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Des exploitants agricoles de plus en plus âgés

Entre 2010 et 2020, la France a perdu 18 % de ses exploitants agricoles. L'hémorragie va se poursuivre puisque un quart des exploitations agricoles étaient dirigées au moins par un exploitant âgé de plus de 60 ans en 2020.

© Stéphane LEITENBERGER

En 2020, 496 365 chefs et coexploitants dirigeaient une exploitation agricole en France métropolitaine, selon le dernier recensement agricole. Soit 18 % de moins que lors de la précédente édition en 2010. Parmi eux, un peu plus d'un quart étaient des femmes, une proportion quasi-identique à celle de 2010. Le nombre d'agriculteurs diminue dans toutes les tranches d'âge sauf entre 60 et 75 ans. En termes d'âge moyen peu d'évolution significative : les exploitants avaient en moyenne 51,4 ans en 2020, contre 50,2 ans dix ans plus tôt, soit un an de plus. Même si la part des moins de 40 ans se maintient autour de 20 %, celle des 60 ans et plus est passée de 20 % à 25 % entre les deux recensements.

55 ans et plus sur la moitié des exploitations
Les exploitants considérés comme « séniors » à partir de 55 ans qui sont déjà ou seront concernés par l'ouverture des droits à la retraite dans la décennie à venir, représentent désormais 43 % des effectifs, soit sept points de plus qu'en 2010. Ils sont particulièrement nombreux dans l'Ouest francilien, en Normandie et dans le Sud-Ouest ainsi qu'autour littoral méditerranéen. A contrario, la proportion d'exploitants âgés de 55 ans et plus est plus faible dans les Pays-de-la-Loire et en Bourgogne-Franche-Comté.
La moitié des exploitations recensées en 2020 en France métropolitaine étaient dirigées par au moins un exploitant âgé de 55 ans et plus. Cette proportion était plus élevée en cultures fruitières (55 %) et en grandes cultures (54 %). Elle était également plus importante que la moyenne dans les exploitations de viande bovine (52 %) et en viticulture (51 %). En revanche, elle était plus faible dans le maraîchage-horticulture ou dans les élevages de porcs et de volailles. Autre observation : les exploitations dirigées par un agriculteur « sénior » sont à 60 % des micros ou des petites exploitations, soit six points de plus que celles dirigées par des exploitants de moins de 40 ans. Ces exploitations à la tête desquelles se trouvent des « séniors » sont moins souvent conduites en agriculture biologique (9 % contre 19 %) et moins fréquemment impliquées dans la vente en circuit court (19 % contre 31 %).

Avenir incertain
Parmi les exploitations dirigées par des « séniors », se pose la question de leur devenir pour celles où travaille au moins un exploitant ayant déjà dépassé 60 ans. En 2020, elles représentaient un peu plus d'un quart des exploitations (104 000) et cultivaient 5,1 millions d'hectares. Dans ces fermes, un tiers des agriculteurs concernés ne savaient pas ce que va devenir leur ferme dans les trois prochaines années. Cette incertitude était particulièrement marquée dans les micro-exploitations et se réduisait au fur et à mesure que la taille économique augmentait. Un autre tiers n'envisageait pas pour l'instant leur départ, une tendance plus fréquente chez éleveurs ovins-caprins (40 %), les arboriculteurs (39 %) et les viticulteurs (38 %). Un quart seulement prévoyait une reprise de l'exploitation par un membre de la famille ou par un tiers. Cette part étant plus importante dans les unités de grande taille économique. Enfin peu d'agriculteurs prévoient une disparition de leur exploitation pour l'agrandissement d'autres fermes et encore moins pour un usage non agricole. Ce qui à terme pose la question du modèle traditionnellement familial des exploitations agricoles françaises.

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