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Viande bovine
Embellie des cotations, mais insuffisante

Ce premier mois de l’année 2023 montre la poursuite des tendances déjà signalées par la FNB sur l’année 2022, à savoir encore et toujours une rupture forte pour la filière viande bovine !  À la fois la conséquence de problèmes structurels de longue date, et à la fois l'impact d'un contexte inflationniste inédit et mondial qui se poursuit sur le mois de janvier 2023 !

Charolaises viande bovine
© © HLP

Sur ce tout début d'année, une inflation inédite pour les éleveurs bovins allaitants se voit par la flambée des prix des matières premières subie par les éleveurs allaitants, sur les 12 derniers mois (chiffres à fin décembre 2022, source : Ipampa viande bovine, RICA 2015, traitement Institut technique de l’élevage) : aliments achetés : + 24,0 % ; engrais et amendements : + 74,8 % ; énergie et lubrifiants : +48,6% ; matériel et petits outillages : +17,7 %. Cette hausse conséquence des matières premières, couplée à une revalorisation du SMIC, entraine une augmentation des indicateurs coûts de production de 15 % rien que sur l’année 2022 (calculés selon l’accord interprofessionnel en date du 22 mai 2019).
Sur janvier 2023, cette inflation se poursuit avec un indice IPAMPA viande bovine qui monte à 139.1 points, en hausse de 0.9 point par rapport au mois précédent, à savoir décembre 2022. A partir de cette réactualisation IPAMPA viande bovine, l’estimation FNB du coût de production sur le mois de janvier 2023 est le suivant : Indice IPAMPA Viande bovine 139,1 ; prix de revient de la vache 6,15 ; prix de revient de la génisse 6,72 ; prix de revient du JB 5,95 ; prix de revient du broutard 4,07.

Une embellie des cotations, bien réelle, mais clairement insuffisante !
En parallèle, la décapitalisation du cheptel bovin enclenchée depuis 2016, s’est accélérée sur l’année passée (baisse de 110 000 têtes en 2022). Par conséquent, les abattages sont en baisse de 4% sur l’année passée (Source : Normabev), quand la consommation par bilan, en France, a augmenté de 1,1% (Source : FranceAgrimer, d’après douanes Françaises, Agreste). Cette tendance à la baisse des abattages se confirme encore sur le début de l’année 2023, avec en janvier, une diminution légère (-0.66% d’abattages sur les 4 premières semaines de 2023 VS 2022 Source : Normabev). Cette offre limitée face à une demande dynamique a orienté les cotations à la hausse pour toutes les catégories animales, preuve qu’il n’y a pas de fatalité et que les prix peuvent bel et bien augmenter…

IPAMPA janvier 2023 : 139.1
 Mais cette embellie est à relativiser au regard de la hausse des coûts de production interprofessionnels ! Bien que les cotations aient augmenté de +25% sur l’année 2022, toutes catégories animales confondues (hausse de 1,04€/kg sur le Prix Moyen Pondéré)… le constat est là : cette embellie des cotations, bien que réelle, ne permet toujours pas de couvrir la hausse des charges subie par les éleveurs sur l’année écoulée. L’écart entre coût de production interprofessionnel et cotation ne diminue que très légèrement sur les diverses catégories animales, voire reste identique/augmente par rapport à celui de 2018 ! Les signes d’une amélioration de la rémunération des éleveurs bovins sont loin d’être au rendez-vous ! Et le mois de janvier 2023 ne déroge encore pas à ce constat lorsqu’est comparé le prix de revient réactualisé selon l’estimatif FNB à la cotation au 31 janvier 2023 !

L’indicateur coût de production interprofessionnel, l’élément indispensable au sein des contrats
Il convient de rappeler que, dans le cadre d’EGALIM2, l’éleveur doit établir sa proposition de contrat à son pre­mier acheteur et non l’inverse. Et le coût de production interprofessionnel (selon la méthodologie de calcul en date du 22 mai 2019 et non un autre !) est, dans cette proposition, le socle indispensable à toute négociation. Le résultat de la mécanique de prix résultant de cette négociation et, présente dans le contrat, ne sera alors plus négociable par l’aval de la filière.
Par la prise en compte du coût de pro­duction interprofessionnel dans le contrat, l’éleveur a l’assurance que la flambée des prix des matières premières sera supportée par son exploitation, de manière viable et durable. Il convient également de rappeler, que la prise en compte du coût de production interprofessionnel dans un contrat, amène toujours à une meilleure valorisation que le prix du marché, même quand celui-ci augmente fortement sur l’année passée !
Enfin, cela permet de donner de la lisibilité aux éleveurs, à la filière, de la visibilité aux banquiers pour accompa­gner les jeunes… et avec la moitié des éleveurs qui partiront à la retraite dans les 10 années à venir, le renouvellement des généra­tions est urgent.
 

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