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Des sages-femmes “qualifiées” et pas seulement comme “sages”

Les sages-femmes du centre hospitalier aurillacois sont en grève depuis la mi-octobre afin de faire valoir leurs spécificités et leur indépendance vis-à-vis des médecins.

Avant Jacques Mézard, les représentantes des sages-femmes ont été reçues en préfecture pour exprimer leurs revendications.
Avant Jacques Mézard, les représentantes des sages-femmes ont été reçues en préfecture pour exprimer leurs revendications.
© M.V.

C’est une couronne mortuaire qui accueille les patientes au pavillon gynécologie-maternité de l’hôpital Henri-Mondor d’Aurillac. Depuis des mois, le 16 octobre 2013 exactement, les 18 sages-femmes manifestent ainsi leur mécontentement suite à la présentation fin septembre de la future “stratégie nationale de santé” par Marisol Touraine. “Un projet dans lequel les sages-femmes ne sont même pas mentionnées !”, s’indigne Marie-Laure Caumels, du CH d’Aurillac. Si la mobilisation est de grande ampleur sur le plan national, elle n’en demeure pas moins méconnue des usagères puisque les sages-femmes doivent assurer leur garde et leur consultation... tout en soutenant la grève !

Se libérer du joug du médecin

Et pour la profession, pas question de lâcher puisque les revendications concernent aussi bien leur avenir que la prise en charge des patientes. “Ce que nous souhaiterions, c’est que les femmes soient informées que nous pouvons assurer un suivi gynécologique et de grossesse, qu’elles peuvent directement consulter une sage-femme sans passer par la case médecin.” Frottis, examen clinique comme mammographie, pose de stérilet, pilule, etc. ces prescriptions ne sont donc pas l’apanage des gynécologues, et ça, “peu de monde le sait”. Pourquoi l’information ne passe donc t-elle pas ? “Parce que le lobby des médecins est énorme ! Et pour ne rien arranger, nous sommes une profession féminine avec une patientèle féminine...” Le statut de la sage-femme est également un sujet épineux puisque jusqu’à présent, elles sont “rangées” dans la catégorie “para-médicale” et ce préfixe “para” change tout : “Nous n’arrivons pas à être reconnu comme une profession médicale à part entière alors que nous passons par la première année de médecine”, poursuit la jeune femme. “À Aurillac, on débute avec 1 500 €, échelon 1, avec un bac +5.” En salle d’accouchement, elles sont seules à gérer les futures mères, sauf en cas de problèmes qui nécessiteraient l’intervention du médecin. “S’il y a une épisiotomie à faire, on le fait. Par contre, l’acte que nous faisons est coté pour le médecin qui ne vient même pas ! Là où on nous reconnaît, c’est au tribunal : les sages-femmes sont toujours au premier plan en cas de problèmes...” Au sein de l’hôpital, “ça ne se passe pas trop mal, reconnaît la sage-femme. On arrive à parler de notre situation. Les médecins savent que nous ne sommes pas des folles- dingues, mais des filles sérieuses qui travaillent bien. Nous ne voulons pas le titre de docteur ou de médecin, simplement sortir de cette domination que l’on a avec le médecin. Ça fait des années que la profession attend, et s’il le faut, on finira par des actions en justice.”

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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