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Européennes du goût : Sébastien Demorand, chroniqueur “gastronosympathique”

Sébastien Demorand a bluffé son monde par sa gentillesse.
Sébastien Demorand a bluffé son monde par sa gentillesse.
© J-M.Authié

Depuis 2010, Sébastien Demorand est l’une des “stars” de MasterChef (TF1). Journaliste de formation, le chroniqueur gastronomique était à Aurillac pour le dixième anniversaire des Européennes du goût. Rencontre avec un type fort sympathique, tout ce qu’il y a de normal, loin du cliché éventuel laissé par une caméra pour le coup trompeuse.

 

 



Sébastien Demorand, vous êtes sollicité à longueur d’année. Pourquoi avoir choisi de venir à Aurillac ?


Sébastien Demorand : “Tout d’abord parce qu’on me l’a demandé et que j’ai accepté avec grand plaisir. Ensuite, je me déplace dans des territoires qui me bottent. Là, je suis dans un coin que je ne fréquente malheureusement pas assez. Enfin, je connaissais déjà la manifestation au travers de mon ami Éric Roux qui a souvent animé ici.”


Qu’est-ce qui vous séduit dans la cuisine ? Le produit, celui qui le travaille ?


S. D. : “En fait, ce qui compte réellement pour moi, c’est l’histoire que cela raconte. Je cherche avant tout de l’émotion à travers un beau produit, un beau geste et ce, que l’on soit dans un troisétoiles ou bien dans un bistrot. Et quand les deux se rencontrent, c’est vraiment magnifique. Je pense que le plus important, c’est  l’envie  que  l’on  met  à vouloir travailler un produit. Peu importe le niveau de qualification. Il faut s’approprier l’histoire d’un produit puis le transformer. Cela fait 20 ans que je  côtoie  des  chefs  de  tous niveaux, 20 ans que je suis bluffé par des hommes et des gestes de toute beauté. Mais je rassure tout le monde, même après 20 ans, je n’ai fait que 35 % du tour de la cuisine. J’ai encore tant de choses à apprendre.”


Justement, 20 années à donner votre avis sur la cuisine des autres. Mais au fait, chroniqueur gastronomique cela veut dire quoi ?


S. D. : “Cela ne veut pas dire grand-chose (large sourire). C’est un titre bien pompeux. Je suis avant tout un journaliste, mais un journaliste dans l’univers de la bouffe. Gamin, mes parents m’ont donné l’envie de m’intéresser à la cuisine. Cela m’a tou-jours amusé et avec le temps, c’est la dimension sociale et culturelle qui m’a intéressé. Un restaurant, c’est un merveilleux théâtre et il reflète souvent la société. Oui, c’est cela, un resto est un concentré de société. Le monde de la cuisine est un monde où l’on travaille beaucoupet  qui  renferme  nombre  de métiers, donc qui rassemble beaucoup de champs de connaissances.”


L’émission MasterChef est faite pour les amateurs. Vous, vous jugez les professionnels ; l’exi- gence est-elle la même ?


S. D. : “Je ne fais pas de différence entre les deux. Je ne suis pas spontanément porté sur les grands restaurants. Je pense que cela vient du fait que mes parents m’ont d’abord inculqué une certaine culture de la nourriture, avant tout la culture d’une cuisine de bistrot. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, j’aiété élevé à l’andouillette et au vin rouge (rires).”


Quel message souhaitez-vous transmettre à l’occasion de ce week-end ?


S. D. : “Que la cuisine c’est quelque chose de personnel. Derrière son fourneau, tout le monde est amené à préparer et présenter un plat. Certains le font en une demi-heure, d’autre en deux  heures.  Peu  importe, l’essentiel c’est la passion qu’on a mise dedans. Moi, je considère que je suis une passerelle entre le  grand  public  et  l’univers professionnel. Je n’oublie pas non plus que je suis un journaliste et que mon métier, c’est de transmettre une information.”


Si vous deviez ne retenir qu’un seul produit de notre terroir, lequel garderiez-vous ?


S. D. : “Sans aucun problème le saint-nectaire. Ce fromage est une pure merveille. C’est l’un des plus grands fromages au monde.”


Comment trouvez-vous le département ?


S. D : “C’est une terre âpre, unterritoire pas facile, mais merveilleux. Nous sommes dans le centre de la France, une terre de peu, mais avec des produits volcaniques. Si je pouvais, j’aimerais y revenir pour y passer plus de temps.”

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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