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Des vautours tuent et dépècent une vache

Une centaine de vautours se nourrit sur la carcasse d’une vache après l’avoir tuée, sur l’exploitation laitière de Pauline et Renaud Hugony sur la commune de Saugues (43).

Les vautours en plein festin...
Les vautours en plein festin...
© © Pauline Hugony

Stupeur, incompréhension, inquiétude, colère… Renaud et Pauline Hugony, éleveurs de vaches laitières à Villeret sur la commune de Saugues, sont encore sous le choc ce jeudi 4 juin au matin, en regardant la carcasse d’une de leur vache servir de festin à une cinquantaine de vautours restés sur place depuis 3 jours. Et le défilé des curieux -quelque 250 personnes sur 2 jours- venus pour voir les vautours et faire des photos, ne fait qu’exacerber le malaise qui entoure ce fait divers pour le moins inhabituel.

C’est lundi matin, qu’aux alentours de 11h, l’éleveur a repéré 7 oiseaux posés près d’une vache couchée dans le pré qui jouxte la maison d’habitation et l’exploitation. «Je suis allé voir… c’était des vautours qui bouffaient une vache que j’avais vu aller boire au bac vers 9h30 alors que j’apportais justement de l’eau avec la tonne. Elle boitait certes, mais elle était bien vivante moins de 2 heures plus tôt» relate Renaud Hugony. Il ne comprend pas, persuadé que ces rapaces étaient des charognards. Et de plus, il n’en avait jamais vu sur le secteur, sauf une fois un vol d’une vingtaine d’individus vers St Alban en Lozère à une vingtaine de kilomètres de Saugues. Si, il se rappelle aussi de vautours vus sur La Besseyre St Mary il y a 2 ans.

Et le choc vient aussi du nombre d’oiseaux vus sur place. «Lundi matin, il y en avait 7, le soir je n’ai pas compté, mais mardi matin, il y en avait 17 et le soir plus de 70 (un gendarme a compté). Mercredi matin, alors que la carcasse était toujours là, ils étaient plus d’une centaine» explique le jeune agriculteur. Les vautours dorment sur place haut perchés sur les sapins à proximité de la charogne, qui devrait être récupérée par les services de l’équarrissage prochainement.

Des questions… mais peu de réponses

C’est une première, disent les éleveurs et ce de par divers aspects : attaque sur un animal vivant, nombre de rapaces en présence, secteur pas reconnu pour accueillir des vautours… Ce fait divers pose alors de très nombreuses questions, auxquelles, les autorités venues sur place pour constater, n’ont pas pu, su ou voulu donner de réponses. La gendarmerie, l’Office français de la Biodiversité (1), la Direction départementale des territoires… tous ont été avertis, contactés par les agriculteurs du Gaec des Pruneloux ou par le syndicalisme FDSEA-JA. Et à chacun les mêmes questions ont été posées. D’où viennent ces vautours dont un certain nombre sont bagués, identifiés ? Comment se fait-il qu’un charognard s’attaque à une vache bien vivante ? Ces rapaces sont-ils susceptibles de s’installer durablement sur le secteur ? Et si oui, qu’en sera-t-il de la sérénité des éleveurs et de leurs troupeaux ? Si c’est la faim qui explique cette attaque, peut-on envisager de créer un charnier au lieu de payer un service d’équarrissage ? On sait qu’à quelque 150 km de la Margeride, dans les Gorges de la Jonte, un programme de réintroduction du vautour est en place depuis de lon-gues années. Ces populations ont-elles été régulées et maîtrisées ?

Bref, à ce jour, les éleveurs restent avec leurs interrogations et leurs inquiétudes, avec la perte d’une vache et son veau puisqu’elle était gestante, sans possibilité d’indemnisation car il n’existe pas de plan de protection contre le vautour et que les assurances ne prennent pas en charge ce type de perte. Mais l’affaire n’est pas classée. De nombreux jeunes agriculteurs du secteur accompagnés par Joris Coston le président du CCJA local, Laurine Rousset présidente des JA43 et Guillaume Avinain Secrétaire général, ainsi que d’autres membres du bureau, et Noël Eymard délégué cantonal FDSEA, étaient sur place auprès de Renaud et Pauline Hugony pour leur apporter le soutien de la profession.

Depuis le 1er janvier 2020 avec la loi n°2019-773 du 24 juillet 2019, l'Agence française pour la biodiversité et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage sont regroupés au sein du nouvel Office français de la Biodiversité, sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

 

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