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Des débouchés et des prix à la clé !

Malgré une vague de conversions en France en grandes cultures bio en 2015, les collecteurs et transformateurs bio d’Auvergne recherchent toujours à augmenter leurs approvisionnements en céréales.

Hervé Brun, céréalier bio en pleine Limagne, assure qu’il gagne mieux sa vie depuis son passage en culture bio.
Hervé Brun, céréalier bio en pleine Limagne, assure qu’il gagne mieux sa vie depuis son passage en culture bio.
© Chambre d’agriculture Auvergne-Rhône-Alpes

En 2015, on estime les besoins supplémentaires en céréales bio d’origine Auvergne à 9 500 tonnes (blé tendre, soja majoritairement mais aussi colza, tournesol…). Pour une meilleure qualité et traçabilité, les transformateurs de l’alimentation humaine comme les fabricants d’aliment recherchent avant tout des céréales bio de proximité. Une opportunité pour les producteurs d’Auvergne !

Portrait d’un agriculteur du Puy-de-Dôme qui a choisi la bio. Céréalier bio en pleine Limagne, associé en Gaec avec sa femme et converti depuis 2005, Hervé Brun nous raconte les étapes de sa conversion à l’agriculture biologique.

 

Quelles sont les caractéristiques de votre exploitation ?

«Quand je me suis installé en 1990, hors cadre familial, l’exploitation comptait à peine la SMI de l’époque (moins de 18 ha). Aujourd’hui, nous avons 127 hectares de grandes cultures. Je cultive selon les années, 9/10 espèces : du blé et du pois de semences, du petit et du grand épeautre, de l’orge de printemps, de la féverole, du maïs ensilage, du tournesol, des mélanges triticale - pois et de la luzerne.

Nous avons également un atelier de 500 poules pondeuses et de poulets de chair (3 000 volailles par an). Nous vendons ces productions en direct à des Amap et sur la ferme. Cette partie-là, c’est surtout mon épouse qui s’en occupe et nous n’arrivons pas à répondre à la demande !»

Pourquoi avez-vous choisi l’agriculture biologique ?

«J’ai toujours été très économe sur les intrants. Dans les années 2000, j’ai commencé à aller voir les parcelles de producteurs bio. Ce qui me faisait peur, ce n’était pas l’aspect technique ou le salissement des cultures mais plutôt l’économique. Quand j’ai commencé à avoir des allergies de peau sûrement dues aux produits phytosanitaires, la décision a été vite prise».

 

Qu’est-ce que le passage en bio a changé sur votre exploitation ?

«Tout ! Avant ma rotation était très simple : blé/maïs/tournesol. En bio, on est obligé d’avoir des rotations longues et donc de diversifier les cultures. Ma rotation fait 8-9 ans dont 3 ans de luzerne, indispensable pour apporter de l’azote dans le sol. Finalement le passage au bio a été assez facile, j’ai réappris l’agronomie et redécouvert mon métier de paysan. Les 2-3 premières années sont les plus compliquées, le temps de caler son système. Par la suite, avec une rotation qui tient la route, je n’ai pas de problèmes techniques particuliers. La baisse de rendement observé est de l’ordre de 20/30% pour les céréales par rapport à ce que je faisais en conventionnel ; pour les oléo protéagineux, mes rendements sont équivalents. Et puis, avec moins de charges sur les cultures et des prix plus élevés et moins fluctuants, économiquement, je ga-gne mieux ma vie en bio.»

 

Quelles perspectives selon vous pour les grandes cultures bio ?

«Je ne suis pas inquiet pour l’avenir, il y a de la demande en bio et de nouvelles cultures à tester (par exemple le soja). J’essaie constamment d’améliorer mon système. Je fais partie d’un groupe de producteurs bio animé par la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme. Pour nous, c’est important de pouvoir échanger sur nos pratiques.»

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