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Dans le Cantal, les députés LR sortants font de la résistance

Les deux députés sortants Les Républicains, Descoeur et Bony, en ballotage très favorable face aux candidats de la Majorité présidentielle Teyssedou et Guibert.

L'abstention en hausse mais plus d'un Cantalien sur deux s'est quand même déplacé...
L'abstention en hausse mais plus d'un Cantalien sur deux s'est quand même déplacé...
© UC

C'est tout le paradoxe du scrutin aux législatives où se conjuguent des enjeux de politique nationale - en l'occurrence sous la forme d'un match retour de la présidentielle - et le soutien à un candidat local dont la proximité et la disponibilité sur le terrain comptent souvent tout autant que son empreinte effective sur la trajectoire des réformes et textes votés au Parlement. Il y a cinq semaines, on aurait pu croire que les Cantaliens - irréductibles parmi les fidèles à la droite républicaine - lui avaient tourné le dos en ne créditant Valérie Pécresse que de 7,93 %. Enterrés les grands partis historiques et l'opposition cinquantenaire entre la droite héritière du gaullisme et le Parti socialiste. Ce dimanche soir, c'est un tout autre scénario qui s'est joué dans le département où les deux députés sortant sous pavillon Les Républicains sont largement arrivés en tête (23 771 voix cumulées et 39,13 %), loin devant les candidats de la Majorité présidentielle (12 186 bulletins, 20,06 %), certes qualifiés pour le second tour, mais qui n'ont pas été portés par l'élan de nouveauté macroniste dont avaient bénéficié en 2017 François Danemans et Patricia Rochès.

Second tour : une formalité ?
Certes, ni Jean-Yves Bony ni Vincent Descoeur ne rééditent la performance d'une élection dès le premier tour (en perdant respectivement 4 000 et 2 200 voix par rapport à 2017) mais ils ont rallié chacun quasiment le double de voix que leur challenger d'Ensemble !. Vincent Descoeur n'a finalement que peu pâti de la candidature de son ex vice-président au Département, Jean-Pierre Delpont, que sa stratégie de n'être présent qu'au premier tour "pour témoigner", a visiblement disqualifié auprès de ses électeurs potentiels. Ce dernier a d'ailleurs appelé lundi ses soutiens à voter pour Vincent Descoeur. Sur la deuxième circonscription, la candidature, sans étiquette mais à droite, de Louis Toty (10,68 %), a potentiellement empêché l'élection dès ce dimanche 12 juin de Jean-Yves Bony.
Les candidats adoubés par la Majorité présidentielle accusent pour leur part  un net reflux, à l'image de celui constaté à l'échelle nationale : près de 7 000 voix de moins que Patricia Rochès pour Martine Guibert sur la deuxième circonscription, moitié moins que François Danemans pour Michel Teyssedou sur la première. Des prétendants d'Ensemble ! qui ont certes pu afficher sur les réseaux sociaux des soutiens nationaux de premier plan (l'ancien ministre Denormandie par exemple...) mais pas la force de frappe du réseau structuré de la droite cantalienne. Martine Guibert, conseillère régionale UDI, paie aussi sans doute son ralliement à la Macronie pour ce

Union de la gauche : pas mieux que la somme des gauches
La Nouvelle union populaire écologique et sociale surfe elle sur la vague mélenchoniste, quand bien même ses candidats manquaient pour le moins de notoriété, et devance le Rassemblement national. Cette union de la gauche recueille ainsi 10 638 voix (17,51 %), ce qui pourrait s'apparenter à une véritable percée cependant toute relative au regard du total des voix réunies par la gauche (PS, EELV, PCF...) il y a cinq ans : 10 724 voix. Pour autant, Nupes a porté - ici comme ailleurs - l'exaspération et les revendications d'une population préoccupée par son pouvoir d'achat dans une période à l'inflation galopante et qui se juge laissée pour compte par le pouvoir en place.
Quatrième du scrutin, le Rassemblement national n'en gagne pas moins des voix (7 556 voix contre 3 957 en 2017) malgré la présence de candidats du parti Reconquête! d'Éric Zemmour qui ne dépassent pas 3 %.
Quid du second tour ? Rien n'est joué, affichent de concert les deux camps en présence. Jean-Yves Bony comme Vincent Descoeur bénéficient d'une très confortable avance qui devrait logiquement pourvoir à leur réélection, Jean-Yves Bony pouvant par ailleurs compter a priori sur la réserve de voix de Louis Toty. La question reste cependant posée du report des voix de la gauche et de l'extrême droite. Il y a fort à parier que les soutiens de Nupes n'apporteront pas leur bulletin à la Majorité présidentielle : s'abstiendront-ils ? Soutiendront-ils le cas échéant un candidat Les Républicains ? RN et Reconquête! tiendront-ils quant à eux une position de "ni, ni" ? Les Cantaliens seront-ils tentés in fine par l'argument du "vote utile", celui d'élire un député dans la majorité présidentielle ?

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