CUMA de l’Allier : coopérer pour préparer l’avenir
L’assemblée générale ordinaire de l’Union des CUMA (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole) de l’Allier s’est tenue jeudi 2 avril à Tronget. Une assemblée marquée par la célébration de 80 ans d’existence.
L’assemblée générale ordinaire de l’Union des CUMA (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole) de l’Allier s’est tenue jeudi 2 avril à Tronget. Une assemblée marquée par la célébration de 80 ans d’existence.
Préparer l’avenir et accompagner les évolutions
Il fallait rajouter des chaises tant l’assistance était nombreuse à la salle Robert Deternes de Tronget.
Accueillant adhérents et partenaires, Laure Theuil, agricultrice en polyculture élevage à La Ferté-Hauterive et une des vice-présidentes de l’Union des CUMA de l’Allier, a souligné la transformation du monde agricole :
« Beaucoup d’agriculteurs partent en retraite, donc il va y avoir des changements de génération, de pratiques et de matériel ».
Autre dossier majeur qui suscite des questions : la facture électronique, dont l’entrée en vigueur est prévue au 1er septembre 2026 pour les fournisseurs.
« Il faut un réseau internet qui fonctionne puisque tout sera dématérialisé. De plus, la sécurité électronique fait plus peur que l’outil en soi », a-t-elle précisé, insistant sur la nécessité d’accompagner les CUMA dans cette transition.
Laure Theuil a ensuite rappelé l’enjeu économique du matériel agricole.
« Les exploitations ont tendance à grossir, le matériel est plus imposant et très coûteux. Il va falloir continuer à pouvoir l’acheter et le partager à plusieurs », a-t-elle affirmé ; un point à faire comprendre aux décideurs politiques.
Des CUMA dynamiques
Président de l’Union des CUMA de l’Allier et exploitant en vaches allaitantes charolaises à Montaiguët-en-Forez, Jérémy Leroy a présenté un bilan globalement positif.
« Les CUMA fonctionnent bien, on en compte 270 dans le département et ça tourne », a-t-il indiqué.
Il a toutefois noté une légère baisse des dossiers de subventions.
« On a fait un peu moins de dossiers, car la plupart des CUMA arrivent au plafonnement des investissements sur les cinq ans d’aide au matériel. Les subventions, souvent de 30 à 40 %, permettent pourtant de renouveler ou de développer les activités », a-t-il expliqué.
Le matériel évolue également, avec « de plus en plus de GPS, système de pesée ou d’équipements plus performants ».
Accueillir les jeunes et renforcer le rôle social
La question du renouvellement des générations occupe aussi une place importante.
« On voit de plus en plus de CUMA avec des départs en retraite, certaines fusionnent pour créer de plus grandes structures sur un territoire élargi », a observé Jérémy Leroy.
Il a insisté sur l’accueil des jeunes agriculteurs : « il faut leur faire confiance et leur donner les bons leviers pour qu’ils viennent. L’intérêt de la CUMA, c’est du matériel moins cher, performant, et un rôle social important qui évite l’isolement dans les exploitations ».
Présent lors de l’assemblée générale, le maire de Tronget, Jean-Marc Dumont, a salué l’esprit de coopération qui anime le réseau.
« Le fait de mettre en commun du matériel est un signe fort des besoins de coopération, surtout dans des périodes financières tendues pour les exploitations », a-t-il déclaré.
C’est en 1945 que la Fédération des CUMA a vu le jour.
L’anniversaire des 80 ans n’ayant pu être célébré l’an passé, c’est donc en clôturant cette assemblée générale 2026 qu’adhérents et responsables agricoles ont fêté cette étape marquante : 80 années de coopération et solidarité.
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