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« En attendant le verdict du 13 décembre, ne nous tirons pas dans les pattes »

Les élus de la Chambre d’agriculture de l’Allier sont allés sur le terrain partout dans l’Allier pour répondre aux inquiétudes des éleveurs après une sécheresse historique.

Plus de 400 agriculteurs sont venus assister aux réunions d’informations sécheresse organisées par la Chambre d’agriculture de l’Allier sur l’ensemble du département. Au cœur des débats, le dossier 
« calamité agricole » pour lequel se mobilisent de concert la Chambre d’agriculture de l’Allier et la DDT. En plein désarroi, les éleveurs tentent de garder la tête froide, mais la conjoncture ne les aide pas. Des banques muettes, des prix qui flambent... Ils demandent de ...
Plus de 400 agriculteurs sont venus assister aux réunions d’informations sécheresse organisées par la Chambre d’agriculture de l’Allier sur l’ensemble du département. Au cœur des débats, le dossier
« calamité agricole » pour lequel se mobilisent de concert la Chambre d’agriculture de l’Allier et la DDT. En plein désarroi, les éleveurs tentent de garder la tête froide, mais la conjoncture ne les aide pas. Des banques muettes, des prix qui flambent... Ils demandent de l’air.
© CA03

Les réunions d’informations organisées sur le terrain par la Chambre d’agriculture de l’Allier ont permis de clarifier les interrogations des agriculteurs sur la procédure d’indemnisation « calamité » en raison de la sécheresse et de donner des conseils pour nourrir les animaux cet hiver.

Sur la procédure « calamité agricole »

On en saura davantage le 13 décembre prochain. Voilà plusieurs semaines que la préfecture de l’Allier, en collaboration étroite avec les services de la Chambre d’agriculture de l’Allier, a lancé une procédure de reconnaissance de la sécheresse comme « calamité agricole » pour les fourrages. Côté calendrier, on avance. La phase d’enquête dans les exploitations est désormais terminée. Après avoir constaté les dégâts sur le terrain et récolté de nombreux bilans fourragers, les services de la direction départementale des territoires travaillent maintenant à compiler les données bourbonnaises pour les transmettre avant le 7 novembre au ministère de l’Agriculture. Un comité devrait se réunir le 13 décembre prochain au ministère afin de fournir un avis sur la situation. « Nous travaillons tous les jours avec les services de la Chambre pour faire valoir le cas de l’Allier », explique Anne Rizand, directrice de la DDT Allier qui a tenu à assister à toutes les réunions. « Les services travaillent avec une vraie solidarité », a voulu rassurer Patrice Bonnin, président de la Chambre d’agriculture de l’Allier. Les éleveurs ont été nombreux à répondre présents aux réunions : 80 à Neuvy, 100 à Lapalisse, une dizaine à Paray-sous-Briailles, 80 à Huriel et 120 à Villefranche-d’Allier.

« Ne pas trop se faire d’illusions, mais y croire »

Face à l’inquiétude, Patrice Bonnin a tenu à afficher un certain réalisme. Sur la procédure, difficile de faire des projections. Certes, l’indice d’humidité des sols a atteint des valeurs historiquement basses. Mais le résultat « n’est  peut être pas garanti, il y aura forcément des déçus ». « En attendant le 13 décembre, iI faudra être solidaire. Ça ne sert à rien de se tirer dans les pattes », a t-il insisté face à l’inquiétude montante des éleveurs qui ont très largement dénoncé le prix grimpant de la matière première. « La profession n’a malheureusement pas les moyens de bloquer les prix », a déploré le président. « Pour faire face, nous faisons le maximum à court terme : maïsiculteurs et éleveurs ont été mis en relation pour permettre l’achat de paille de maïs, tous les agents de la Chambre d’agriculure sont sur le terrain pour proposer des solutions de dépannage, nous avons alerté les maires des communes, etc. » À long terme, c’est « toute une politique qu’il faut revoir », a-t-il expliqué, notamment sur la question de la retenue d’eau qui a largement animé les débats. De nombreux agriculteurs ont sollicité les maires des communes pour réquisitionner les eaux des étangs… «  Fin de non recevoir », a témoigné l’un d’entre eux à Neuvy. Autre sujet sensible, les banques. « Là encore, difficile pour la Chambre d’intervenir directement, même si nous pouvons donner des conseils. Clairement, les banques sont dans l’attente des décisions gouvernementales ». Pour l’instant, pas de dérogation prévue non plus pour les jeunes installés, encore plus touchés. « Certains sont à la limite de mettre la clé sous la porte », a témoigné un syndiqué Jeunes Agriculteurs. L’arrivée du nouveau ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a permis à l’ensemble des syndicats d’être reçus (cf. notre encadré). Tous ont dénoncé l’urgence de la situation. Cela suffira t-il à remettre le dossier sécheresse en haut de la pile des nombreux chantiers ministériels ? On en saura plus le 13 décembre.

 


Sécheresse : le syndicalisme met la pression sur le nouveau ministre

Didier Guillaume a rencontré les responsables syndicaux agricoles pour un premier tour d’horizon des dossiers. Une préoccupation générale a émergé : la sécheresse. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, reçue le 18 octobre par le nouveau ministre de l’Agriculture, a présenté deux revendications : un relèvement de 20 points de l’avance des aides Pac à 90 % et un chèque transport pour les fourrages. « Nous attendons du ministre l’annonce d’un plan d’urgence pour faciliter l’approvisionnement et pour apporter la trésorerie qui fait cruellement défaut », a indiqué la FNSEA. « Ce plan doit en priorité s’attacher à moraliser et faciliter l’approvisionnement des éleveurs en fourrages et aliments : Nous demandons que soit élaboré sous l’autorité des préfets, un suivi des stocks de fourrage afin de garantir une meilleure fluidité entre l’offre et la demande. Un soutien public de l’État et des collectivités territoriales est attendu pour accompagner les coûts d’achat et de transport. Il faut systématiser et accélérer l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB) dans tous les départements touchés par la sécheresse et activer rapidement le fonds des calamités agricoles en levant certains freins inhérents au dispositif afin de s’adapter au plus près des réalités du terrain.Ces mesures sont indispensables pour donner un signal fort aux éleveurs, à la hauteur du préjudice subi, afin qu’ils retrouvent confiance en l’avenir. Ce nouvel épisode climatique conforte, une fois de plus, nos revendications : il y a urgence à mettre en place des outils efficaces de gestion des risques, qu’il s’agisse d’améliorer les assurances, de se doter de moyens de prévention ou de développer une politique ambitieuse de stockage de l’eau ». Après le Modef et la CR, reçus le 22 octobre, les Jeunes agriculteurs (JA) devaient être reçus le 30 octobre par Didier Guillaume.


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