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En viandes, « tout le monde cherche des frigos »

Privilégiant les produits frais, les filières viandes fonctionnent en flux tendu et réservent habituellement le stock à l'export. En exacerbant les tendances de consommation (hausse du haché, baisse du piécé), la crise sanitaire provoque des besoins de stockage inattendus pour certains produits haut de gamme.

© François d'Alteroche

Gros bovins, agneaux, veaux, volailles... Dans ces filières, « tout le monde cherche des frigos », alerte Mathieu Pecqueur, directeur général de Culture viande, dans un entretien à Agra Presse le 26 mars. Une conséquence inattendue du Covid-19 : privilégiant massivement les produits de première nécessité et les plus pratiques à cuisiner, les consommateurs se sont détournés du haut de gamme.
En boeuf par exemple, Mathieu Pecqueur n'hésite pas à parler d'une « radicalisation » de la tendance déjà observée avant le coronavirus. « Les consommateurs ont continué à acheter du haché, voire en ont acheté un peu plus. Par contre, la consommation en viande piécée a chuté de manière dramatique. » S'y ajoute l'arrêt brutal de la restauration, gros consommateur de filets et d'entrecôtes. Des morceaux qui peuvent parfois être redirigés vers le haché, mais au prix d'une flambée du coût de production. « Cela fait deux ans que Culture viande communique sur la nécessité de rééquilibrer la valeur, plus vers le haché, moins vers le piécé, rappelle M. Pecqueur. La radicalisation observée ces dernières semaines crée une forme d'urgence. »

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