Aller au contenu principal

Dans le Cantal, le sentier des Maquisards : randonnée immersive dans le passé

À Maurines, l’itinéraire de randonnée du sentier des Maquisards était inauguré. Après dix ans de préparation, il offre une plongée dans l’histoire entre Mont-Mouchet et Anterrieux.

un groupe de personne dans un pré.
Le sentier des maquisards afin de continuer de transmettre l'histoire locale.
© B.Parret

Un projet de longue haleine

Inauguré vendredi 17 mai, le sentier des Maquisards se faufile à travers la lande entres deux musées consacrés à la Résistance  sur l’arrondissement de Saint-Flour, celui du Mont Mouchet et celui d’Anterrieux. Il s’étire sur 
90 kilomètres reprenant parfois l’itinéraire historique des résistants ou s’orientant vers des lieux marqués par les combats de juin 1944 qui ont profondément imprégné la mémoire collective des populations de la Margeride et du “réduit de la Truyère” sur les hauteurs de Chaudes-Aigues
Ce projet de “tourisme mémoriel” remonte à plus de dix ans à l’initiative des membres du musée d’Anterrieux. Plus particulièrement, Roger Raynaud, ancien de la 7ème compagnie décimée aux portes du village lors de l’attaque allemande du 20 juin 1944 et co-fondateur du musée, avait souhaité rendre hommage à ses camarades arrivés quelques jours auparavant des pentes du Mont Mouchet(1). 


Transmettre

Quelle suite pouvions-nous donner pour transmettre d’une autre façon quand la mémoire vivante s’efface avec les derniers témoins ?”


En 2017, Saint-Flour communauté, née de la fusion des communautés de communes du bassin sanflorain, prenait le relais de ce projet. Elle engageait alors un travail conjoint avec les deux musées et les collectivités traversées par l’itinéraire ainsi qu’avec le Comité d’union de la Résistance d’Auvergne (Codura) et les associations mémorielles. L’engagement des moyens techniques, avec le suivi régulier d’un comité de pilotage, et les moyens financiers ont permis de mener jusqu’à son terme cette initiative. L’investissement est de 111 000 € avec la participation du fonds européen Leader (10 %), de l’État (10 %), de la Région Aura (19 %), du Département du Cantal (13 %), de l’Office national des anciens combattants et Victimes de guerre (1 %) et de la France Mutualiste (2 %) et du Codura(2). “Ce qui nous a interpellé avec ce projet, c’était quelle suite pouvions-nous donner pour transmettre d’une autre façon quand la mémoire vivante s’efface avec les derniers témoins ?”, révélait Céline Charriaud présidente de l’intercommunalité. L’objectif est de faire comprendre  la véracité historique.” 
 

Donner un avenir à l'histoire


“Il a fallu de la patience pour voir aboutir ce projet mais il bénéficie aujourd’hui de tous les outils modernes pour la compréhension  de l’histoire par le tourisme mémoriel, essentiel au Mont Mouchet, signifiait l’historienne Françoise Fernandez, membre du Codura. C’est essentiel pour rendre hommage à ces jeunes patriotes qu’étaient les maquisards mais aussi, aux habitants qui ont mis leur vie en danger durant deux mois pour les accueillir.” “Un passé historique de l’engagement de nos anciens que nous ne devons pas oublier”, déclarait dans son mot d’accueil Pierrette Beauregard, maire de Maurines. 
Le sentier des Maquisard totalise 90 km depuis le départ au pied du monument national de la Résistance dans la clairière du Mont Mouchet sur la commune 
d’Auvers en Haute-Loire. Avant de rejoindre Anterrieux, il traverse dix communes. Balisé comme il se doit pour ce genre d’itinéraire de randonnée, il peut se parcourir à pied ou à VTT malgré quelques passages difficiles dans les gorges de la Truyère. Il s’agit encore d’identifier les moyens d’hébergement possibles pour ceux qui souhaiteront l’effectuer sur plusieurs jours. 


“Apprendre en marchant”

Malgré la brièveté, une dizaine de jours, ici les combats ont été d’une rare violence!"


Surtout, dans chacune des communes, des totems permettent (aussi en anglais et en allemand) de découvrir les événements de juin 1944 avec une chronologie détaillée et le contexte plus large de la guerre à cette période. Ils offrent aussi d’appréhender ce que fut la vie dans le maquis et la résonance de la présence de milliers d’hommes en armes, les combats avec leurs destructions et exactions pour les populations. 
Il est également question des troupes allemandes pour comprendre comment  elles étaient constituées pour affronter les maquisards. Chaque totem apporte des éléments complémentaires des autres mais il peut aussi se lire individuellement. Ils pourront servir de médiation pour l’écomusée de la Margeride et au Pays d’art et d’histoire. Ils se complètent d’une présentation plus détaillée sur le site Internet de Saint-Flour communauté pour appréhender les évènements périphériques de Saint-Flour, Murat, Chaudes-Aigues (rubriques “mes sorties”). Ce travail a été confié à deux 
historiens, Daisy et Pascal Chabaud, qui ont “fouillé” les archives pour mettre en perspective cette histoire “moins connue que celle d’autres combats” en France. “Malgré la brièveté, une dizaine de jours, ici les combats ont été d’une rare violence, rappelait Pascal Chabaud. Ce sentier est un outil de transmission pour apprendre en marchant !”
Vendredi, chaque maire présentait, non sans une certaine émotion, le panneau de sa commune et le choix de son implantation. Ils témoignaient de l’importance de cette histoire pour le territoire. “C’est un geste de mémoire original et émouvant, évoquait Philippe Loos, préfet du Cantal. Ceux qui vont emprunter ce sentier ressentiront l’esprit de liberté qui a soufflé chez ces résistants et qui doit nous inspirer encore aujourd’hui.”  

(1) Les deux filles de Roger Raynaud 
(décédé en 2015) étaient présentes à cette inauguration. Tout comme les  représentants de la famille des quatre frères Clavot engagés dans le réduit de la Truyère.
(2) Le Codura a financé le premier totem installé au Mont Mouchet.

Printemps 1944, à l’annonce d’un débarquement imminent des forces alliées sur le sol français, dès la mi-mai, 2 700 hommes et 
Margeride autour du Mont-Mouchet entre Haute-Loire, Lozère et Cantal. Le 10 juin, les troupes allemandes encerclaient le périmètre, exécutant et brûlant fermes et villages sur leur passage. Le 11 juin, les combats se poursuivaient tandis que la grande majorité des maquisards pouvaient s’échapper notamment pour rejoindre, à pied pour 
plupart, à l’ouest le réduit de la Truyère où étaient déjà stationnés un millier d’hommes. Le sentier des Maquisards évoque cet épisode de sauvetage des résistants, une prouesse compte-tenu de la force de frappe de l’ennemi. L’assaut de cette poche de résistance sur les hauteurs de Chaudes-Aigues sera donné le 20 juin. Il en sera alors terminé des grands rassemblements en Auvergne pour laisser place à la méthode du harcèlement et de la guérilla jusqu’à la libération de Clermont-Ferrand le 27 août. 

Les plus lus

À Saint-Victor, chez Gilles Tailhardat.
S’installer en élevage bovin : deux exploitations à reprendre ont ouvert leurs portes dans l’Allier

La Chambre d’agriculture de l’Allier a organisé le 26 février un après‑midi dédié à la découverte de deux exploitations bovins…

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière