Aller au contenu principal

Elevage : la race limousine tient la distance

A l’occasion de son assemblée générale, organisée le 15 novembre au Pôle de Lanaud en Haute-Vienne, le Herd-Book limousin a reconduit Olivier Lasternas à la présidence. L’éleveur périgourdin revient sur les faits marquants de l’année tout en traçant l’horizon d’une race qui séduit y compris à l’étranger. 

Olivier Lasternas au Sommet de l'Elevage sur le ring du zénith d'Auvergne où se déroulait le concours national de la race bovine limousine.
Olivier Lasternas préside le Herd-Book limousin.
© Pamac S.Chatenet

Il y a quelques semaines la race bovine limousine était sous les feux des projecteurs à l’occasion de son concours national au Sommet de l’Elevage. Le bilan a-t-il dépassé toutes vos espérances ?

Olivier Lasternas : Quel concours national en effet ! Record de fréquentation pour le Sommet de l’Elevage avec 115 000 visiteurs, ce qui signe également la plus forte progression de fréquentation dans l’histoire du salon. Je veux croire qu’il y a eu un effet « National Limousin » ! Record dans les tribunes également avec plus de 2 500 spectateurs et record de visionnage sur internet avec jusqu’à 21 000 vues sur Facebook. Record de participation enfin, avec 158 élevages présents. La race limousine a offert un très beau spectacle à laquelle ont contribué éleveurs, familles, salariés du pôle de Lanaud, partenaires mais aussi spectateurs. 

L’élevage serait-il, selon vous, en passe de retrouver un regain d’intérêt auprès des jeunes en particulier ?

O.L. : Pour m’être rendu dans un nombre important de manifestations et concours cette année encore, j’en ressors une nouvelle fois impressionné et fier de constater le nombre important de jeunes intéressés et motivés par nos métiers et le monde de l’élevage. Nous devons les aider à franchir le pas. Des choses sont déjà en place au sein de notre structure et le Herd-Book investit chaque année environ 30 000 euros en faveur des jeunes. Je reste convaincu que nous devons aller encore plus loin sur ce dossier. Nous avons structuré un groupe de travail en ce sens. J’invite tous ceux qui le souhaitent à se rapprocher des instances de la race pour les intégrer à terme et s’engager pour la limousine.

Ce sursaut se traduit-il dans les chiffres de la campagne d’adhésion 2022-2023 du Herd-Book limousin ?

O.L. : Le Herd-Book comptait à la fin de la campagne 2022-2023, 1 337 numéros de cheptels, soit 32 de moins que la campagne précédente. L’érosion des adhérents du HBL a été relativement bien contenue sur cette campagne, puisqu’elle est légèrement plus faible que l’an passé et que les techniciens du HBL ont fait adhérer 43 nouveaux élevages. A l’échelle des sections, Midi-Pyrénées conserve sa place de leader avec 200 adhérents, devant la Corrèze (169), l’Auvergne (123), la Haute-Vienne (119), et les Pays de Loire (109). Le Grand-Est signe la plus importante progression du nombre d’adhérents (+5%). De manière logique et mathématique, tout comme pour le nombre d’adhérents, nous faisons le constat qu’en 2022-2023, le nombre de vaches certifiées TA ou TI connait une baisse, elle aussi très contenue et très inférieure à celle de 2021-2022, de 1,6%, pour atteindre 65 301 mères dont 20% sont race pure, soit une augmentation de 3%.

La race limousine s'exporte-t-elle bien ?

O.L. : Le Herd-Book Limousin a édité 1 843 pedigrees sur la campagne 2022-2023, soit 471 de moins que sur la campagne précédente. Un fléchissement qui interrompt quatre années successives d’augmentation et qui s’explique à la fois par la hausse des cours de la viande et des reproducteurs qui augmentent plus et plus vite en France qu’à l’étranger ainsi que des épisodes de sécheresse importants, notamment en Espagne, en Italie et au Portugal, qui ont obligé les éleveurs locaux à décapitaliser. Les principaux importateurs de la génétique Limousine à haute valeur ajoutée sont pour les trois premières places : les Espagnols avec 433 femelles et 167 mâles, les Italiens (164 et 87) et les Belges (109 et 49). La Pologne, la Grèce, la Belgique, la Grande-Bretagne, la Bulgarie et le Luxembourg complètent le trio de tête. Une vingtaine de pays de l’Union Européenne importe donc la génétique Limousine auxquels s’ajoutent donc la Grande-Bretagne et la Suisse.

Campagne 2023-2024 : un Top Price cantalien en partance pour les Pays-Bas

Les premières ventes aux enchères de la campagne 2023-2024 se sont déroulées le mercredi 15 novembre pour les « Espoirs » et le jeudi 16 novembre pour les reproducteurs jeunes (RJ) dans le ring des ventes du Pôle de Lanaud et simultanément sur internet. S’ils étaient nombreux, les 79 jeunes taureaux ont néanmoins presque tous trouvé preneur lors de la vente (92% des animaux ont été vendus). La moyenne de prix s’établit à 3 651 €, avec un prix médian à 3200 €. A noter, la présence active des acheteurs étrangers qui ont acquis 9 jeunes taureaux en partance pour : la Belgique, l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas. Le Top Price de cette vente revient à Thomas, né au Gaec de la Margeride (15) et acheté par la Cowporation (Pays-Bas) pour 6 900 €. Un autre Espoir a par ailleurs atteint la barre symbolique des 6 000 € : Tartare, Espoir, né à l’Earl Rouchès (12) et acheté par Nadine-Fraisseix Léger (87). Le lendemain, sur 73 Reproducteurs Jeunes, 42 ont été vendus dans le ring et 30 en ligne. 99% des animaux ont trouvé preneur à une moyenne de 6 215 € et un prix médian de 5 800 €. Là encore, les clients étrangers étaient au rendez-vous puisqu’ils ont acheté 16 RJ. Le Top Price de la vente, Tobby, né à l’Earl Hérisson (72), a été adjugé 22 000 € en copropriété au Gaec de la Martinière (49), à l’Earl Lemesle (49), à l’Earl Blaiteau (49) et au Gaec Houdmon (53), au terme d’enchères très disputées, qui se sont envolées très rapidement. Deux autres jeunes taureaux ont franchi la barre des 12 000 € : Tiago, né à l’Earl Géraud Régis (19), fils de LAMPION RR VS sur LINOTTE (origines REMIXRRE M), acheté 12 100 € par l’Earl du Grand Chemin (16) ; et Triticale, né à l’Earl du Bois au Bé (22), qui rejoint le cheptel de Christophe Rouchès  (12, anciennement Earl Rouchès) pour 12 100 €. Rendez-vous pour la seconde vente de la saison : mercredi 10 pour les Espoirs et jeudi 11 janvier 2024 pour les RJ.

Les plus lus

Pour les producteurs de lait, l'interprofession doit être une instance de dialogue  sur tous les sujets.
« Les industriels veulent-ils encore faire tourner leur usine avec du lait français ? »

Après la démission du président du Cniel, et alors que les producteurs de la zone Alpes Massif central alertaient depuis…

Nicolas Peny (au centre) a ouvert les portes de son exploitation aux agents de l'OFB en formation.
Les agents de l'OFB ont désormais l'obligation de se former à la découverte de l'agriculture

Une quinzaine d'agents de l'OFB AuRA a suivi une formation de trois jours pour en apprendre davantage sur le monde agricole,…

Deux hommes et une femme devant le panneau de l'hostellerie
La famille Rouchet redonne vie à Curebourse

Bien implantés à Aurillac, Mickaël et Audrey Rouchet ont racheté l’hostellerie Saint-Clément, avec l’ambition d’y accueillir…

Une attaque de loup sur brebis et agneau, le 24 octobre dernier à la Tour d’Auvergne, a été confirmée par l’OFB
Une première attaque de loup dans le Puy-de-Dôme

En octobre, 4 nouveaux signalements de constats de prédation avec suspicion de loup ont fait l'objet d'expertise par le…

L'alimentation animale, la clé de performance productive des animaux

Une alimentation adaptée et une gestion optimisée des fourrages participent à garantir les performances du troupeau laitier et…

En présence d’Emmanuel Ferrand, conseiller régional, délégué au fonds Feader, Ludivine et Pierre Lot ont présenté leur exploitation agricole.
Garantir des prêts à l'installation en agriculture, c'est possible en Auvergne-Rhône-Alpes

Ludivine Lot s'est installée aux côtés de son conjoint, Pierre au Breuil dans l'Allier grâce notamment au fonds de garantie…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière