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Des solutions existent malgré un contexte laitier difficile

Améliorer l´efficacité économique et l´organisation du travail sur les exploitations : tel est le thème d´une série de réunions organisées dans le Cantal. La première avait lieu lundi 12 décembre à Condat.

Une production laitière excédentaire en Europe et en Océanie, une sous-consommation en Asie du Sud-Est. ¿ l´aide d´un planisphère, David Noyer, directeur de la FDSEA du Cantal, a évoqué le contexte planétaire avant de présenter les incidences de la réforme de la Politique agricole commune et d´un possible accord à l´Organisation mondiale du commerce sur la régulation du marché laitier européen. Sur cette base, il annonce une baisse de 25 % sur le prix du beurre et de 15 % pour la poudre de lait. Ses propos ont servi d´introduction à une première rencontre avec les producteurs laitiers organisée lundi 12 décembre à Condat par la FDSEA, la Chambre d´agriculture, le Centre de gestion agricole, le Contrôle laitier, l´Adasea et la FDGEA. Michel Lacoste a insisté de son côté sur la nécessaire adaptation des exploitations. En premier lieu, il a noté que les producteurs cantaliens doivent éviter la sous-réalisation des quotas ; moderniser leurs bâtiments ; optimiser leurs coûts de production et améliorer leurs conditions de travail.

Une marge de progression

¿ partir d´une étude menée sur 78 exploitations spécialisées lait du Cézallier et du Nord-Cantal, Tiphaine Combelle, du centre de gestion de Riom-ès-Montagnes, a constaté que les dix meilleures d´entre elles enregistrent un EBE (excédent brut d´exploitation) de 34 000 euros par UTH alors que, dans le même temps, la moyenne se situe à 18 000 euros. Elle en conclut donc qu´il existe une marge possible de progression pour bon nombre d´exploitations de ce secteur. Sur la base de chiffres de 2003 et d´éventuelles baisses de 10 et 20 % du prix du lait, Roger Bouchy, de la Chambre d´agriculture, a estimé l´impact des réformes de la Pac. D´après lui, l´aide directe laitière est en mesure de couvrir une baisse des cours de 10 à 12 %. Plusieurs cas de figure ont été envisagés sans qu´ils soient forcément associés à une perte de revenu. Un équilibre, voire une légère amélioration, serait même possible dans le cas d´une baisse qui n´excéderait pas 10 %.

Un impact sensible si le prix baisse de 20 %

En revanche, le technicien de la Chambre constate que si le prix du lait diminue de 20 %, la trésorerie de l´exploitation laitière le ressentira même si, dans tous les cas, une comptabilité au réel se révèle mieux adaptée pour atténuer les fluctuations. Il a, par ailleurs, cherché à savoir si la notion de découplage est susceptible d´inciter des exploitations actuellement en double troupeau à se spécialiser. Ses calculs lui font dire que, si la conjoncture reste favorable à la viande bovine, cette décision induirait, dans le pire des cas, une perte de 1 000 euros sur le revenu global de l´exploitation ; avec, en contrepartie, la possibilité de réinvestir la main d´oeuvre sur un autre atelier sans perte de revenu ou de s´assurer un gain en qualité de vie. En fonction des simulations réalisées et sur la base d´une baisse de 10 % du prix du lait, Roger Bouchy a indiqué qu´un revenu disponible 25 987 e, actuellement, est susceptible de se hisser à 36 070 euros sous réserve que l´exploitant de 50 hectares investisse dans l´amélioration des bâtiments et prenne 13 hectares de plus. L´effort financier peut s´envisager à hauteur de 4 785 euros par vache laitière. "Il y a des situations où le quota est trop petit pour se lancer", a précisé Roger Bouchy en indiquant que, s´ils acceptent de se contenter de revenus modestes, des agriculteurs arrivent à vivre avec un quota de 130 000 litres de lait.

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