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Des hivers doux qui favorisent le frelon asiatique

Si le changement climatique a un très fort impact sur la filière apicole, d’autres dangers la guette, dont le frelon asiatique.
 

Des abeilles à l'entrée de leurs ruches
© Xavier Lejeune – EC

Le frelon asiatique, ou Vespa Velutina, a été introduit en France en 2004 en Aquitaine. En Rhône-Alpes, il a été observé pour la première fois en 2011 dans l’Ardèche. En 2012, un réseau de surveillance a été mis en place dans ce département puis étendu à toute la région en 2013. L’Ardèche et la Drôme sont les départements les plus touchés de la région. Depuis 2016, la population de ce frelon explose, sa croissance est exponentielle. En 2018, le climat s’est révélé très favorable à la fondation et au développement de colonies de frelons asiatiques. Les signalements ont fortement augmenté par rapport à 2017 en Rhône-Alpes : 1 360 nids de frelons ont été trouvés contre 414 en 2017, soit plus du triple, dont 830 en Ardèche et 393 en Drôme (121 en 2017). Dans les départements moins impactés en 2017 - le Rhône, la Loire, l’Isère et l’Ain - le nombre de nids repérés a aussi augmenté. Et la présence du frelon asiatique a été constatée en Savoie pour la première fois l’an passé. En Auvergne (où la mise en place du réseau de surveillance a débuté en 2017), le frelon asiatique est présent dans le Cantal depuis 2007 ainsi que l’Allier et le Puy-de-Dôme depuis 2011. En 2018, ont été signalés 476 nids. Depuis 20 ans, il a colonisé peu à peu toute la France, sans distinction. Et les chiffres des dégâts qu’il peut causer sur une colonie sont impressionnants : sur un nid, 11 kilos d’insectes peuvent être prélevés par le frelon asiatique pour se nourrir. Selon l’Inrae, à terme, « si on ne fait rien, 30 % du cheptel apicole est condamné ». Ce prédateur est par ailleurs responsable de 20 % des mortalités dans une ruche. En Lozère, par exemple, s’il s’est d’abord situé principalement dans les Cévennes, il a désormais agrandi son territoire pour coloniser de nouveaux espaces. À Mende, comme ailleurs.
Alors que la saison apicole 2024 commence mal et que les colonies sortent affaiblies d’un printemps fort pluvieux, le frelon pourrait faire de nombreux dégâts. Les campagnes de piégeage, cependant, continuent, et les pièges eux-mêmes s’affinent au fur et à mesure que la connaissance du frelon asiatique grandit.

Des campagnes de piégeages importantes
« Pour être efficace, rappelle le GDSA Lozère, le piégeage doit être ciblé sur la période du 15 février à fin mai et être le plus sélectif possible », entre autres. Si au printemps 2024, la mauvaise météo a pu aussi ralentir son développement, elle ne l’a certainement pas arrêté. Et pour augmenter encore ses chances, « les pièges doivent être positionnés à proximité des ruchers, les appâts renouvelés régulièrement, et les campagnes doivent être coordonnées avec les voisins ». « Il est aussi important de surveiller les ruches vides pour éviter que les importuns ne s’y installent.

Des mesures nationales
Si les débuts de la bataille contre le frelon asiatique ont démarré en ordre dispersé, les élus nationaux se sont enfin emparés du sujet. À la suite de la conférence de presse, organisée avec l’UNAF à l’Assemblée nationale le 13 février avec les députés, et du vote à l’unanimité du Sénat sur la proposition de loi sur le frelon asiatique, celle-ci a été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et sera étudiée en commission le 14 juin, puis en séance le 20 juin. L’Unaf a adressé un courrier au « comité des élus pour la défense des abeilles » ainsi qu’à tous les autres députés en leur « demandant de soutenir et voter ce texte comme l’a fait le Sénat, et si possible à l’unanimité ». Avec le retour des beaux jours, le frelon devrait être beaucoup plus présent devant les ruches pour se nourrir.
 

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