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FDSEA
Des prix “à tout prix” pour l’élevage cantalien

Joël Piganiol, secrétaire général de la FDSEA et élu consulaire, revient sur les dossiers structurants du mandat, en amont du congrès du syndicat qui lancera sa campagne aux élections Chambre.

Éleveur de limousines sur Sénezergues, Joël Piganiol est secrétaire général de la FDSEA et élu à la Chambre d’agriculture.
Éleveur de limousines sur Sénezergues, Joël Piganiol est secrétaire général de la FDSEA et élu à la Chambre d’agriculture.
© PO

Vous placez votre assemblée générale sous le leitmotiv du prix des produits agricoles. Est-ce toujours un objectif réaliste ou un vœu pieux de David contre Goliath, comme semble le démontrer la filière laitière ?

Joël Piganiol, secrétaire général de la FDSEA : “Ce que nous révèle le contexte de l’année 2012, c’est que dans les filières où on a pu aller chercher ces prix, on a pu préserver le revenu des agriculteurs. Même si c’est vrai que cette capacité à générer des marges est aujourd’hui freinée en grande partie par le poids des charges des exploitations. On reste plus que jamais convaincu que pour maintenir un acte de production en élevage, il faudra aller chercher ces prix valorisateurs. C’est la seule façon de donner des perspectives à notre agriculture.”

 

Justement quel état des lieux dressez-vous des filières agricoles cantaliennes ?

J. P. : “En production bovins viande, on perçoit aujourd’hui clairement que l’accès aux marchés des pays tiers (NDLR : hors Union européenne) a libéré des places et créé l’inflation nécessaire sur le prix des bovins, toutes catégories confondues. Mais il faudra encore consolider cet axe puisqu’on constate que la moindre fragilité est exploitée par les opérateurs qui n’hésitent jamais à mettre une pression baissière sur les cours.  Concernant la filière laitière, c’est encore plus criant : on a un vrai décalage entre l’ambition des producteurs et le manque de perspectives des entreprises qui, pour s’être cantonnées à un marché intérieur, français et européen, se retrouvent dans l’incapacité de générer cette plus-value sur les marchés export.”

L’aval de la filière, comme Bruxelles, renvoie souvent les producteurs à des efforts de compétitivité. Une façon de botter en touche ?

J. P. : “Les agriculteurs, y compris dans nos zones à handicaps naturels, ont fait d’importants efforts de maîtrise des charges, de compétitivité. Mais l’inflation du coût des intrants est telle que ces gains sont en grande partie gommés et les éleveurs sont aujourd’hui dépourvus de solutions.”

 

Fonds céréaliers-éleveurs : “prudence”

 

L’horizon pourrait s’éclaircir avec le fonds de modernisation céréaliers-éleveurs lancé par vos collègues des grandes cultures.

J. P . : “Cette proposition a certes le mérite de rassembler l’ensemble des acteurs autour de la table et de la complémentarité entre les secteurs des cultures et de l’élevage. Mais nous restons très prudents sur ce dossier et l’aboutissement concret de ce fonds structurel, en particulier au regard du montant dont il serait doté (100 millions d’euros maximum, NDLR) et en parallèle, des besoins de modernisation et développement des systèmes d’élevage qui sont immenses.”

On vous sent ces derniers temps particulièrement offensifs sur le front de l’environnement. Faut-il y voir une réaction à des conflits plus nombreux sur le terrain ?

J. P. :  “Pas forcément, mais ce qui est sûr, c’est qu’on assiste à un décalage de plus en plus important entre les conséquences des réglementations en la matière et les pratiques des élevages. C’est pourquoi on se doit de réagir et d’anticiper par rapport à ces exigences qui pourraient un jour remettre en cause nos systèmes d’élevage. C’est paradoxal alors même que Bruxelles, le gouvernement, etc., mettent en avant une agriculture raisonnée. Un exemple : l’application des nouvelles normes Nitrates qui aurait plutôt tendance à favoriser les systèmes laitiers hors sol aux détriments des systèmes herbagers. Ce qui pose problème c’est le fait que le territoire national dans son ensemble est traité de la même manière avec des normes qui effacent les vertus de nos systèmes. C’est aberrant ! D’autant plus que, là encore, on fait beaucoup d’efforts dans la conduite de nos élevages pour diminuer la part des intrants, en se formant, par des accompagnements techniques… On se doit de valoriser ces efforts. D’ailleurs les enquêtes montrent que l’opinion publique est plutôt favorable à l’élevage, cela dit il faut toujours rester vigilant pour ne pas se couper de nos concitoyens, à travers les outils existants pour la promotion du métier et des produits issus de nos exploitations.”

 

À deux mois des élections à la Chambre d’agriculture, dans quel état d’esprit abordez- vous cette échéance ?

J. P. : “On a bossé, on a été présent tous les jours sur l’ensemble des dossiers. Dans les moments plus difficiles, comme lors des sécheresses, des invasions de rats taupiers, etc., on s’est encore plus mobilisés. Aujourd’hui on peut faire valoir qu’on a fait aboutir un certain nombre de nos projets inscrits il y a six ans dans notre programme : le plan de modernisation des élevages avec près de 900 projets bâtiments réalisés sur ces six années, une contractualisation plus équilibrée entre entreprises et producteurs, avec le soutien apporté aux producteurs Lactalis… Nous sommes donc confiants, sinon on ne ferait pas de syndicalisme. Il y a des perspectives pour notre agriculture, il faut savoir les saisir, s’en emparer collectivement.”

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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