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Des rencontres dans chaque canton pour donner la parole aux agriculteurs

Les candidats aux élections Chambre d'Agriculture de la liste FDSEA-JA partent à la rencontre des agriculteurs de tous les cantons. Le 4 janvier après-midi, c’était au tour du canton du Puy-Sud-Est.

Les candidats de la liste FDSEA-JA font le tour des cantons. Ici au Gaec des Cabarets à Coubon.
Les candidats de la liste FDSEA-JA font le tour des cantons. Ici au Gaec des Cabarets à Coubon.
© HLP

Depuis quelques jours, les candidats de la liste FDSEA-JA vont à la rencontre des agriculteurs en faisant le tour de tous les cantons du département. Nous avons participé à l’un de ces temps d’échanges le 4 janvier après-midi à Coubon, sur le Gaec des Cabarets.
Lors de ces rencontres, les agriculteurs ont la parole pour évoquer leur problématique et faire part de leurs interrogations.

Pac et versement des aides
À Coubon, le premier sujet mis sur la table fut celui de la PAC et du retard du versement des aides.
Sur ce sujet-là, la tête de liste Yannick Fialip a cité les améliorations obtenues lors des deux dernières négociations de la PAC (politique montagne, herbe, paiements redistributifs...) qui correspondent à l’arrivée de 25 millions d’€ supplémentaires en 10 ans dans notre département. C’est toutefois au niveau de la mise en oeuvre de la PAC que le bât blesse, du fait d’une «complexification du système, aggravé par une sur-administration». D’autre part, «les 22 PDRR (Programmes de développement rural régionaux) élaborés dans chacune des régions et comprenant eux-mêmes de nombreuses mesures, ont induit des retards de paiement des aides» a souligné Gilbert Guignand candidat.

Une véritable vendetta
Les échanges se sont ensuite orientés vers les attaques dont font régulièrement l’objet l’agriculture et le monde de l’élevage.
Les candidats de la liste FDSEA-JA parlent d’une véritable vendetta subie par la profession. «Un lundi sans viande et sans poisson» réclamé par un comité au niveau national, l’opération de communication de Greenpeace ciblée contre des soi-disant fermes-usines en Haute-Loire, des actions musclées contre des abattoirs... Pour contrer toutes ces attaques que personne ne condamne au sein du gouvernement, les candidats FDSEA-JA appellent à se serrer les coudes au sein de la Chambre d’agriculture et entendent conduire des actions de communication positive autour de l’agriculture. Maurice Imbert, FDSEA, insiste sur l’urgence d’agir  «car les nouvelles générations de consommateurs sont sensibles à toutes ces questions».
C’est ainsi qu’en réponse à l’hostilité ambiante, la FDSEA et les JA viennent de réaliser une courte vidéo pour montrer les réalités de trois métiers : éleveur, boucher et restaurateur. Ce film sera mis à disposition du public le 11 janvier.
Les agriculteurs de la liste FDSEA-JA suivent de très près les revendications émises par certains groupuscules nationaux en matière d’alimentation. Et pour eux, pas question d’expérimenter un repas vegan par semaine dans les cantines de nos écoles (comme évoqué dans la loi EGA) ni de faire intervenir L214 «Éducation» dans nos établissements scolaires. Les deux syndicats agricoles ont fait part de leur position ferme au Préfet de Haute-Loire. Et Anthony Fayolle d’ajouter :  «Nous ne sommes pas contre les protéines végétales. Nous devons accepter d’évoluer mais nous devons aussi pouvoir répondre aux attaques sans que l’on soit stigmatisé».

Produits agricoles : spirale de la baisse des prix
Les agriculteurs du secteur se sont montrés préoccupés par l’évolution des cours des produits agricoles, en particulier ceux de la viande bovine et du lait.
Cette thématique a conduit les candidats à évoquer la spirale de  baisse des prix dans laquelle se sont lancées les GMS ; «un schéma qui détruit de la valeur et de la production agricole» souligne Yannick Fialip. 
Mais, en la matière, tout espoir n’est pas perdu grâce aux États Généraux de l’Alimentation (EGA). Cette loi permet notamment d’encadrer les remises et les seuils de revente à perte pratiqués par la grande distribution ; un courant «moralisateur (sur les prix)» souffle donc sur notre société et la Grande Distribution... «Aujourd’hui, la question est de savoir comment recréer de la richesse à partir de production de base dont fait partie l’agriculture» indique Yannick Fialip.
Dans le domaine de la viande, les candidats FDSEA-JA ont salué le choix qui avait été fait il y a plusieurs décennies de conserver 3 abattoirs en Haute-Loire. «Un choix qui colle tout à fait à notre volonté de travailler sur des projets alimentaires territoriaux avec les élus au sein de la Chambre d’agriculture» ajoute le candidat.
Le prix du lait jugé trop bas conduit peu à peu les agriculteurs à se détourner de cette production. «Certaines communes perdent 1 million de litres de lait par an. Un jour ou l’autre, nos usines vont perdre beaucoup de lait ! Il faut que les entreprises le comprennent. L’entreprise Gérentes l’a compris, elle, en payant le lait de ses producteurs plus cher (+15 cts d’€ en moyenne) pour les conserver et ne pas se trouver dépendante des grands groupes laitiers» explique Gilbert Guignand.
Dans ce contexte, quel avenir pour les énergies renouvelables (ENR) de type méthanisation ou photovoltaïque ?  Pour la liste FDSEA-JA : «les agriculteurs ont un rôle à jouer dans la production d’ENR qui permet de compléter le revenu des exploitations.  Mais il faudra toutefois veiller à l’équilibre entre la production de denrées alimentaires et d’énergies».  
Les agriculteurs du secteur ont dénoncé l’empilement des dé-marches administratives (MAEC, filières OGM...). «C’est un mal français qui va être difficile à régler. Aucune autre profession ne fait face à autant de contraintes !» signale Yannick Fialip qui demande de façon récurrente aux Ministères de faire confiance aux agriculteurs.
Anthony Fayolle préconise quant à lui une harmonisation des démarches administratives et encourage les agriculteurs à ne pas les percevoir comme des contraintes mais plutôt comme des démarches de progrès.
Comme bien d’autres secteurs en Haute-Loire, ce canton a lui aussi été victime de la sécheresse estivale. Les professionnels ont profité de leur présence à Coubon pour présenter les différents dispositifs d’aides en place en Haute-Loire.

Prochaines réunions de terrain

Jeudi 10 janvier
• Canton de Lavoute Chilhac : 10 h au GAEC des Rives (Boudon Danielle, Emilien et Camille) – Belmont – 43380 St Privat du Dragon
• Canton de Paulhaguet : 14 h au GAEC Befira (Brugeyroux Pauline et Besson Eliane) – Bannat – 43230 Couteuges.
Lundi 14 janvier

• Canton d’Auzon : 10 h au GAEC Vizade (Gévaudant Pascal et François) – Sarniaguet – Agnat.
• Canton de Blesle : 14 h au GAEC St Clair (Mrs Chaput) – Le Bourg – Lorlanges.
Mardi 15 janvier
• Canton de Langeac 10 h chez Delair Philippe – Farges – Siaugues Ste Marie.
• Canton de Pinols : 14 h au GAEC Barette (Brustel Didier, Mireille et Laurent) – Lesbinières – Desges.
Mercredi 16 janvier
• 10h : meeting avec Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et Jérémy Decerle, président JA national.
Rendez-vous à la salle polyvalente de St Christophe sur Dolaizon.
Jeudi 17 janvier
• Canton de Montfaucon : 10 h au GAEC du Chataignier (Bernon Hubert et Clément) – Le Chataignier –  Riotord.
• Canton de St Didier en Velay : 14 h au GAEC de la Gampille (Royon Jean-Louis, Sandrine et Philippe) – Le Fau – St Just Malmont.
Vendredi 18 janvier
• Canton de Saugues : Matinée au marché de Saugues et 14 h au GAEC du Terroir (Guy Lionel et Marie-Christine) – Le Cheylot – 43170 Thoras.

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