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Émergence d’une nouvelle pathologie en Espagne

Clavelée (variole ovine) Cette pathologie des ovins vient d’être signalée en Espagne. La plus grande vigilance s’impose concernant les échanges de petits ruminants.

Les lésions de clavelée sont caractéristiques, notamment dans la forme vésiculeuse. Les macules rougeâtres se transforment en papules, qui évoluent pour laisser place à des lésions surinfectées qui finissent en croûtes en forme de clous (d’où le nom de clavelée).
Les lésions de clavelée sont caractéristiques, notamment dans la forme vésiculeuse. Les macules rougeâtres se transforment en papules, qui évoluent pour laisser place à des lésions surinfectées qui finissent en croûtes en forme de clous (d’où le nom de clavelée).
© Dahmani Ali

Cet article fait suite à la découverte de 4 foyers de clavelée en Espagne depuis le 19 septembre 2022, dans les régions de Grenada et Cuenca.

Des pathologies virales hautement pathogènes
La clavelée et la variole caprine sont des pathologies virales provoquées par des poxvirus. Ovins et caprins peuvent être touchés mais il est rare que la même souche contamine les deux espèces. La clavelée est une pathologie exotique à éradication immédiate obligatoire (catégorisée ADE dans le cadre de la Loi de Santé Animale) mais ce n’est pas une zoonose. Elle a des conséquences sanitaires et économiques graves, perturbant notamment les mouvements d’animaux et des produits. L’Espagne était indemne depuis 1968 et la France est indemne depuis 1964. C’est une pathologie endémique du Moyen-Orient et du Maghreb.

Des signes cliniques assez caractéristiques…
L’incubation varie de 1 à 3 semaines et les symptômes débutent par des signes classiques : hyperthermie, abattement, jetage, larmoiement, photophobie. Les ganglions lymphatiques superficiels sont hypertrophiés. Puis les lésions de la forme vésiculeuse assez caractéristiques apparaissent. Elles touchent principalement les zones glabres (face, oreilles, périnée, prépuce…) mais également les muqueuses comme la gencive ou la vulve. Les macules (taches planes rougeâtres) se transforment en papules (bouton), plus rarement en vésicules (avec une goutte de liquide à l’intérieur), qui évoluent pour laisser place à des lésions surinfectées qui finissent en croutes en forme de clous (d’où le nom de clavelée). Les animaux survivants gardent le plus souvent des cicatrices indélébiles. Deux autres formes existent, une forme suraiguë avec des mortalités rapides, très rare, et une forme fruste qui peut même rester inapparente, avec quelques lésions sur les oreilles et la queue, très fréquente dans la variole caprine.

… et une morbidité et mortalité élevée, surtout sur les jeunes
La morbidité (pourcentage d’animaux touchés) est proche de 100 % avec un impact sur la production de lait ou de laine et la perte de poids. La mortalité varie de 50 à 80 % sur les animaux les plus fragiles, principalement les agneaux. Ils décèdent de complications respiratoires (infections bactériennes fréquentes avec jetage sanguinolent et muco-purulent abondant), de problèmes digestifs ou des suites d’avortements, certains animaux présentant aussi des lésions internes.
Un diagnostic relativement facile pour les formes graves, plus compliqué pour les formes frustes
Les papules sont typiques de la maladie mais le diagnostic peut être plus délicat si on n’observe que des animaux en phase de guérison ou atteints de formes frustes. Pour le diagnostic différentiel, on pensera à la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO), à l’ecthyma contagieux, à l’urticaire, une photosensibilisation, de la gale ou de la dermatophilose, voire à la peste des petits ruminants (absente en France à cette heure). Des tests de laboratoire permettent de confirmer la cause de la pathologie.

Une transmission par contact, direct ou indirect
La transmission se fait essentiellement à partir d’animaux gravement atteints (papules ulcérées sur les muqueuses), par contact étroit ou inhalation d’aérosol infectieux. Elle est nulle au stade précoce et faible au stade tardif (après 1 semaine). Cela explique le caractère cyclique des épisodes cliniques dans un élevage, avec des « vagues » toutes les 3 à 4 semaines. Elle est également possible par contact indirect (litière, nourriture et auge ou insectes vecteurs mécaniques), le virus étant particulièrement résistant et pouvant survivre dans la laine plusieurs semaines après la guérison.

Une gestion des foyers en Espagne…
Des mesures ont été mises en œuvre ou sont en cours dans les 4 foyers (abattage, élimination des produits et sous-produits animaux, enquête épidémiologique, nettoyage et désinfection, restrictions des mouvements) et dans les zones réglementées (zonage, recensement, abattage préventif si nécessaire, restrictions de mouvement pour les animaux et les produits ainsi que pour les sous-produits animaux). Tous les établissements situés dans les zones de protection et de surveillance ont été inspectés ou sont en cours d’inspection, avec examen clinique et prélèvements en cas de suspicion. D’autres établissements hors de la zone de restriction ont été inspectés en raison de liens épidémiologiques.

… et une vigilance sur les mouvements en France
Les introductions en France d’ovins et de caprins depuis l’Espagne au cours des mois d’août et de septembre ne concernent pas les régions dans lesquelles les foyers ont été détectés. Toutefois, par mesure de précaution, des investigations vont être menées en France dans les dix exploitations ayant reçu des petits ruminants d’autres régions d’Espagne au cours de cette même période, dans 9 départements. Plus globalement, il faut rester vigilant pour tout mouvement de petits ruminants en provenance d’Espagne. Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de la situation et pour plus de renseignements, n’hésitez pas à nous contacter.

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