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En 30 ans, Bio 15 a vu le Cantal passer de 15 engagés à 400 agriculteurs bio

Perçus comme de "doux rêveurs" il y a trois décennies, les agriculteurs bio n'ont cessé d'apprendre de la nature, dont ils sont devenus de vrais techniciens.

L'assemblée de Bio 15 s'est déroulée la semaine dernière à La Chapelle d'Alagnon, en présence d'adhérents et représentants de filières.
L'assemblée de Bio 15 s'est déroulée la semaine dernière à La Chapelle d'Alagnon, en présence d'adhérents et représentants de filières.
© R. S.-A.

T rente ans : un anniversaire fêté sans tambours ni trompettes, mais avec la satisfaction d'être, depuis toujours, dans le vrai. Bio 15, qui regroupe des producteurs, mais aussi des distributeurs et des consommateurs, a profité de son assemblée générale annuelle - jeudi 15 septembre à La Chapelle d'Alagnon - pour revenir sur trois décennies au service de la promotion de la
certification bio.
L'occasion pour d'anciens membres du bureau de s'exprimer et de livrer leur regard porté sur l'évolution de l'agriculture biologique et sa perception par la société. "Au début, nous étions une quinzaine, sans doute perçus comme des hurluberlus, de doux rêveurs", s'est ainsi remémoré Michel Ters, président de Bio 15 de 1993 à 1995. Aujourd'hui, le Cantal compte près de 400 agriculteurs bio, dont près d'un sur deux est adhérent à l'association. Autrefois, pas d'étude économique préalable : "On faisait déjà de la bio par conviction que ce modèle répondait aux enjeux qui se présentaient."

Des précurseurs
Gilles Lassalle a tenu les rênes de l'association de 1999 à 2002. Il salue l'engagement des jeunes installés en bio qui, "tout au long de leur carrière, découvriront plein de choses liées au fonctionnement de la vie". Il résume cette démarche par une formule : "C'est faire avec la nature, la comprendre avec patience ; car c'est elle qui commande, capable de résilience, à condition de la comprendre."
Sylvain Caumon, adhérent depuis toujours et dont les parents étaient déjà dans la démarche, a tenu à souligner le travail de ces "bio de la première heure qui ont fait le choix courageux de travailler autrement, il y a une trentaine d'années, toujours à la tête de structures exemplaires, diversifiées, tournées vers la vente locale, valorisant des produits d'une très grande qualité". À son tour, il livre son sentiment sur la mutation  enregistrée ces dernières années et met immédiatement en garde les consommateurs sur la provenance, "parfois déroutante" des produits de la GMS. "Victime de son succès, le label a été surexploité", constate l'agriculteur de Leynhac. Perdant, de fait, un peu de son âme au passage, le bio a finalement été banalisé conduisant à une baisse des produits certifiés, dans les magasins comme en vente directe (voir ci-dessous). "Il faut privilégier l'approvisionnement local. Ce sont des consommateurs avertis qui construiront la bio de demain."

Engagés pour la bonne cause
Et de rendre hommage à Jean Rollin (Vabres), Michel Ters (Roumégoux), Gilles Lassalle (Giou-de-Mamou), Jeff Pécoul et Géraud Dumas (tous deux de Saint-Étienne-de-Chomeil), Daniel Pitot (Ytrac), Daniel et Véronique Delrieu (Vic-sur-Cère), Thierry Aurouze (premier fournisseur d'aliment bio à Ferrières-Saint-Mary) et à Vincent Vigier, technicien spécialisé mis à disposition de Bio 15 par la Chambre d'agriculture, avant Lise Fabriès.     
Les deux co-présidents actuels, Simon Lacalmontie et Noémie Richart, ont prévenu que leur mandat arrivé à terme, ils ne se représentaient pas. Le nouveau conseil, auquel participent quelques nouveaux (Gilbert Chausy de Vezels, Anaïs Fernandez de la Vie claire à Aurillac, ou encore Morgane Vidalenc de Saint-Constant) devra prochainement désigner un nouveau bureau.

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