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Et si rien n’était plus comme avant

Les faits sont têtus. Même si l'histoire ne se répète jamais, nos civilisations, au cours des siècles, ont bougé, changé, voire évolué, tant économiquement que sociologiquement. Donc l'agriculture et ses ressortissants aussi, qu'on le veuille ou non.

 

Les sociétés actuelles de consommation, voire d'abondance, en Occident, semblent avoir du plomb dans l'aile, voire dans la tête, et à tous niveaux : économique, environnemental et moral.

 

Alors, et l'agriculture dans tout ça me direz vous.

1 - Quand vous écoutez les agricultrices et les agriculteurs, ils vous le disent sans détours.

2 - Les organisations agricoles l'ont transmis largement à qui de droit.

3 - Les responsables politiques en ont désormais conscience, mais hésitent à le clamer et à bouger.

 

A savoir :

A - Assainir l'économie.

B - Moraliser les mouvements financiers.

C - Valoriser le travail.

 

L'agriculture est fortement impactée par ce schéma.

Assainir l'économie. Le taux d'endettement des entreprises n'est plus adapté aux coûts de production (charges catastrophiques) et aux prix de nos produits (vente à perte) dans beaucoup de cas.

Moraliser car les spéculations financières (valeur refuge de la terre) risquent d'interdire et interdisent déjà l'achat par les agriculteurs de foncier, et ce conjugué à une volatilité des prix de nos produits agricoles d'une année sur l'autre, ce qui assassine nos trésoreries et annihile tout projet sérieux, risquant de voir des capitaux parfois douteux acheter nos terres et nos fermes.

Valoriser notre activité vitale. La plus grande des violence envers le monde agricole c'est d'être insulté par des gens que l'on nourrit en abondance pas cher et en produits de haute qualité.

Dans l'intérêt même de la société européenne, un revenu digne doit être obtenu pour toutes les productions de nos pays dits civilisés. Faute de quoi, c'est le fondement même de notre société qui, après disparition d'une agriculture régionale, sera forcement condamné. De plus, le rêve pour certains de faire travailler à bas prix des mains d'œuvre étrangères et de vivre avec suffisance en Occident n'est plus d'actualité, et tant mieux. Donc, par delà nos pauvres vies, notre société doit revenir à la réalité et le plus vite sera le mieux. Seul le résultat compte : Réagissons !

Une morale pour l'Europe.

Des choix de sociétés avec une hiérarchisation dans l'intérêt général sur le long terme. Donc, des revenus pour notre agriculture et surtout pour les femmes et les hommes qui portent cette agriculture. Dans ces périodes de mutation difficile pour tous, sauvons notre modèle agricole pour sauver les sociétés de paix et de justice. Mais, comme en médecine, commençons vite le traitement.

Tout reste à faire.

 

Jean-Philippe Viollet, président de la chambre d’agriculture de la Creuse

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