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Défendre, simplifier, transmettre : une rencontre syndicale au cœur des enjeux agricoles

Rencontre syndicale Le 16 janvier, les Jeunes Agriculteurs (JA) et la FDSEA de la Corrèze ont accueilli Christiane Lambert, ancienne présidente de la FNSEA et du COPA, sur l’exploitation de la famille Semblat à Beyssenac. Une journée riche en échanges sur les enjeux actuels et futurs de l’agriculture française. 

Emmanuel Lissajoux, Président de la FDSEA, a ouvert la rencontre avec une touche d’humour, évoquant l’« acte syndical involontaire » de Christiane Lambert pour la régulation du gibier : son train avait une heure de retard après avoir heurté un sanglier !Il a ensuite chaleureusement remercié la famille Semblat pour son accueil. Leur GAEC familial illustre une transmission réussie : depuis l’achat des premiers hectares en 1936 par l’arrière-grand-père, l’exploitation s’est développée avec 170 mères limousines sur 200 hectares. La ferme se distingue par une volonté d’autonomie alimentaire (blé, orge, maïs autoconsommés), des projets innovants comme l’installation de panneaux solaires et l’acquisition d’un lac de 25 ares pour sécuriser l’abreuvement des animaux. 

L’actualité syndicale au cœur des débats 

Ravie de retrouver les agriculteurs corréziens, Christiane Lambert a abordé les enjeux cruciaux pour le monde agricole. 

 Il nous faut un budget ! », a-t-elle insisté en rappelant les 450 millions d’euros obtenus grâce aux mobilisations de l’hiver dernier. 

Elle a vivement critiqué certaines décisions françaises qu’elle juge « abracadantesques », déplorant les obligations excessives imposées aux agriculteurs français dans le cadre d’un marché européen qui devrait être harmonisé. 

 Il faut qu’on ait tous les mêmes règles du jeu ! ». 

Les JA et la FNSEA ont travaillé à des propositions de simplification, avec pour fil rouge la protection des cultures et la santé animale en élevage. Si le maintien de l’avantage GNR est acquis, d’autres mesures sont toujours suspendues, faute de budget. Parmi elles, la déduction fiscale de 150 € par vache (plafonnée à 15 000 €) pour accompagner la valorisation des cheptels, l’amélioration de l’épargne de précaution pour sécuriser les trésoreries en cas de crises, ainsi que des dispositifs comme l’abattement de la taxe foncière sur le non-bâti (TFNB) ou le crédit d’impôt pour congé remplacement

L’Europe et le besoin de cohérence

Au niveau européen, Christiane Lambert a évoqué les tensions croissantes : « Partout en Europe, ça ne va 
pas ! ». Le verdissement des politiques européennes pose des problèmes concrets pour les agriculteurs. Elle s’est réjouie du travail accompli pour freiner certains projets, comme le règlement sur les pesticides ou la loi sur la restauration de la nature, qui visait à rendre 30 % des terres à la nature. « On a réussi à ramener de la raison à Bruxelles ! » se félicite-t-elle. Elle a rappelé que l’agriculture et l’alimentation sont des secteurs stratégiques, une réalité mise en lumière par la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine. Enfin, elle appelle à un budget pluriannuel dédié à l’agriculture, à la hauteur des défis. 

Transmission et attractivité : des enjeux cruciaux 

Avec 40 % des agriculteurs en âge de partir à la retraite d’ici 10 ans, la transmission est une priorité. Christiane Lambert a souligné que cette responsabilité incombe également aux agriculteurs eux-mêmes, appelant à préserver un esprit de solidarité locale. 

Antoine Brousse, Président des JA, a mis l’accent sur la rémunération comme condition indispensable pour rendre le métier attractif. « La chambre d’agriculture doit accompagner les agriculteurs via des formations adaptées et un soutien technique pour renforcer leur résilience et leur autonomie. » 

Un syndicalisme de terrain 

Pour Christiane Lambert, l’engagement syndical ne se limite pas aux manifestations. « Une benne de fumier ne règle pas les problèmes. Il faut bosser les dossiers ! » a-t-elle déclaré. Elle a encouragé les agriculteurs à choisir leurs représentants avec discernement, en soulignant l’importance d’une vision axée sur le développement et la proximité, valeurs fondamentales des réseaux JA et FNSEA, à l’inverse d’autres syndicats qui prônent la décroissance ou le chaos. 

Emmanuel Lissajoux a présenté la liste portée par JA+FDSEA, composée de candidats relativement jeunes et largement renouvelés, avec seulement six sortants. Cette liste propose un projet centré sur la rémunération et un syndicalisme porteur de solutions. 

 La rémunération est la condition sine qua non pour installer demain. Il faut que les jeunes puissent vivre de leur métier », a-t-il affirmé. 

La chambre d’agriculture a un rôle clé à jouer pour accompagner les agriculteurs, les aider à renforcer leur autonomie et leur résilience, et ainsi sécuriser leurs exploitations. 

Emmanuel Lissajoux a également rappelé que l’action des JA et de la FDSEA s’illustre par des réalisations concrètes sur le terrain. Il a notamment évoqué la gestion du loup avec la demande de classement en Zone Difficilement Protégeable (ZDP), le soutien apporté aux agriculteurs touchés par les intempéries, ou encore les efforts déployés pour obtenir une augmentation des subventions régionales et le relèvement des plafonds d’investissement de 30 % ainsi que des seuils de la DNJA. 

Une agriculture en mouvement 

Cette rencontre a mis en lumière l’importance de l’unité syndicale pour défendre l’avenir de l’agriculture. Entre simplification des règles, soutien fiscal, et accompagnement des jeunes, les défis sont nombreux. Mais grâce à l’engagement des JA et de la FDSEA, porteurs de propositions et de solutions, l’espoir reste intact pour relever ces défis avec succès. 

A lire aussi => https://www.reussir.fr/.../une-pionniere-de-lagriculture...

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