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Coûts en hausse : les syndicats agricoles réclament des actes

La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs de l’Allier, accompagnés du SEMA, ont rencontré le préfet de l’Allier, Christophe Noël du Payrat, mardi 31 mars, afin d’exposer la situation préoccupante des exploitations bourbonnaises.

représentants syndicats agricoles devant la préfecture de l'Allier
De gauche à droite : Sylvain Ray, Julien Cusin-Masset, Geoffrey Rivaux, Rémy Guillaumin, Ugo Landrieaux, Ludivine Lot et Tomas Dufrègne.
© AC

Les syndicats demandent des annonces concrètes au ministère

Les représentants syndicaux jugent les dispositifs gouvernementaux insuffisants face à l’explosion des charges et attendent désormais des annonces concrètes du ministère de l’Agriculture.

 

 

Des coûts de production en hausse

Le président de la FNSEA 03, Geoffrey Rivaux, a d’abord insisté sur la flambée du GNR

« On a fait remonter nos inquiétudes sur le GNR. Le 24 février, on était à 0,79 € le litre hors taxe, aujourd’hui on est à 1,38 €. C’est un gros impact sur nos exploitations », explique-t-il.

« Sur une ferme moyenne en polyculture élevage d’environ 200 hectares, cela fait quasiment doubler la facture, qu’il est impossible de répercuter sur nos prix de vente. L’annonce du gouvernement est carrément insuffisante : quatre centimes de baisse aujourd’hui sur un litre de GNR, c’est juste inacceptable. On demande un retour à 1 € le litre plafonné. Il nous faut absolument des annonces concrètes », ajoute-t-il.

L’impact est également visible sur les engrais azotés passés « de 340 € la tonne en novembre à 780 € aujourd’hui ». 

Pour Geoffrey Rivaux, « les coûts de production sont tellement élevés que la marge se réduit chaque jour et c’est très inquiétant pour notre profession ».

 

 

Climat et accès à l’eau

Auprès du préfet de l’Allier, les syndicats ont aussi évoqué la PAC, le renouvellement des générations et les dégâts de gibier

Julien Cusin-Masset, secrétaire général de la FNSEA de l'Allier, souligne l’importance de la taxe carbone sur les engrais

Se référant à la réunion des ministres de l’agriculture de l’Union européenne le 30 mars à Bruxelles, Julien-Cusin Masset exprime l’attente des syndicats : « on espère une réponse favorable sur la suspension de la taxe aux frontières carbone, qui représentait déjà un surcoût d’environ 115 € la tonne avant la guerre au Moyen-Orient ».

Geoffrey Rivaux a enfin insisté sur l’accès à l’eau : « la loi Duplomb a reconnu l’eau comme intérêt majeur pour l’agriculture, mais sur les cinq crues du Cher sur le secteur montluçonnais, pas un litre n’a été récupéré. Redonner de l’autonomie aux exploitations est essentiel pour l’avenir et passera par le stockage de l'eau ».

Il poursuit : « nous avons forcément insisté sur le double langage, d’un côté une volonté politique d’aller vers plus de stockage de l’eau, et de l’autre des instances administratives en totale opposition aux directives données, qui croire ? La parole politique a-t-elle encore un sens face à une administration nationale qui reste sourde à ces injonctions ? ».

 

 

Souveraineté alimentaire et avenir des jeunes

La filière ovine redoute aussi les accords commerciaux. Sylvain Ray, du Syndicat des Éleveurs de Moutons de l’Allier (SEMA), alerte : « 25 000 tonnes d’agneaux australiens vont arriver chez nous, à droit de douane zéro, venant encore concurrencer plus fort nos productions. Cela pose la question de la souveraineté alimentaire ».

Ludivine Lot, vice-présidente des Jeunes Agriculteurs de l’Allier, s’inquiète de l’installation des jeunes : « les banques ont besoin de visibilité à long terme, chose que nous n’avons plus aujourd’hui ».

 Elle mentionne aussi le défi démographique : « sur les 15-17 ans, il y aura - 27 % de jeunes qui vont arriver. On aura un autre public à aller chercher pour l’installation, comme la reconversion professionnelle. La féminisation du métier rentre en jeu. De plus en plus de femmes s’installent ». 

Ces points sont des leviers pour maintenir les exploitations.

Geoffrey Rivaux rappelle que : « à notre demande, nous sommes reçus par le préfet, c’est un fait, mais clairement, nous exigeons des décisions concrètes et rapides, finies les promesses, il nous faut des résultats tangibles dans les cours de fermes, mais s’il n’y a pas d’annonces, on se mobilisera ».

 

Lire aussi : Le sous-préfet de Montluçon à l'écoute des JA 03

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