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De l’Irlande au Massif central, valoriser l’herbe pour réduire le coût de production des agneaux

Cassandre Matras (FranceAgriMer), Marie Miquel et Vincent Bellet (Institut de l’élevage), et Lucile Guyard (CA Allier) ont présenté au Sommet de l’élevage une comparaison des coûts de production d’agneau à l’herbe en Irlande et dans le Massif central.

Cassandre Matras (FranceAgriMer), Marie Miquel et Vincent Bellet (Institut de l’élevage), et Lucile Guyard (CA Allier) ont présenté au Sommet de l’élevage une comparaison des coûts de production d’agneau à l’herbe en Irlande et dans le Massif central.
Cassandre Matras (FranceAgriMer), Marie Miquel et Vincent Bellet (Institut de l’élevage), et Lucile Guyard (CA Allier) ont présenté au Sommet de l’élevage une comparaison des coûts de production d’agneau à l’herbe en Irlande et dans le Massif central.
© Marion Ghibaudo

Pour comparer les coûts de production ovin viande entre le système irlandais et français, les chercheurs ont travaillé sur deux cas type irlandais et trois français Les conclusions de cette étude démontrent que le système irlandais présente un certain nombre d’avantages, notamment en coût de production par rapport au système français. En Irlande, en 2020, le coût de production tourne autour de 10 à 11 € du kilo carcasse, alors qu’en France, il tourne autour de 14 à 16 € du kilo. Les particularités de chaque système expliquent cette différence.
Par exemple, le coût du travail est plus important en France qu’en Irlande. En revanche, l’un des désavantages de l’Irlande est l’accès au foncier : les terres sont rares, et chères. Les surfaces en herbe couvrent près de 90 % du foncier agricole, foncier considéré comme une valeur refuge (selon l’Idele, le prix des prairies permanentes échangées est très élevé en Irlande : 15 800 € par hectare en moyenne en 2019, avec +35 % en cinq ans). Qu’elles soient pâturées ou récoltées en foin ou en ensilage, ces terres fournissent une alimentation bon marché propice au développement des productions herbivores, bovines et ovines. Les terres arables (6 % de la SAU) s’arrachaient à 28 000 € par hectare en moyenne en 2019. À titre de comparaison, le prix moyen en Pays de la Loire la même année s’établissait à 3 800 € par hectare.

Pourquoi l’Irlande a-t-elle un avantage ?

L’élevage irlandais valorise de vastes étendues d’herbe et bénéficie d’un climat océanique tempéré propice à la pousse de l’herbe. La SAU irlandaise de 5 millions d’hectares est constituée à 92 % d’herbe. L’élevage ruminant est orienté vers la production de viande. Ce système est sensible aux aléas climatiques, comme les sécheresses et les crises des fourrages de 2013 ou de 2018. L’Irlande reste le premier exportateur d’agneaux de l’Union européenne (export de 85 % de sa production en 2021) et est le quatrième producteur de l’Union européenne derrière l’Espagne, la France et la Roumanie. Le prix moyen de la viande ovine exportée a bondi de plus de 26 % en 2021 (en comparaison de 2020) avec une moyenne de 6,91 euros le kilo. Depuis 2012, l‘Irlande s’appuie sur un label Origin Green qui témoigne de ses préoccupations concernant l’impact environnemental de l’élevage. C’est le premier programme à intégrer toute la filière agroalimentaire et l’État. Les élevages engagés dans Origin Green produisent plus de 90% du bœuf irlandais, 95% du lait et 70% de la viande ovine.

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