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Donner les moyens aux petits commerces de jouer dans la cour des grands

La chambre consulaire met à disposition de ses ressortissants frappés par des fermetures administratives, des outils leur permettant d’assurer un minimum d’activités, via Internet.

Bernard Villaret, président de la CCI, annonce un train de mesures pour franchir le cap numérique.
Bernard Villaret, président de la CCI, annonce un train de mesures pour franchir le cap numérique.
© r. S.-A.

D epuis le début de l’année, le commerce en ligne a tout simplement doublé. Les puissantes multinationales en sont les grands bénéficiaires. Un constat douloureux pour le président de la chambre de commerce et d’industrie du Cantal (CCI) qui n’a pas tardé à réagir pour aider les boutiques du département à jouer à armes égales. Car peu ont anticipé un deuxième confinement et/ou fermeture(1), en mettant à profit les quelques mois de répit pour développer un volet numérique. “L’idée est de maintenir à tout prix l’activité”, martèle Bernard Villaret. Alors, la chambre consulaire met immédiatement à disposition de tous les commerces du département des outils faciles à déployer, sans contrainte technique ni connaissance particulière, gratuits durant la période de crise et sans engagement futur.

“Click and collect”, avant l’achat sur rendez-vous

C’est ce qu’offre la plate-forme web “En bas de ma rue” (enbasdemarue.fr) qui ne se contente pas d’être une vitrine numérique, mais permet aussi, selon l’option choisie, de pratiquer soit le paiement sécurisé en ligne, soit le “click and collect” : on commande et on passe en boutique, sans entrer dans les rayons (qui restent fermés), récupérer sa commande. Le même principe que les “drive” des supermarchés. À Aurillac ou Murat, les premières boutiques, s’y sont lancées et proposent sur Internet des vêtements, de la maroquinerie, des bijoux, des tenues sportives, des articles de loisirs... Comme ses autres homologues de France, la CCI du Cantal a fait du lobbying auprès des pouvoirs publics pour que les commerces puissent bénéficier de ce “click and collect” plutôt que de rester totalement fermés.
Une première victoire. “Et ce n’est qu’un premier pas ; nous avons une clause de revoyure lors de laquelle nous réclamerons l’ouverture possible des commerces sur rendez-vous”, annonce le président Villaret. En attendant, un autre outil numérique est à disposition des commerçants cantaliens : une application de géolocalisation. Il s’agit cette fois de connaître quels points de vente sont ouverts, quels sont ceux qui assurent des livraisons.

Géolocalisés

Ce dispositif est financé par le gouvernement dans le cadre du plan France Relance. Comme pour l’ensemble des adaptations nécessaires au maintien d’un minimum d’activités, des techniciens de la CCI se tiennent à disposition des commerçants. Cette cellule de veille prend même les devants, en s’inscrivant dans une campagne de relance par téléphone : 300 ressortissants du département vont être contactés. Il leur sera notamment précisé que le chiffre d’affaires obtenu grâce au “click and collect” n’est pas pris en compte dans le calcul des aides gouvernementales auxquelles ils peuvent prétendre.    
Enfin, la CCI du Cantal prépare deux opérations de soutien à la consommation locale. Dans les tout prochains jours, va s’ouvrir une opération spéciale Noël et une autre action est prévue ultérieurement pour apporter un soutien appuyé au secteur de la brasserie, hôtellerie et restauration, particulièrement touché par les mesures imposées par la crise sanitaire.    

(1) Concernant les produits dits “non essentiels”, comme les vêtements, le maquillage, les livres, les jouets, la décoration, etc.

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