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Prairies Sensibles
En quoi les prairies de Planèze enregistrent-elles des avancées sensibles ?

Depuis le mois dernier, une solution partielle et sous conditions, permet à 793 exploitations de Planèze de déroger à la sanctuarisation de 22 000 hectares de prairies classées. 

des personnalités tirent sur une corde reliée à une vieille charrue.
Au cœur de la Planèze, samedi 24 août, symboliquement une charrue tirée par les responsables syndicaux, rejoints par le sous-préfet de Saint-Flour. 
© Renaud Saint-André

À la Fête de la terre du Cantal, samedi, on a beaucoup ri, dans une ambiance très festive !  Mais les Jeunes agriculteurs ont tenu à profiter de cette occasion pour passer des messages bien plus sérieux, rejoints en cela par leurs aînés de la FDSEA. C’est ainsi que la manifestation organisée à Valuéjols en plein cœur de la Planèze - et dont la finale départementale de labour est une des principales attractions - a servi de cadre au témoignage de jeunes installés aux Ternes pour illustrer le sujet des prairies sensibles, dont ils subissent les effets. 

Témoignage et exemple 

Guillaume et Quentin, les deux frères du Gaec élevage Teissedre qui compte trois associés, ont décrit leur exploitation : un troupeau laitier, 170 ha dont 143 de prairie permanente (84%), 13 ha de temporaire, du blé tendre, de l’orge et de la lentille. Pas moins de 115,7 ha sont classés en prairie sensibles (68% des surfaces). Mais comme ils ont plus de 75 % en prairie permanente et plus de 25% de surface classée, ils entrent dans le dispositif dérogatoire obtenu depuis les mobilisations syndicales de l’hiver dernier. De quoi remettre en place une rotation dans l’assolement et de retourner jusqu’à un quart des prairies sensibles, dans la limite de 40 ha. Un soulagement, obtenu grâce à la pugnacité de la FDSEA et JA qui continuent cependant de prôner la suppression pure et simple de la zone de protection spéciale en Planèze sanfloraine. Ils l’ont rappelé micro en main, sur le podium(1). Valentin Delbos, président des JA du Cantal, a rappelé que ce dossier a été imposé depuis 2015. “Un problème qu’on a subi et qui nous empêche de travailler comme il faut”, résume-t-il.  

“C’est une des revendications portées et acceptées par le Premier ministre. La première réponse n’est pas à la hauteur de ce que l’on souhaitait, mais elle va, malgré tout, permettre de donner des possibilités à pas mal d’agriculteurs de la Planèze pour assurer leur autonomie fourragère.” (Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA)

Un dossier présenté comme “clos”, tant au niveau national qu’européen. “Il a fallu toute la détermination du syndicalisme pour réussir à réouvrir ce dossier.” S’il se réjouit des avancées obtenues, Valentin Delbos martèle bien que l’abandon total de ces classements demeure l’objectif. Ce que confirme Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA. Il rappelle que cette zone était appelée - et l’est encore - “le grenier à grain du Cantal” que l’administration a mis sous cloche.  

Un  sous-préfet solidaire 

“L’étau se desserre autour de ce qu’il faut bien qualifier d’une décision arbitraire, contre nature”, constate à son tour Guy Touzet, secrétaire général  de la FDSEA. Quant à Christophe Vidal, agriculteur, maire de Valuéjols (commune très impactée) et conseiller départemental, il estime que “l’administration devrait faire confiance au savoir-faire des professionnels au lieu d’imposer des contraintes illogiques, ne correspondant à rien”. 

Sans ambiguïté, le sous-préfet de Saint-Flour, Romain Helard, a affirmé vouloir “toujours défendre les intérêts des territoires, en étant au plus proche du terrain, en faisant remonter les difficultés et en élaborant des solutions avec la profession. Tout en convenant que “le combat n’est pas fini”.  Pour illustrer que chacun œuvre dans le même sens et que l’unité crée la force, tous les participants - y compris le sous-préfet - ont labouré quelques mètres de cette Planèze en tirant à l’unisson la corde attachée à une charrue. 

(1) En raison du retard pris, des personnalités engagées par ailleurs ont dû partir avant la prise de parole, dont le président du Conseil départemental Bruno Faure, ou encore le sénateur Sautarel. 

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