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Démographie cantalienne : toujours plombée par le solde naturel...

Malgré une attractivité encore renforcée entre 2014 et 2020, le Cantal a continué à perdre des habitants sur cette période en raison d’une pyramide des âges nettement défavorable.

© UC

Chaque fin d’année, c’est le palmarès qui plombe le moral des élus cantaliens : celui issu des données des populations légales publiées par l’Insee. Celui diffusé le 29 décembre dernier pour le millésime 2020 de la population du Cantal (données en vigueur pour l’année 2022) n’échappe pas à la règle même s’il ne ferme pas complètement la porte aux motifs d’espoir. Enclenché dans les années 1820 (avec un léger rebond dans les années 1880), le déclin démographique du département se poursuit inexorablement depuis. Sur la dernière période étudiée (2014-2020), le Cantal a ainsi encore perdu 2 239 habitants, soit une moyenne de 373 par an. Une érosion qui s’est même accélérée avec un déficit démographique annuel de - 0,3 % contre - 0,2 % sur la période précédente (2009-2014). Nous ne sommes donc plus officiellement que 144 379 habitants.


144 379 Cantaliens
Avec l’Allier, le Cantal est le seul département de la grande région à voir sa population reculer. Il reste dans le Top 5 des moins peuplés de France, derrière la Lozère, la Creuse, les Hautes-Alpes et le Territoire de Belfort. Voilà pour les mauvaises nouvelles qu’une autre donnée vient tempérer : le solde migratoire du Cantal a doublé entre ces deux périodes pour atteindre + 0,4 % par an entre 2014 et 2020, mieux que la Savoie et le double du solde migratoire moyen régional. Le Cantal attire mais reste plombé par un fort déficit naturel qui s’est accentué (- 0,7 %/an) et de loin le plus sévère de la région. Le Conseil départemental qui a fait de l’attractivité son leitmotiv (lire notre édition du 4 janvier) va donc devoir redoubler d’efforts avec les forces vives cantaliennes pour tenter de compenser cette pyramide des âges défavorable et approcher les 150 000 habitants fixé comme objectif à l’horizon 2030.

Seule la Caba en positif
Un enjeu et une réalité auxquels aucune intercommunalité n’échappe, même si la communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac renoue avec un taux de croissance annuel moyen positif, synonyme de gain : + 0,1 %, pour une population totale de 53 538 habitants. Déprise démographique en revanche pour tous les autres territoires avec des taux de variation annuelle allant de - 0,3 % pour la Châtaigneraie cantalienne (passée en négatif dans la période, total 21 091 habitants), Saint-Flour communauté (jusqu’alors stable, total 23 447 habitants), Cère et Goul en Carladès (contre - 0,2 % entre 2009 et 2014, et passée sous la barre des 5 000 habitants). Sumène Artense voit son déficit s’accentuer (- 0,5 %, 8 271 hbts) de même que le pays de Salers (- 0,7 %, 8 401 hbts) ou encore le pays Gentiane qui subit une forte dégradation (- 0,9 %, 6 647 hbts). Toujours en négatif, les territoires de Hautes Terres communauté (11 405 hbts) et du pays de Mauriac (6 603 hbts) enregistrent cependant un léger mieux (respectivement - 0,6 % et - 0,5 %).
Une majorité de communes cantaliennes  (57 %) continuent à perdre des habitants, 11 voient leur population se stabiliser, 95 peuvent se prévaloir d’une hausse (essentiellement de moins de 2 %). C’est le cas notamment sur le Pierrefortais, le Caldaguès, la bordure de la Margeride, dans la vallée de l’Alagnon, sur l’Artense, les Monts du Cantal, le haut de la vallée de la Cère, le Cantalès mais aussi toute la frange sud de la Châtaigneraie.


Aurillac, du mieux mais...
Avec 23 habitants (stable), Valjouze reste la commune la moins peuplée du département, suivie de peu par Le Fau (28), Chazelles (30, qui perd 13 habitants) et Leyvaux (38). Le Cantal compte 33 communes de moins de
100 habitants et seulement 58 dépassent le seuil des 1 000 âmes. Même si elle continue à perdre des habitants (25 703 en 2020, - 432 sur la période), la ville préfecture enregistre une amélioration de son taux de variation annuel qui passe de - 1,5 % à - 0,3 %. Hormis Saint-Simon, Reilhac et Giou-de-Mamou, toutes les communes de la périphérie aurillacoise sont en croissance. Saint-Flour, deuxième ville plus peuplée du Cantal avec 6 451 habitants (- 0,5 %), voit elle l’écart se resserrer avec Arpajon-sur-Cère (6 313 habitants, + 0,2 %). La dynamique de cette dernière ralentit cependant (passant de + 0,7 %/an à + 0,2 %/an). Pas d’embellie pour Mauriac (- 0,9 %,
3 489 hbts), ni pour Murat (- 1,6 %, 1 815 hbts) et Saignes (- 0,8 %, 821 hbts). Riom-ès-Montagnes (2 454 hbts, - 1,3 %), Chaudes-Aigues (818 hbts, - 1,6 %), La Roquebrou (- 1,1 %, 804 hbts), Ydes (1 632 hbts, - 1,4 %) accusent de leur côté une nette dégradation, de même que Montsalvy (- 1,4 %), Neussargues en Pinatelle (- 1,5 %), Saint-Constant (- 1,5 %), Saint-Urcize (- 3,9 %), Saint-Jacques-des-Blats (- 2,2 %) qui virent au négatif sur la période. Les plus fortes baisses sont pour Chazelles (- 5,8 %), La Chapelle-Laurent (- 3,9 %), Saint-Urcize (- 3,9 %), Lugarde (- 3,6 %), Saint-Antoine (- 3,5 %). Important recul également pour Saint-Martin-Valmeroux qui perd 114 habitants entre 2014 et 2020.

Arnac, Naucelles, Allanche... ont la cote
Dans le top 10 des plus fortes croissances, on recense Arnac (+ 3,3 %), Gourdièges qui inverse nettement sa tendance (- 4,9 % à + 3,2 %), tout comme La Monselie (+ 2,9 %), Quézac (+ 2,6 %), Saint-Mary-le-Plain (+ 2,6 %), Saint-Eulalie (+ 2,3 %), Brageac (+ 2,4 %). Parlan reste dans le peloton de tête mais sa dynamique est  moindre. Dans l’agglomération d’Aurillac, Naucelles se détache en engrangeant 174 habitants supplémentaires (+ 1,4 %, total à 2 116 hbts), mieux qu’Ytrac (+ 0,8 %) ; Vézac conforte sa progression (+ 1,2 %, 1 269 hbts) à l’image de Polminhac qui flirte avec les 1 200 habitants. À noter un regain sur une partie du Cézallier avec des communes comme Chanterelle, Montgreleix, Marcenat qui regagnent des habitants. Attractivité retrouvée également pour Massiac qui inverse la tendance + 66 habitants, tout comme Allanche (+ 25), Marmanhac (+ 19), Paulhac (+ 21), Saint-Amandin (+ 14).

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