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Congrès Gaec & Sociétés
« Créer les conditions du bien-être au travail est une priorité »

L'association nationale Gaec & Sociétés a placé le thème de l'humain au centre de son Congrès 2025, organisé les 19 et 20 juin. L'évènement a mis en lumière les liens existant entre bien-être de l'agriculteur, relations, et efficacité des exploitations notamment.

Le second jour du Congrès annuel Gaec & Sociétés, le 20 juin, était consacré à l'Assemblée Générale de l'association et à une table ronde en seconde partie de matinée (voir l'article dans le journal).
© HLP

Les relations humaines au cœur de la pérennité des exploitations

« Une hausse des mésententes sur les Gaec est constatée »

L'assemblée générale de Gaec & Sociétés a eu lieu le 20 juin à l'hôtel du Département, au Puy-en-Velay. « Si demain, on veut des gens dans les fermes, il faut des outils pour soutenir et pérenniser nos activités agricoles ». Par le terme « outils », Catherine Faivre-Pierret, vice-présidente, ne fait pas référence au matériel, mais bien à l'ensemble des dispositifs relationnels qui assureront aux entreprises agricoles un dynamisme durable à l'avenir. Dans le cadre de la mise en place de ces dispositifs, Gaec & Sociétés est, selon ses membres, « la structure référente ».

« Depuis les années 80, les CDOA (ndlr : Commissions départementales d'orientation agricole), ont constaté une hausse des mésententes sur les fermes en Gaec », explique Brigitte Troucellier, secrétaire générale de Gaec & Sociétés. Un problème, ou plutôt un danger, que Gaec & Sociétés cherche à éliminer depuis près de 40 ans. Le groupe estime que les relations humaines sont essentielles pour « faire société », pour assurer la bonne santé et la pérennité des exploitations, et, parallèlement, le renouvellement des générations. « On prend soin des bêtes, pour pouvoir délivrer des produits de qualité. Il s'agit maintenant de prendre soin des relations entre les associés et les collaborateurs », affirme, alarmiste, Aude Curdy, la secrétaire générale adjointe. Cette dernière appuie son propos par une enquête nationale réalisée en 2025, et à laquelle la Chambre d'Agriculture 43 a contribué en Haute-Loire : « Les relations humaines sont essentielles à la pérennité et à la performance des exploitations en société. Elles influencent les prises de décision, la communication, la qualité du travail, et peuvent impacter la viabilité économique des fermes ». Toutefois, M. Curdy soulève un paradoxe : « Dans un contexte où de plus en plus de conflits font éclater les Gaec (ce qui se révèle très coûteux), on voit que les agriculteurs eux-mêmes prennent peu en compte cette question du relationnel ». Dans un milieu où exprimer ses faiblesses peut être synonyme de honte, Gaec & Sociétés veut pousser les professionnels à discuter de leurs problèmes, pour annihiler les effets des mésententes sur la vie des entreprises. « Les frustrations autrefois intériorisées se libèrent ». De quoi être optimiste…

« Les relations humaines sont essentielles à la pérennité et à la performance des exploitations en société ». Aude Curdy, SG adjointe de Gaec & Sociétés

Gaec & Sociétés au service des agriculteurs à l'échelle nationale

Dans cet objectif de développement des relations humaines comme levier de bonne santé des exploitations, Gaec & Sociétés forme des « accompagnateurs relationnels ». « L'association est là pour jouer le rôle de centre de ressources : nous avons déjà plus de 400 accompagnateurs formés depuis plusieurs années ». Ces personnes se déplacent sur les fermes à la demande des agriculteurs. Virginie Rousselin, référente RH Gaec & Sociétés, témoigne : « On aide les personnes à mieux vivre leur organisation et leur relation [entre associés] en les écoutant. On se demande comment faire des différences entre les associés une force, mais attention, ce ne sont pas des travaux de psychologue ». Les accompagnateurs relationnels peuvent recevoir de Gaec & Sociétés des formations spécifiques au droit à l'essai, à l'accompagnement en couple, à la gestion émotionnelle… « Nous devons mettre en place ces spécialistes ressources pour permettre de vulgariser le relationnel, les agriculteurs en ont besoin », déclare M. Troucellier. En parlant de soutien humain, le droit à l'essai, inscrit dans la LOA 2025, (voir encadré) se présente comme un « levier pour l'accompagnement relationnel, qui doit assurer la sérénité des associés sur l'exploitation ». Enfin, l'association souhaite organiser dès 2026 une « journée annuelle du bien-être des agriculteurs », où les initiatives en faveur de ce sujet seront valorisées.

 

Questions à Grégory Nivelle, président de Gaec & Sociétés :

Quel bilan tirez-vous de ce Congrès ?

On est très satisfaits, c'est vraiment une réussite de la part du département et des partenaires qui ont été au rendez-vous. Ce Congrès a été l'occasion de mettre en avant pendant une journée et demie le travail que Gaec & Sociétés réalise et essaie d'appliquer sur les territoires, avec notamment le droit à l'essai qui a récemment été voté au sein de la LOA. C'est une véritable avancée, car ce volet, dans le cadre duquel les administrations nous ont bien suivis, est crucial dans l'enjeu du renouvellement des générations.

Où en est le mal-être en agriculture ?

Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, lorsqu'il y a des problèmes sur une exploitation, cela ressort davantage qu'il y a vingt ou trente ans, quand le travail pouvait très mal se terminer et laisser de longues et douloureuses blessures. Les gens sont peut-être plus à la recherche de solutions lorsque ça va mal, et la profession agricole met en place plus de dispositifs (de médiation, de mise en relation…) pour aider les agriculteurs. Je ne pense pas qu'il y ait plus de mal-être qu'avant, mais en tout cas, on essaie de plus y travailler.

Êtes-vous prêts à répondre à la demande d'aides relationnelles si celle-ci venait à augmenter ?

Aujourd'hui, on a déjà accrédité beaucoup de personnes qui vont voir les agriculteurs sur leurs exploitations, il faut en accréditer d'autres. Il faut que l'on soit en phase avec la demande d'aides relationnelles. Alors, pour répondre à cette demande en ressources humaines, il faudra que l'on mette en œuvre tous les moyens nécessaires avec nos partenaires, comme Chambres d'Agriculture France, le réseau FDSEA-JA, ou encore les ONVAR (organismes nationaux à vocation agricole et rurale).

Propos recueillis par Mathias Cubizolles

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