jean-Marc Chamignon qui ajoute qu'il a « introduit aussi la luzerne irriguée assurant une meilleure autonomie en terme de fourrages et en apport protéique ». Des aspects renforcés, aussi, par l'ensilage du maïs.

De nouvelles références
Une journée qui a permis aux participants d'avoir de nouvelles références et une transmission d'expérience sur le terrain.

Sébastien Joly

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