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Deux jeunes agriculteurs au congrès national des JA

Romain Boulat, de Cézens, et Christophe Monteil, de Saint-Projet-de-Salers, ont participé en juin dernier au congrès des Jeunes agriculteurs. Ils témoignent.

Difficile pour eux de savoir par quel bout commencer tant ils ont de choses à dire. Romain Boulat de Cézens, et Christophe Monteil de Saint-Projet de Salers ont assisté pour la première fois, du 14 au 16 juin dernier, au congrès national des Jeunes agriculteurs, à Bourg-en-Bresse. "Il y avait des agriculteurs venus de toute la France. Et ces rencontres nous ont permis d´échanger avec ceux qui ont des productions très différentes des nôtres, comme avec ce cultivateur de bananes guyanais", commencent à expliquer les deux jeunes Cantaliens. "Et pourtant, ils partagent avec nous des problématiques communes, comme les réformes des politiques agricoles en cours qui suscitent les mêmes inquiétudes partout"...

Quand la ville s´impose

Pour revenir à la métropole, d´autres inquiétudes partagées tant par les céréaliers que les éleveurs, les vignerons ou les maraîchers ont été évoquées lors de ce congrès. "Nous avons notamment débattu de la problématique de la ville et de sa progression sur la campagne", révèle Christophe qui n´hésite pas à parler de concurrence entre l´urbanisme et les terres agricoles. A cette rivalité foncière s´ajoute un phénomène que les jeunes agriculteurs commencent à constater dans le Cantal : les difficultés de cohabitation entre certains néo-ruraux et l´activité agricole. "Des gens s´installent à la campagne sans intégrer l´activité économique. Il arrive qu´ils se plaignent de choses aussi banales que le bruit du tracteur ou des cloches des vaches", résume Romain.

"Apprendre à mieux se connaître"

"Avec nos structures qui réclament beaucoup de présence, nous avons moins le temps que des vacanciers ou retraités de s´impliquer dans des démarches dont ils sortent souvent vainqueurs", ajoute Christophe. "Si on ne fait rien, nous devrons nous plier à toutes leurs exigences, même les plus aberrantes"... Les JA savent combien il est important pour un département comme le Cantal d´attirer des populations nouvelles. "Nous ne cherchons évidemment pas à freiner cet élan, il suffit simplement de comprendre le milieu dans lequel on vit, apprendre à mieux se connaître. Si on vit en bonne intelligence, nous sommes prêts à faire des efforts", assurent-ils en faisant référence au rapport d´orientation des JA du Cantal. Romain tient également à témoigner des difficultés liées à l´installation, mises en exergue lors du congrès. "On fait des études de plus en plus poussées pour s´adapter au mieux aux évolutions de la Pac. Et malgré tout, le nombre de DJA diminue", constate-t-il.

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