Aller au contenu principal

Des revenus “humiliants” pour des chefs d'entreprise

Le président de la FDSEA du Cantal réagit aux prévisions de revenus agricoles établies par la Commission des comptes de l'agriculture pour 2009.

Les revenus des éleveurs représentés par un graphique.
Les revenus des éleveurs représentés par un graphique.
© P.O.

Les années se suivent et, malheureusement, se ressemblent pour l'agriculture française et les éleveurs cantaliens. À tel point d'ailleurs qu'après le “grand plongeon” de 2008, difficile de trouver un superlatif pour qualifier en cette fin d'année la nouvelle chute des revenus agricoles en 2009 confirmée ce lundi par la Commission des comptes de l'agriculture. Selon ces experts, le revenu agricole par actif non salarié s'établirait ainsi, en termes réels, en recul de 34 %, ramenant le revenu moyen des fermes françaises au-dessous de son niveau du début des années 90. Et malgré une hausse de 1 % en volume de la production agricole, la valeur de celle-ci - y compris les subventions - se réduit de 7,9 %. Pour Patrick Escure, président de la FDSEA, ces prévisions ne sont en rien une surprise : “Les chiffres annoncés témoignent de l'ampleur de la catastrophe”, réagit-il. En production laitière, l'effondrement du prix du lait en 2009 se traduit par ce - 54 % sur les revenus des producteurs”. Quant aux + 17 % du secteur bovins viande, P. Escure les relativise, rappelant qu'ils font suite à deux années de baisse conséquente.

Défense des prix
“En l'espace de deux ans, le revenu de l'ensemble des producteurs cantaliens a été divisé par deux, enchaîne Patrick Escure. On est tombé à 6 000 euros annuels de revenu, soit 500 euros par mois. Personne ne peut imaginer que des chefs d'entreprise qui investissent des centaines de milliers d'euros dans leur entreprise et dans leur métier  puissent avoir des revenus aussi bas. C'est une situation totalement humiliante”. Humiliante et “inacceptable” selon lui, pour des familles agricoles qui “ont aujourd'hui les mêmes besoins que les au-tres foyers”. Pourtant, la profession n'est, pas encore, confrontée à des dépôts de bilan : “Les gens souf-frent, accumulent les pertes, font des prêts mais ne jettent pas l'éponge aussi vite”, explique P. Escure. Les prêts s'enchaînent effectivement au rythme de plans d'aides successifs, à l'image du plan Sarkozy. “Même si nous ne sommes pas globalement satisfaits de la teneur et du niveau de ce plan, nous demandons sa mise en œuvre de façon extrêmement urgente, milite le patron de la FDSEA. Il faut que tous les agriculteurs qui en ont besoin puissent y émarger et que l'État honore ses promesses en termes de bonification”. Mais comme une majorité de paysans, il reste convaincu que le salut viendra d'ailleurs. “De la capacité qu'auront demain les producteurs à défendre le prix de leur produit”, répète le producteur de lait d'Arnac, qui espère que la Loi de modernisation agricole en préparation offrira cette possibilité “sans que cela nous mette en défaut par rapport au droit de la concurrence”, précise P. Escure. Mais pas question, dans le cadre de la contractualisation poussée par le gouvernement, d'envisager des négociations bilatérales entre le producteur et son entreprise, ni de se fondre dans des arbitrages et harmonisation nationaux. “Ce qui est important, c'est de pouvoir défendre le prix de nos produits collectivement et sur une base territoriale”, développe le président de la FDSEA.  Traduisez : arriver à un prix différencié compte tenu des spécificités locales. Une revendication qu'entend défendre le syndicat en 2010 avec autant de détermination, en particulier dans la production laitière. Sans perdre de vue non plus la plus-value revendiquée pour le lait transformé en AOP : “Les discussions vont reprendre pour augmenter la CVO en 2010. Notre objectif reste les 70 euros /1 000 litres”, plaide-t-il. Et même si en viande bovine, “le prix de la vache de réforme comme celui des taurillons sont désormais décidés par Bigard”, le président appelle les structures à travailler ensemble pour peser sur le prix. “Nous encourageons aussi toutes les démarches qui permettent de différencier nos débouchés de même que toutes les initiatives vers le Maghreb”, conclut-il avant de rappeler l'importance du combat parallèle sur les soutiens de la Pac après 2013.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Rédaction Réussir

Les plus lus

En 2010 et 2015, les éleveurs avaient déjà bloqué les sites du groupe Bigard.
Les éleveurs de viande bovine vont bloquer les abattoirs du groupe Bigard

Trop c'est trop. Face à la baisse continue des cours en viande bovine, les éleveurs ont décidé de passer à l'action. Ils…

Portrait Mickaël Clarissou : l’éleveur limousin qui sculpte l’avenir de son troupeau

Éleveur passionné au GAEC Clarissou situé à la Croix du Don près de Saint-Paul, Mickaël perpétue avec son frère Jérôme un…

fromages saint-nectaire
La filière AOP saint-nectaire progresse, mais l’idée d’une régulation des volumes reste d’actualité

Rejeté au printemps par les producteurs, le projet de maîtrise des volumes de l'AOP saint-nectaire reste indispensable pour…

Les cultures de maïs consommation et semence ont souffert davantage des fortes chaleurs que du manque d'eau avec une grosse problématique de fécondation.
La production de maïs semoulier en chute libre en Auvergne, Limagrain contraint aux importations

La filière maïs en Limagne est face à un défi historique. Pour Limagrain, 2026 s'annonce d'ores et déjà comme une année noire,…

Plus de 80 % des Cuma ont une activité récolte.
Agriculture : comment bénéficier du crédit d'impôt CUMA ?

Le dispositif s'adresse directement aux agriculteurs et agricultrices membres d'une CUMA. Le calcul se base sur le montant des…

Les démarches administratives et réglementaires autour des concours équins se renforcent.
Chevaux de trait : les concours 2026 changent de règles

Entre migration numérique, nouvelles règles sanitaires et formation de la relève, l’Association des Éleveurs de Chevaux de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière