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Crise agricole : « Les agriculteurs attendent un signal fort du Gouvernement"

Alors que la mobilisation des agriculteurs s’intensifie partout en France, que le siège de Paris est annoncé par la FNSEA et JA du Grand bassin parisien et que Lyon est pris en cisaille par le réseau, David Chauve, secrétaire général de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, fait le point en ce lundi 29 janvier. 

David Chauve éleveur laitier à Ambert, entouré de tracteurs, présent sur le barrage de l'autoroute A71 par les agriculteurs FNSEA-JA du Puy-de-Dôme.
David Chauve, éleveur dans le Puy-de-Dôme et secrétaire général de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes.
© FRSEA

Les annonces du Premier ministre, Gabriel Attal du vendredi 26 janvier, sont-elles suffisantes pour calmer la colère des campagnes ? 

David Chauve, secrétaire général de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes et éleveur dans le Puy-de-Dôme : « Ce premier niveau de réponses est, à mon sens, extrêmement décevant tant sur le fond, que sur la forme. La légèreté, la décontraction avec laquelle cela a été fait symbolise la manière dont la question agricole est traitée depuis très longtemps. Concernant le fond, si on partage le diagnostic, les remèdes apportés n’y sont pas du tout. Je ne nie pas que nous avons quelques lignes qui vont dans le bon sens avec notamment le gazole non routier (pour rappel, la hausse de la fiscalité du GNR agricole a été complétement supprimée. NDLR), mais aujourd’hui, nous estimons que ce n’est pas dans les sujets les plus importants, les sujets de fond. Surtout, ce que je trouve inadmissible, c’est que tout le monde semble se réveiller face à l’enlisement du dossier agricole par ce que la France est paralysée. C’est très frustrant car ces dossiers ne datent pas d’aujourd’hui et rien n’est fait. Il y a un vrai malaise pour l’ambition agricole française. La puissance publique a ignoré pendant trop longtemps la dimension économique des affaires agricoles, aujourd’hui ce déni se traduit par la dimension humaine et sociable de ces mobilisations ».

Pensez-vous obtenir d’autres réponses d’ici la fin de cette semaine où la mobilisation devrait monter crescendo ? 

D. C. : « Nous devons déjà remettre les affaires à zéro et porter une vision commune. Si nous ne parvenons pas à tomber d’accord, nous n’arriverons jamais à voir quel chemin emprunter et atteindre la simplification attendue. Le GNR a été une première réponse, mais nous attendons des réponses plus engageantes avec notamment le rééquilibrage des rapports de force dans l’application de la loi Egalim. Nous devons surtout nous mettre d’accord sur l’orientation que nous voulons donner à la production et à l’agriculture en France et en Europe. Il va falloir assouplir des réglementations et revoir la surtranspositions, il faut remettre un peu de cohérence. Il va falloir faire en quelques jours ce que nous aurions dû faire il y a très longtemps. C’est à partir de ces grandes orientations que nous pourrons retrouver du concret notamment vis-à-vis des jeunes. Il faut reconsidérer le monde agricole dans son ensemble et sortir du double discours de la souveraineté alimentaire et tout mettre en place pour accompagner la déflation de la production. Il s’agit là de tout sauf du bon chemin pour donner envie aux jeunes de s’installer alors qu’il y a beaucoup de jeunes sur les mobilisations. Le secteur a encore beaucoup de potentiel. Il faut donc un signal fort global ! ».

Aucune annonce concrète n’a été faite vis-à-vis de l’élevage. Qu’est ce que cela vous inspire ? 

 D. C. : « Il y a une véritable inquiétude sur la ou les réponses apportée(s) au secteur de l’élevage. Le mot élevage n’a pas été prononcé alors que des choses avaient été annoncées dans le cadre du Sommet de l’élevage. Ces pistes ont été travaillées par les fédérations nationales et aujourd’hui nous n’avons rien ».

Quel message lancez-vous aujourd’hui, lundi 29 janvier, aux agriculteurs présents sur les actions ?

D. C. : « Restez mobilisés dans des actions civilisées car c’est la crédibilité de nos réseaux qui est en jeu. Si nous n’avons pas des réponses claires et engageantes, qui peuvent donner un cap, il faudra que le gouvernement prenne ses responsabilités. Par ailleurs, c’est une véritable mobilisation historique, cela traduit une attente qui est différente. Dans le Puy-de-Dôme, je n’ai jamais vu cela et si nous devons allez jusqu’à mercredi – jeudi, le point d’orgue devrait se tenir dans ces temps-là - nous saurons le faire car nous avons toujours confiance en l’avenir de notre métier ».

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