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Crise agricole : La FDSEA restera mobilisée durant tout l’été

Des prix agricoles au plus bas, des charges élevées et une filière agro-alimentaire qui fait la sourde oreille.

Yannick Fialip, président de la FDSEA 43.
Yannick Fialip, président de la FDSEA 43.
© HLP

Le monde agricole souffre. La plupart des prix agricoles à la production sont en forte baisse (entre -15 et 20% ) et ce sur l’ensemble des produits (des céréales en passant par le cochon, la viande bovine et le lait). Dans le même temps, les charges des agriculteurs sont toujours aussi importantes, il n’est donc plus possible pour eux de se dégager un revenu. «On se trouve face à des situations de trésorerie très délicates dans les exploitations qui vont malheureusement conduire à des dépôts de bilan dans les mois qui viennent» explique le président de la FDSEA Yannick Fialip.

Incompréhension de la filière
Cette situation est de surcroît accentuée par l’attitude de la filière agro-alimentaire : «Elle n’a en effet pas compris que les producteurs se trouvaient dans une situation très fragile. Les entreprises aval ne réagissent pas et même au contraire, une entreprise telle que Bongrain s’est permise d’annoncer les prix du lait  (à un bas niveau) sur les 6 prochains mois, alors qu’en période normale elle n’annonce pas plus de 2 mois de prix du lait ; et ceci sans prendre en considération que le marché pouvait s’améliorer en fin d’année. Pour nous producteurs, c’est une véritable provocation !» indique Yannick Fialip. «Annoncer des prix aussi bas, c’est donner un message négatif à la fois aux producteurs comme à la grande distribution ; avec des prix aussi bas, cette dernière risque de faire pression sur les entreprises laitières pour baisser les prix d’achat !» ajoute-t-il.

Le jeu des 7 familles
Pour dénoncer ces prix insuffisants, la profession agricole, qui a organisé plusieurs actions la semaine dernière, entend poursuivre son combat cet été en suivant la logique du jeu des 7 familles. «Chaque semaine, une famille sera visée : les transformateurs, les distributeurs et les pouvoirs publics. En Haute-Loire nous allons commencer ces manifestations dès la semaine prochaine par le biais d’affichage sur les routes et les ronds-points en vue de sensibiliser la société et les pouvoirs publics sur la situation agricole dramatique actuelle».
Dès la semaine prochaine, la FDSEA et les JA rencontreront le Préfet du département pour travailler sur les prix agricoles et faire en sorte que les agriculteurs se trouvent face à des perspectives davantage positives.
Yannick Fialip ajoute que «le monde agricole en a marre d’être le bouc émissaire d’un certain nombre d’associations écologique ou environnementale. Les agriculteurs sont des gens qui travaillent, qui font le mieux possible leur métier et qui veulent juste être considérés par le prix de leurs produits. Nous ne demandons pas de doubler le prix des produits agricoles mais seulement de les augmenter de 20-25%».
Et à tous ceux qui  pourraient penser que les aides agricoles compensent les bas prix actuels, le président de la FDSEA répond : «Sur les 30 dernières années en Europe, les aides étaient en effet là pour compenser les bas prix. Sauf, qu’aujourd’hui, les aides sont moins importantes dans certains secteurs (moins d’aide consacrée à l’agriculture sur le budget européen) et que nous nous trouvons toujours dans cette logique de bas prix. Au final l’Europe va être le continent où l’on paye les produits agro-alimentaires le moins cher. Or cela n’est plus possible car désormais nous avons des normes environnementales et sociales qui pèsent lourd sur nos exploitations».


Véronique Gruber

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