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Des solutions pour aider les personnes handicapées dans leur travail à la ferme

Adrien a aménagé son exploitation, bénéficiant de 40 % de subventions pour l'achat de matériels nécessaire à la poursuite de son activité avec son handicap. Témoignage…

Installés dans les années 1990 sur une exploitation laitière en location en zone de petite montagne, Hestia van der Meer et Adrien Kuijer, venus de Hollande, peinent à produire leur quota de 208 000 litres de lait. Ils possèdent un troupeau de 35 vaches laitières. Depuis 2000, Adrien souffre du dos alors qu’il assume, dans des conditions difficiles, la majeure partie des tâches liées à la production : curage et paillage, distribution manuelle du fourrage, balayage à la main du couloir d’alimentation dans l’étable, nettoyage de la ferme, portage des appareils de traite, conduite du tracteur. En 2003, une hernie discale est diagnostiquée. Outre la souffrance physique au quotidien, planent de sérieuses interrogations sur son avenir professionnel, sur les conditions d’exercice du métier jusqu’à la retraite.

Étude ergonomique

Adrien est âgé de 50 ans et ne s’imagine pas exercer un autre métier qu’agriculteur. Il apprend par l’animateur d’une association collective à la gestion de l’Ain qu’il existe des aides pour l’aménagement de son poste du travail. Ces aides s’adressent aux travailleurs handicapés. Immédiatement, Hestia, engage des démarches. Adrien obtient la reconnaissance par la Cotorep (Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel) du statut de travailleur handicapé catégorie B ouvrant droit à la réalisation d’une étude ergonomique et à d’éventuelles aides pour permettre le maintien à l’emploi : “Être qualifié d’handicapé ne fait pas forcément plaisir, mais je suis soulagé de pouvoir continuer à travailler dans mon exploitation”. Les restrictions médicales sont nombreuses : limitation des déplacements à pied (300 mètres environ), limitation des positions accroupies et assises répétées, du transport de charges de plus de 15 kg. Une ergonome se déplace sur l’exploitation pour observer Adrien dans son travail.

Conception

Elle avance des solutions : chien de troupeau, acquisition de matériels, siège pneumatique adapté au tracteur, pailleuse automatique, quad avec rabot à lisier, balayeuse, mélangeuse pour distribuer les aliments et aménagement de bâtiments, installation d’une nouvelle salle de traite. “J’ai fait la conception de cette salle avec mon fils. La traite se fait maintenant debout, parfois sur des tabourets”, dit-il. Le montant des investissements est lourd. Il se monte à 170 000 euros dont 63 000 e TTC de matériel. Les subventions de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) s’élèvent autour de 40 % : le siège pneumatique est subventionné à 100 %, l’équipement de la salle de traite à 30 %. “Grâce aux subventions de mon poste de travail, j’ai pu poursuivre mon activité. Sans ces aides, j’aurais tout arrêté”, conclut Adrien.

* Du 6 au 12 octobre opération nationale des handicapés physiques par l’APF association des paralysés de France

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