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Races rustiques du Massif central
Des milliers de bovins exportés vers la Russie

Depuis quatre ans, le Massif central entretient des relations privilégiées avec la Russie, à qui il fournit les animaux nécessaires à la reconstitution de son cheptel allaitant. Les besoins sont immenses, ainsi que l´a confirmé une délégation de responsables politiques et économiques russes en visite dans le Cantal en fin de semaine dernière.

© AA
Créée en 1998 par quatre opérateurs de la filière bovine du Massif central, la société Massif central Elevage est spécialisée dans l´exportation de bovins vers la Russie, qui tente de reconstituer son cheptel allaitant. Ainsi, depuis quatre ans, 2 450 jeunes reproducteurs des races salers, aubrac, charolaise et limousine ont été exportés avec succès vers la Russie.Une quinzaine de responsables politiques et économiques de la région de Tumen (située à l´est de la Russie, en Sibérie-Occidentale) ont fait la semaine dernière plus de 6 500 kilomètres pour venir voir dans le Cantal et l´Aveyron les élevages dont leurs animaux sont issus.Des besoins immenses, un marché aléatoire"Les besoins sont immenses, il n´y a plus de viande aujourd´hui en Russie", souligne Robert Delpérié, directeur de Massif central élevage. "Il y a là-bas deux fois moins de bovins allaitants que chez nous, alors que la population est trois fois plus importante", dit-il, expliquant que les agriculteurs ont délaissé l´élevage pour la production de céréales.Si le marché semble porteur, les échanges entre les deux pays restent soumis aux aléas de la géopolique. Les crises de la fièvre aphteuse, de la vache folle ou la faillite du système bancaire russe ont ainsi réduit Massif central élevage à l´inactivité durant de longs mois. "De 1998 à 2001, les frontières russes étaient totalement fermées. Elles se sont rouvertes en septembre 2001", explique Robert Delpérié. "Maintenant, nous ne faisons plus rien depuis un mois, l´Union européenne ayant supprimé, provisoirement nous l´espérons, les restitutions à l´exportation vers ce pays", remarque-t-il. Ces restitutions représentent en effet 1 400 F par tête et, sans elles, le commerce s´interrompt.Des fermes de plus de 10 000 hectaresLe dernier convoi, composé de plus de 330 têtes, a embarqué il y a quelques semaines à villefranche-de-Rouergue, la plate-forme d´expédition sur laquelle les animaux subissent une quarantaine de 21 jours avant le grand voyage."Nos races rustiques s´adaptent parfaitement à la région", témoigne Samuel Kouba, qui sert d´intermédiaire entre le Massif central et la Russie. "Là-bas, les plus petites fermes font entre 10 000 et 15 000 hectares. Ce sont en fait d´anciens kolkhozes privatisés et partagés entre plusieurs centaines de propriétaires qui élisent un directeur", explique l´exportateur. On y trouve des troupeaux laitiers de 300 à 1?500 têtes, et quelques troupeaux allaitants de 150 à 300 têtes."Pour autant, il y a beaucoup de terres disponibles. D´ailleurs, le ministre de l´Agriculture du Tumen a dit hier au président de la région Midi-Pyrénées qu´il était prêt à accueillir des Français qui voudraient s´installer là-bas et à leur attribuer des terres gratuitement", raconte Samuel Kouba. Avis aux amateurs !Pour plus d´informations, consultez L´Union agricole et rurale du 5 mars 2003.

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