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Élevage bovin : Contractualisation et sécurisation vont de pair

Interbev Auvergne‑Rhône‑Alpes, en partenariat avec le Crédit Agricole, a réuni, mi-décembre à Saint‑Étienne l’ensemble des acteurs de la filière bovine lors d’une table ronde consacrée à un défi crucial : stopper la décapitalisation du cheptel et sécuriser la production régionale de viande bovine.

Les échanges ont notamment porté sur les leviers pour améliorer la contractualisation.
Les échanges ont notamment porté sur les leviers pour améliorer la contractualisation.
© Apasec

Pourquoi stopper la décapitalisation du cheptel et sécuriser la production régionale de viande bovine ?

Depuis dix ans, la région Auvergne-Rhône-Alpes a perdu 118 000 vaches. « Soit l’équivalent de tout le cheptel de vaches ligérien », a noté Romain Kjan, le directeur d’Interbev Aura, le vendredi 12 décembre lors d’une matinée d’échanges consacrée à la sécurisation de la filière, organisée par l’interprofession en partenariat avec le Crédit Agricole

Lire aussi : Interbev Auvergne Rhône-Alpes : enjeux de la décapitalisation du cheptel et impacts sur la filière bovine 

Comment s'explique ce phénomène ?

Ce phénomène s’explique notamment par : 

  • la chute des naissances,
  • les crises sanitaires à répétition : MHE, FCO et plus récemment DNC,
  • un marché européen instable. 

Conséquence : la production régionale peine à répondre à une consommation qui, elle, reste ferme. 

Romain Kjan insiste : 

« La souveraineté alimentaire n’est plus un slogan, c’est un enjeu opérationnel. »

Pour autant, rien n’est perdu. Béatrice Eon de Chezelles, du Crédit Agricole, a relevé une amélioration des risques bancaires : 

La filière entre dans une nouvelle phase où l’innovation financière et la sécurisation des revenus seront déterminantes.

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Sécuriser le revenu des éleveurs

Dans la salle, les témoignages des éleveurs ont fait écho à ce diagnostic. François Garrivier, éleveur ligérien, a rappelé que les prix actuels, pourtant élevés, « ne font que compenser trente ans de prix trop bas ». Il a appelé à une rémunération structurée, stable, inscrite dans la durée. Christophe Jardoux, éleveur de l’Allier, a, quant à lui, insisté sur l’urgence démographique : 

La moitié des éleveurs partiront à la retraite dans dix ans. Si rien n’est sécurisé, aucune reprise ne sera possible. 

Pour lui, visibilité économique, cohérence réglementaire et autonomie fourragère seront les clés d’un redémarrage durable. En effet, le renouvellement des générations est l’un des défis cruciaux de la filière viande régionale.

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Donner envie aux jeunes de s'installer en élevage

En effet, dans un contexte où la valeur du cheptel a fortement augmenté et où les investissements nécessaires pour s’installer – bâtiments, cheptel, foncier, autonomie fourragère – sont devenus considérables, de nombreux jeunes hésitent à franchir le pas. 

L’absence de visibilité économique, les contraintes réglementaires et le poids du financement constituent autant de freins majeurs

Pour les acteurs de la filière bovine, seuls la sécurisation des revenus, la contractualisation, la simplification, le soutien des partenaires financiers et la mise en place de modèles d’engraissement qui répartissent mieux les risques permettront de redonner confiance aux futurs éleveurs.

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Retrouver de la stabilité

Cette nécessité de stabilité s’est retrouvée au cœur des interventions des acteurs de la mise en marché et de l’aval, qui ont partagé leurs attentes et leurs engagements pour accompagner la production. Des engagements qui s’articulent autour de contrats fermes

Marie‑France Nigay, directrice production animale chez Sicarev, a rappelé ses besoins de volumes réguliers, contractualisés et non de flux soumis aux aléas du marché. Elle a insisté sur la nécessité de mécanismes protecteurs afin de sécuriser les engraisseurs dont les risques ont explosé ces derniers mois. 

En contrepartie, la coopérative s’engage à : 

  • fournir les animaux,
  • financer le cheptel,
  • assurer le suivi technique,
  • et garantir la reprise en fin d’engraissement. 

Du côté du Groupe Bigard, David Girardon, responsable des achats bovins vifs, a souligné que la filière doit retrouver une logique de long terme : 

« Sans contrats pluriannuels, il n’y aura pas d’engraissement en France ». 

Il a affirmé que le groupe Bigard a la volonté de stabiliser les prix grâce à des mécanismes transparents, adaptés à chaque catégorie animale. Il travaille également à structurer des filières par des dispositifs comme Opti’Pacte et Herbo’Pacte, qui intègrent des cahiers des charges et une valorisation des veaux croisés. 

Enfin, T’RhÉa, représentée par Pascal Nowak, chargé de mission de développement des territoires, a pour sa part rappelé l’importance de la sécurisation du stock. L’entreprise développe, notamment, des ateliers multi‑acteurs fonctionnant selon un principe de « taux d’occupation garanti ». En clair, T’Rhéa apporte les animaux et les intrants, l’éleveur son savoir‑faire. 

Tous les acteurs de la filière aujourd’hui se rejoignent donc sur la nécessité de construire ensemble une véritable dynamique régionale, reste à la concrétiser. C’est en substance ce qu’a rappelé David Chaize, trésorier d’Interbev Aura, dans sa conclusion : 

Nous avons les atouts : il nous reste à sécuriser, à investir et à donner envie aux jeunes de produire.

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