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En ruralité, des violences conjugales plus difficiles à détecter

Le 25 novembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Depuis le début de l’année, 100 féminicides ont été comptabilisés en France. En ruralité, les victimes sont plus isolées et connaissent moins bien les dispositifs ce qui les rend plus difficiles à repérer.

Les pharmaciens de Creuse vont distribuer des sachets de prévention.
Les pharmaciens de Creuse vont distribuer des sachets de prévention.
© Préfecture de la Creuse

Le 3 septembre 2019, le Gouvernement lançait le Grenelle des violences conjugales rassemblant les associations, les victimes et les professionnels en charge d’accompagner et soigner les victimes.
La Creuse a été fortement mobilisée au cours de ces trois années, ce qui s’est traduit par la création de nouveaux dispositifs ou le déploiement de ceux déjà existants :
- développement de nouvelles places d’hébergement pour les victimes, à Guéret, mais aussi à Aubusson et La Souterraine ;
- des moyens supplémentaires attribués aux associations prenant en charge les victimes, leur permettant d’apporter une réponse plus complète (permanences délocalisées, horaires étendus, nouveaux services) ;
- Mise en place d’un dispositif d’éviction du conjoint violent, qui permet à la victime de conserver le bénéfice du domicile, sur décision judiciaire ;
- Mise en place des stages de responsabilisation des auteurs de violences conjugales ;
- Création d’une maison de protection des familles par la gendarmerie ;
- Déploiement de deux Lieux d’accueils relais à La Souterraine et Bourganeuf permettant d’assurer un primo-accueil, et déploiement de permanences des associations spécialisées dans la prise en charge (dans les mêmes lieux plus Aubusson) ;
- Formations des professionnels (à titre d’exemple : tous les gendarmes, les personnels du commissariat, l’ensemble des travailleurs sociaux des UTAS…)
- Édition et diffusion de documents de communication (plaquettes, affiches, banderoles..)
- Mise en place d’un Espace Rencontre Protégé pour l’exercice du droit de visite (après la séparation) pour les enfants victimes de violences conjugales dans un cadre sécurisé.
Si la parole se libère, se traduisant en Creuse par une augmentation très importante des signalements, les chiffres des féminicides ne baissent pas (encore 122 en 2021) et les enquêtes nationales nous indiquent qu’encore trop de victimes passent sous les radars.
C’est particulièrement le cas en milieu rural. C’est la raison pour laquelle l’État, la justice et l’ensemble des partenaires restent très mobilisés et travaillent toujours en vue d’améliorer la prise en charge. Deux nouveaux dispositifs verront notamment le jour prochainement :
- Un dispositif « bons taxis » permettant d’amener les victimes de violences sexuelles à l’unité médico-judiciaire à Limoges (porté par l’Aravic-France Victimes) ;
- Les « Mesures d’accompagnement protégé » porté par l’association Reliance : Cette mesure permet l’exercice du droit de visite et d’hébergement dans un cadre sécurisé et protecteur, sur décision du Juge aux affaires familiales (JAF). Le dispositif prévoit l’accompagnement de l’enfant par un adulte, lors des déplacements entre le domicile du parent victime et le lieu d’exercice du droit de visite/d’hébergement du parent auteur des violences. Il permet d’éviter tout contact entre les parents et prévient ainsi les passages à l’acte violent. Il sécurise l’enfant qui peut se confier à un tiers.
Enfin, une campagne de communication sur des sachets de pharmacie a été lancée. 23000 sachets seront ainsi diffusés dans 44 pharmacies du département.
Cette action s’inscrit dans une campagne régionale qui touche 830 officines situées en zones rurales. Au travers des pharmaciens, ces professionnels de santé qui maillent le territoire et sont souvent « en première ligne », nous espérons toucher les victimes les plus isolées et leur permettre de trouver un recours.
Le recto du sachet comprend les numéros d’urgence, les numéros des plates-formes nationales et ceux des associations locales de lutte contre les violences. Le verso comprend le “violentomètre” outil d’auto-diagnostic d’exposition aux violences, conçu par le Centre Hubertine Auclert.

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