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Eleveurs du pays vert : cap sur le marché des filières identifiées

L´activité de la filière viande des Eleveurs du pays vert progresse fortement en 2003, mais pas assez pour équilibrer les comptes. La contre-offensive est en marche.

En 2002, les Eleveurs du pays vert ont investi 15 millions d´euros pour se doter des outils d´abattage et de transformation qui faisaient cruellement défaut à un département et une région d´élevage. 2003 était l´année de leur mise en route. Réunis en assemblée générale à Polminhac, les responsables du groupe coopératif ont mesuré la difficulté à rentabiliser ces outils et à atteindre une "nouvelle dimension". En effet, sa filiale Covial termine l´exercice avec un déficit de 1,7 million d´euros sur un chiffre d´affaires de 51,9 millions d´euros (en hausse de 17 %). Pas de quoi mettre en péril la santé du groupe, dans la mesure où ce déficit ne pèse "que" 12 % de ses fonds propres. Pour autant, "ça ne peut pas durer", a relevé le président Serge Paran, en présentant la stratégie mise en oeuvre pour redresser la situation avec, déjà, des résultats encourageants.

Passer de 300 à 500 vaches par semaine

"Nous savions que ce serait difficile les premières années, le temps de la montée en charge, mais personne n´imaginait que nous enregistrerions un tel déficit", commentait Serge Paran. Pour redresser la barre, le groupe a fait appel aux services d´un expert, Jean-Luc Marre, ancien directeur du groupe Terrena Viande. Celui-ci a rendu des conclusions à partir desquelles une stratégie a été définie. Elle passe d´abord par une amélioration de la compétitivité de l´abattoir d´Aurillac. Il faudra encore augmenter les tonnages les années suivantes pour arriver à un coût d´abattage compétitif. "Notre défi, c´est d´arriver à 500 vaches par semaine et surtout de trouver les marchés pour les écouler", a expliqué le président du groupe. Comment ? "En développant l´activité sur le marché des bovins de qualité, produits et image de notre territoire", répond Serge Paran en affirmant clairement la volonté du groupe "de se repositionner sur ce marché des filières identifiées". A travers notamment les filières qualité aubrac, salers, limousine, génisses...

Revenir rapidement à l´équilibre

Mais aussi en mobilisant des vaches de réforme haut de gamme, disponibles sur le territoire, qui pourraient être valorisées sous les signes "montagne" ou "bio" en contractualisant avec la grande distribution. Tout en fournissant un débouché aux éleveurs laitiers. Autre constat du rapport Marre : il faut se doter d´outils de fabrication de produits élaborés pour valoriser tous les morceaux de la carcasse. C´est pourquoi il a par exemple été décidé de fermer dans quelques jours l´atelier de fabication de steaks hachés d´Argentat, qui perdait de l´argent faute d´avoir pu trouver des marchés, et de le rapatrier sur le site du Pôle viande d´Aurillac. Un nouvel investissement, de l´ordre du million d´euros, sera réalisé pour obtenir un produit haut de gamme identifié. "Aujourd´hui, nous avons divisé le déficit mensuel par trois. Nous devrions atteindre l´équilibre sur les derniers mois de cette année, précise Frédéric Monnier, directeur général des Eleveurs du pays vert. Si bien que l´exercice 2004 sera encore déficitaire, mais l´équilibre atteint sur le suivant, estime-t-il. Un discours qui semble avoir rassuré et convaincu les adhérents.

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