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Haies
Des haies pour protéger les cultures des vents dominants

À Espalem, le Gaec de la Méridienne a récemment implanté 500 mètres linéaires de haie aux espèces diversifiées. Témoignage.

Haie pour protéger des vents.
Une haie pour protéger les cultures des vents dominants froids ou chauds selon les saisons.
© DR

Au Gaec de la Méridienne, les associés, Yannick Fialip et son épouse Séverine, connaissent bien les multiples intérêts des haies. En 1992, lors d'une opération de remembrement, des haies avaient été installées sur des prairies dans le cadre de travaux financés. Depuis quelques années, l'exploitation de 125 ha (80 ha d'herbe et 45 ha de cultures) orientée en lait et ovins viande a choisi d'installer de nouvelles haies, cette fois-ci sur des parcelles de cultures de maïs et de céréales.
Pour ces associés, le principal but recherché est de protéger les cultures contre les vents dominants au printemps comme en été. "En février 2020, nous avons planté 500 mètres linéaires de haie en bordure d'une parcelle de cultures sur les conseils de la Mission Haies Auvergne. La haie se compose d'espèces diversifiées (pruniers, poiriers, aubépines, noisetiers...) de tailles différentes en vue d'obtenir une haie dense" explique Yannick Fialip.
Orientée nord-ouest, cette haie permet de protéger les cultures des vents froids de printemps qui retardent la pousse des cultures et augmentent les risques de gel. En période chaude, la haie fait barrière aux vents chauds qui ont un effet asséchant sur les cultures. Sur le Gaec de la Méridienne, les haies sont également garantes d'une bonne irrigation. "Depuis quelques années, je constate la présence de plus en plus fréquente de vent la nuit, ce qui réduit l'efficacité de l'irrigation ; or, c'est justement la nuit que nous irriguons ! En diminuant la force du vent, la haie permet une meilleure couverture de la parcelle par l'irrigation".
Yannick Fialip a implanté lui-même les 500 plants de sa haie. "Après un travail du sol en profondeur à l'aide d'un rotavator, les plants ont été installés avec un mélange d'eau vaseuse et d'humus pour favoriser l'adaptation des racines au sol. Les arbustes ont ensuite été paillés pour éviter le développement des mauvaise herbes". 
Cette haie jeune nécessite un peu d'entretien de la part des agriculteurs, qui se limite à l'entretien du paillis et à un nettoyage autour des plants. Le principal souci auquel se confronte le Gaec, c'est le gibier et plus particulièrement les cervidés qui arrivent à consommer les jeunes pousses de la haie malgré l'installation d'un fil de clôture.

Des aides à l'implantation de haies

L'implantation d'une haie a un coût (1,50€ le plant acheté et 1,50€/plant implanté pour ce Gaec) mais il faut savoir qu'il est possible d'obtenir des aides spécifiques à l'implantation de haies.
Le Gaec de la Méridienne a par exemple bénéficié d'un financement du Sigal (Syndicat Interdépartemental de Gestion de l’Alagnon et de ses affluents) dans le cadre du contrat de rivière de l'Alagnon ; "une aide qui a permis de financer l'achat des plants. Les agriculteurs ne doivent donc pas hésiter à se renseigner sur les contrats territoriaux en place sur leur secteur. Il existe aussi des financements dans le cadre du plan de relance" indique Yannick Fialip qui insiste sur l'intérêt économique des haies (en protégeant les cultures) mais aussi sur leur impact positif sur la biodiversité et l'amélioration du plan carbone de l'exploitation agricole.
La haie ayant été installée en février 2020, les associés commenceront à sentir ses effets favorables d'ici 4 ou 5 ans et devront penser à la tailler dans environ 10 ans. D'ici là, le Gaec de la Méridienne aura très certainement accueilli de nouvelles haies sur ses terres.

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