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Corneilles voleuses de maïs

Sur le Brivadois, les cultures de maïs et tournesol sont attaquées par des centaines de corneilles à l’hectare.Guillaume Avinain témoigne…

Les corneilles se sont largement servies.
Les corneilles se sont largement servies.
© G. Avinain

Si les vautours inquiètent à Saugues, sur le Brivadois et jusqu’à Paulhaguet, voire au delà, ce sont les corneilles qui font grincer les dents aux agriculteurs. Ce passereau de la famille des Corvidés se distingue du grand corbeau par sa taille plus petite et son bec plus effilé. Mais ce n’est pas son apparence qui gène, c’est le nombre d’individus présents à l’hectare qui induit des dégâts conséquents. Guillaume Avinain agriculteur près de Brioude -par ailleurs secrétaire général de JA43- est excédé comme nombre de ses voisins en raison des pertes subies cette année. «J’ai dû ressemer 3,5 ha de maïs détruits à 80 % par les corneilles. Et sur une trentaine d’hectares de cultures sur mon exploitation, j’estime la perte à hauteur de 20%. Pas suffisant pour refaire le semis mais c’est une perte réelle».
Le jeune agriculteur voit régulièrement ses champs envahis par les corneilles, «c’est impressionnant, commente-il. Difficile à estimer, mais y’en a plus de 500 sur une même parcelle. Alors vous imaginez les dégâts ?». En effet, ces oiseaux friands de graines, s‘acharnent sur la plantule de maïs et tirent dessus avec le bec jusqu’à l’arracher pour atteindre le grain et s’en régaler. Même mode opératoire sur le tournesol. Une présence constante et des centaines d’individus à l’hectare expliquent les pertes importantes enregistrées par les agriculteurs. Et, outre les dégâts sur les semis, les silos sont aussi la cible de ces oiseaux.
Guillaume Avinain a pourtant tenté de faire fuir ces indésirables, mais sans succès. «On a essayé avec les canons effaroucheurs, des cerfs-volants… mais c’est peu efficace» reconnaît-il, contrarié par cette calamité qui s’abat sur les cultures. Il déplore que la corneille ait été déclassée depuis 2 ans ; elle n’est plus reconnue nuisible. Et ce déclassement empêche la régulation permise par les tirs de nids au printemps et le piégeage de septembre à fin mars. Désormais, la corneille est chassable en poste fixe les mardis et vendredis de mi-septembre à fin février mais elle est peu chassée.
Déclarez vos dégâts
Avec sa casquette syndicale, Guillaume Avinain insiste auprès de ses collègues agriculteurs pour faire des déclarations de dégâts par les corneilles auprès de la Direction Départementale des territoires. «C’est vrai qu’il n’y a aucune indemnisation prévue pour des dégâts dus aux corneilles. Pourtant, j’insiste pour que nous fassions des déclarations (voir encadré) afin de constituer un dossier qui recense l’impact économique sur le département, afin de rediscuter le classement nuisible de la corneille. Sans déclaration, nous n’avons aucun moyen de justifier des préjudices occasionnés, et donc rien pour négocier avec l’administration».

Déclarez !
En cas de dégâts, renseignez une Déclaration de Dommages et Dégâts causés par des «espèces susceptibles d’occasionner des dégâts» (ESPD) et retourner la à la Direction Départementale des Territoires. Demandez cette Fiche de déclaration, par mail, auprès de la FDSEA fdsea43@gmail.com, ou de JA43 jeunesagriculteurs43@gmail.com. Cette fiche est aussi disponible sur le site de la HLP en lien avec cet article www.haute-loire-paysanne.fr

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