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Des bâtiments agricoles nouvelle génération

En lien direct avec la meilleure prise en compte du bien-être animal dans les élevages, les bâtiments agricoles évoluent. Une conférence leur était dédiée au Sommet de l’élevage.

De gauche à droite : Pauline Garcia, Mégane Klein et Jean-Vincent Bioret
De gauche à droite : Pauline Garcia, Mégane Klein et Jean-Vincent Bioret.
© Pascale Dumont

Pour les intervenants de la conférence sur les bâtiments agricoles du futur, le bâtiment de demain se situera au carrefour entre architecture, éthologie et agroéquipements. « Ce que l’on voit avec nos yeux d’humains, il faut l’oublier, explique Pauline Garcia, éthologue. En sachant cela, on peut améliorer les infrastructures ». 

Le bâtiment agricole du futur met donc l’animal au centre du projet. « Il faut prendre en compte ses caractéristiques physiques, son intelligence pour repenser les éléments du bâtiment en fonction de ça », résume Mégane Klein, architecte. Même son de cloche du côté des équipements. « L’animal sait ce dont il a besoin quand on lui laisse le choix », souligne Jean Vincent Bioret de la société du même nom. 

Récemment, celle-ci a d’ailleurs reçu un prix récompensant Grat’OGratte. Initialement destiné à limiter les chocs sur les angles de mur, ce bumper a été doté de picots pour que les animaux puissent se gratter. Bioret agriculture a également été récompensé par un Sommet d’Or pour un matelas climatisé. 

Alors, quelle physionomie pourrait concrètement avoir un bâtiment agricole à l’avenir ? 

Mégane Klein, qui porte un projet de chèvrerie dans l’Indre, apporte son éclairage. « D’une manière globale, nous avons travaillé sur plusieurs aspects : l’ombre et la lumière, la ventilation, la circulation, le choix des matériaux, les couleurs. Tout l’enjeu est de se mettre à la place de l’animal tout en conciliant ses besoins avec l’activité humaine. Il s’agit presque d’« effacer » le bâtiment pour l’animal mais attention on ne crée pas un zoo. » Le projet de chèvrerie imaginé par l’architecte et son équipe (dont Pauline Garcia) a remporté l’appel d’offres déposé par l’EPLEFPA de l’Indre. Si celui-ci est encore à l’état d’esquisse, son aspect est déjà bien avancé. 

Le bâtiment devra limiter les angles dans les espaces réservés aux chèvres, les animaux ne se déplaçant pas en angle droit. Mégane Klein s’est orientée vers une ventilation naturelle avec des panneaux à claire-voie permettant de protéger de la chaleur et d’isoler du froid. Plusieurs zones avec des températures différentes seront pensées selon l’âge des animaux.

Idem pour la lumière, modulée selon les zones et ceux qui les fréquentent, animaux ou humains. L’objectif est de rappeler l’environnement naturel et d’éviter les chocs lumineux selon les saisons. Une réflexion a été menée sur le choix des matériaux en fonction de leur texture (entretien, résistance, reflets), sur les couleurs (pour s’adapter à celles que les chèvres voient le mieux) et la circulation dans le bâtiment. 

L’équipe s’est enfin employée à limiter les ombres ou plutôt à les flouter en leur donnant un aspect naturel (arbres) afin de ne pas les confondre avec des obstacles. La chèvrerie doit aussi permettre aux animaux d’exprimer leur comportement naturel en proposant des enrichissements pour jouer, grimper, explorer. « Le projet se situe entre l’expérimentation et la standardisation afin de limiter les coûts. Il y a des choses faciles à mettre en place et pas forcément plus coûteuses, souligne Mégane Klein. Une des demandes de l’appel d’offres est également que ce projet puisse être facilement duplicable. »

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