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“Demain, je transmets” : l’affaire de tous en agriculture

Les journées “Demain, je transmets” étaient lancées lundi 20 octobre à Laurie. L’installation de jeunes agriculteurs reste un enjeu collectif pour le Cantal.

Un groupe de personnes
Pour François Cabanis, le Cantal se caractérise par son esprit collectif pour accompagner les candidats à la
© b.parret

Installer

Si le Cantal reste en haut du tableau pour le nombre d’installations sur son territoire , le renouvellement des générations demeure cependant fragile. L’enjeu dépasse d’ailleurs les limites de la profession. Sur certains secteurs les plus isolés du département, sans agriculteur, point de salut et ce sont des zones ainsi fragilisées pour maintenir de l’activité économique, des écoles, des services pour l’ensemble de la population. Alors il s’agit, comme chaque année, de remettre le couvert pour tenter de convaincre des candidats à s’installer mais aussi des agriculteurs à préparer leur succession pour des projets réussis, acceptables pour les uns, viables pour les autres. À Anliac de Laurie, le cas de Jean Buchon et de François Cabanis devient un exemple sur lequel les partenaires aiment s’arrêter. Les deux hommes constituent le profil idéal d’une transmission réussie en cochant toutes les cases.     

 
La rencontre qui fait les choses

Je voulais pouvoir encore passer sur la ferme, apporter mon expérience".


En 2024, Jean Buchon pouvait enfin tourner la page d’une carrière bien remplie. La tourner, mais en douceur en l’ayant préparée,  en  prenant le temps, gage de bien faire les choses. Dans son cas, il y avait le souci de trouver le bon candidat après plusieurs “visites” infructueuses. “Il faut accepter de ne pas réussir au premier coup”, avertit-il.  L’idée de glisser en douceur vers la retraite faisait son chemin parallèlement. “Je voulais pouvoir encore passer sur la ferme, apporter mon expérience, mes conseils pour que l’arrêt d’activité ne soit pas trop brutal pour ma femme et moi.” Fa­­ce à lui, et après deux déplacements sur place à Laurie, François Cabanis s’est avéré le bon candidat. “J’ai vu qu’il était sérieux et travailleur”, confie aujourd’hui Jean Buchon satisfait que son exploitation soit allée à l’installation d’un jeune comme il le souhaitait et non à l’agrandissement. 
Son successeur, n’était pourtant pas du monde agricole mais la passion de l’élevage et en particulier de la production laitière lui tenait à cœur depuis son enfance. Bac pro CGEA et BTS “productions animales” obtenus en alternance, François Cabanis a fait ses armes en Savoie avant de chercher à s’installer dans le Doubs, la Savoie ou encore l’Aveyron, Comme il le dit lui-même , il a trouvé “chaussure à son pied” dans le Cantal (80 hectares dont 15 de céréales, 40 laitières avec un troupeau renouvelé et une dizaine d’aubrac pour valoriser les parcelles situées en Haute-Loire, hors zone AOP). Il a acheté le bâtiment et il loue les terres. Il a effectué le parcours à l’installation et le stage “test” de trois mois précédent son installation. Ainsi, pouvait-il affirmer son choix tandis que Jean Buchon, de son côté, participait au cession de la Chambre d’agriculture pour préparer son départ. Les deux hommes ne regrettent rien. La rencontre a bien fait les choses.


Outils indispensables

L’installation de jeunes agriculteurs dans le Cantal, 80 pas ans, passe nottament par la force du collectif pour les accompagner dans leurs premières démarches. C’est un point que l’ensembe des partenaires partagent. 


Mais pour réussir, une bonne rencontre ne suffit pas. Il faut mettre tous les atouts de son côté. Pour Jérémy Chancel, membre du bureau des Jeunes Agriculteurs du Cantal, il faut “de la volonté, anticiper et préparer”. Et pour lui, toutes les exploitations, même les plus modestes, sont transmissibles “pour des jeunes qui veulent se lancer notamment en individuel”.  
Pour François Cabanis, le répertoire à l’installation a été un outil “efficace” pour ses recherches, davantage dans le Cantal que partout ailleurs. Il a apprécié aussi l’écoute accordée à son dossier par les différents interlocuteurs de son parcours à l’installation. 
“Nous apportons un accompagnement aussi bien individuel que collectif sur tout ce qui touche à la fin d’activité que la reprise d’exploitation”, explique Christophe Chabalier, du service transmission de la chambre d’agriculture du Cantal. Il est aussi bien question de fiscalité, de patrimoine, de statut juridique... avec les autres partenaires comme l’évoquent Édouard Soulié, en charge de l’installation au Crédit agricole, et Frédéric Besson, du service installation à la MSA.


Enjeu territorial


Il s’agit de mettre toutes les chances du bon côté. “Dans le Cantal nous avons la force du collectif pour installer le maximum de jeunes et arriver au renouvellement des générations en agriculture, qui reste une question d’aménagement du territoire, essentielle”, analyse Daniel Crétois, représentant la caisse Crédit agricole du Cantal.  Le challenge est de taille avec 150 installations par an, dont 80 relevant de la Dotation jeune agriculteur (DJA) contre 250 dans les années 1980. Signe encourageant, 25 % des bénéficiaires de la DJA sont ce que l’on appelle des hors-cadre familial , c’est à dire n’ayant pas de lien de parenté avec le cédant. “Preuve que l’agriculture dans le Cantal peut attirer”, se félicite Jérémy Chancel.     

Pour cette opération “Demain, je transmets”, les JA 15 et les partenaires de l’événement (Chambre d’agriculture, MSA, Crédit Agricole, CER France) donnent rendez-vous aux candidats à la transmission lors de trois journées : le jeudi 6 novembre, pour l’arrondissement de Mauriac, à la salle polyvalente d’Anglards-de-Salers,  le jeudi 20 novembre, pour l’arrondissement d’Aurillac, à la salle polyvalente de La Roquebrou, le mercredi 26 novembre, pour l’arrondissement de Saint-Flour, à la salle des fêtes de Laveissière. Ces trois matinées débuteront à 9 h 15, afin d’aborder l’ensemble du parcours d’une transmission réussie. 
Pour tout renseignement, Marianne Garcin des Jeunes Agriculteurs au 04 71 45 55 65 ou ja15.rga@gmail.com

 

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